Yannick Dalmas : « J’ai dû me battre avec le management de BMW »

1999 était pour beaucoup l’édition du siècle. Les dernières 24 Heures du Mans avant le passage à l’an 2000 réunissaient un plateau de choix avec de nombreux constructeurs sur la grille. La victoire est finalement à la BMW V12 LMR de Yannick Dalmas, Joachim Winkelhock et Pierluigi Martini, un tour devant une Toyota GT-One. Yannick Dalmas a remonté le temps avec nous pour revenir sur sa quatrième victoire.

« 1999 peut être considéré comme l’édition du siècle », nous a confié l’ancien pilote BMW. « Le nombre de constructeurs était impressionnant et on savait avant le départ que ce serait compliqué de gagner. L’option de BMW était de poursuivre avec une barquette issue du modèle 1998. Il est vrai qu’une auto fermée était dans la logique des choses mais BMW a souhaité continuer avec un prototype ouvert car le programme était établi comme cela depuis le début. » 

Avec BMW, Audi, Porsche, Toyota, Nissan, Mercedes, Courage et Panoz, la lutte  pour la victoire s’annonçait chaude, comme le rappelle Yannick Dalmas : « On faisait partie des outsiders à cause des nouvelles autos. Sur le plan personnel, 1999 reste une belle édition. Malheureusement, il y a eu pas mal d’accidents et de neutralisations. On connaissait bien le châssis d’origine Williams monté avec Schnitzer. Le moteur BMW n’était pas très puissant mais il avait beaucoup de couple. En consommation, on parvenait à boucler un tour de plus. L’auto était physique mais j’avais poussé pour avoir la direction assistée. Il y a eu beaucoup de développement sur l’auto qui était équipée d’une boîte séquentielle. Les petits détails aérodynamiques ont été affinés. On avait rajouté un troisième phare pour une meilleure visibilité. La version 1999 était un vrai pas en avant. »

L’édition 1999 n’a pas été de tout repos pour le Français qui a donné le change sur et en dehors de la piste : « Je garde un très bon souvenirs de mes coéquipiers mais pas du management contre qui je me suis battu. C’est la course où j’ai tapé du poing sur le table même si au début mes coéquipiers étaient sceptiques. Pierluigi a bien compris quand il a fallu accélérer en fin de course. La tactique a fonctionné. On avait un plan imposé mais il a fallu que je me batte durant toute la course avec le management de BMW. A l’arrivée, l’auto était très usée. Si on avait poussé un peu plus, on aurait abandonné. » 

Yannick Dalmas va avoir la chance de retrouver la BMW V12 LMR ce week-end au Mans pour un tour de circuit.