Nicolas Minassian : « La Lola DP était archaïque mais puissante »

2011 Rolex 24 at Daytona

Si Nicolas Minassian était présent à Daytona Classic, ce n’était pas pour piloter une des très nombreuses autos présentes même si ce n’est pas l’envie qui lui manquait. Le manager du championnat Masters Endurance Legends était en Floride pour voir ce qui pourrait être mis sur pied comme collaboration avec Historic Sportscar Racing. Le directeur sportif de IDEC Sport Racing en ELMS a retrouvé le circuit de Daytona qu’il a découvert en 2011 sur une Lola DP de Krohn Racing qu’il partageait avec Ricardo Zonta, Tracy Krohn et Nic Jönsson avec une 6e place finale. Minass’ a remonté le temps avec nous directement à Daytona.

Vous avez débuté assez tard dans votre carrière aux 24 Heures de Daytona… Que retenez-vous de votre expérience en DP ?

« Disons que je n’avais pas trop cherché car j’étais déjà très occupé en Europe. Les anciennes DP, c’est comme si tu faisais du rodéo. Il fallait attraper le taureau par les cornes, mais l’auto était quand même sympa à piloter. La Lola DP était archaïque mais puissante. Les bagarres en piste étaient incroyables. J’ai le souvenir d’avoir échangé des coups de roues avec Montoya lors d’un restart en pleine nuit. J’adore les courses américaines sachant que j’ai un petit faible pour Sebring. J’aime ces épreuves car le pilote peut encore faire la différence. Si tu prends des risques, ça passe. »

La deuxième génération des DP était plus aboutie ?

« Deux ans plus tard, je roulais sur une Corvette DP/8 Star Motorsports avec Stéphane Sarrazin, Pedro Lamy, Enzo Potolicchio et Anthony Davidson. L’équipage était très typé Peugeot (rires). En deux ans, la finition de la DP était nettement mieux. C’était une vraie voiture de course, mais sans boîte séquentielle. J’adorais le son des DP qui raisonnait. Tu te sens tel un guerrier. »

On pourrait vous revoir aux 24 Heures de Daytona ?

« Si j’ai l’occasion d’y participer à nouveau, pourquoi pas. Je commence à regarder ce que je pourrais faire à Daytona et Sebring. J’ai roulé ensuite sur la BR01, mais le charme était différent car c’était un prototype européen. »

Le tracé de Daytona vous plait ?

« C’est un feeling qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Les 24 Heures de Daytona restent une course très dure. Il faut bien écouter le spotter, bien gérer le trafic et ne pas chauffer les pneus. C’est un vrai challenge et Daytona reste une course mythique à gagner. »

Que vous inspire Daytona Classic ?

« C’est la première fois que je viens sur cet événement. Tout est dans la simplicité comme seuls les Américains savent le faire. Ils ont compris que cela doit rester simple et de la course. La qualité des autos est incroyable. Avec Masters Historic Racing, on regarde pour organiser quelque chose avec HSR. Il faut aussi s’inspirer de ce qui se fait ailleurs en amenant la culture américaine en Europe même si on ne peut pas reproduire le tout. »

Le championnat Masters Endurance Legends va prendre de l’ampleur en 2019 ?

« L’intérêt pour le Classic continue de monter avec des courses de plus en plus disputées. Ce qui est essentiel, c’est que les pilotes se fassent plaisir. En 2019, des points seront marqués sur chaque course. Le format des meetings se déroulera de la façon suivante : 40′ d’essais libres, 40′ de qualif’ et deux courses de 40′. Le pit stop aura une durée d’une minute avec une pénalité obligatoire pour les pilotes professionnels. On souhaite aussi avoir un timing de meeting qui convient aux gentlemen. C’est avant tout un championnat pour eux. »

L’Endurance est en pleine évolution. Quel est votre sentiment sur ce qui se prépare ?

« J’attends qu’on me prouve que l’hydrogène est mieux que le reste. Personnellement, j’aime l’odeur de l’essence. L’arrivée d’une catégorie ‘Hypercar’ est bien car cela va rendre les autos plus « sexy ». Il faut faire rêver les fans, mais cela ne doit pas ressembler à des GT. Il faut vraiment un look d’Hypercar avec des chevaux, du bruit et que ça glisse. Les équipes ne doivent pas dicter la performance. Les pilotes font aussi rêver le public. Pour résumer, laissons la place au sport. Dans le cas contraire, il faut se diriger vers « Roborace ». Je ne fais pas dans la nostalgie, mais le plus grand nombre doit pouvoir venir en ‘Hypercar’. Il faut que ce soit le plus malin qui gagne et non le plus riche. Les écuries ont besoin des pilotes, tout comme l’inverse. Alors, travaillons tous ensemble. Je fais confiance à ce qui va se faire. »