Stéphane Ortelli : « L’Audi R8C était un peu trop avant-gardiste »

2019 marque le 20eanniversaire de la première participation d’Audi aux 24 Heures du Mans. Pour ses débuts en terre sarthoise, la marque aux quatre anneaux avait décidé de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Deux R8C, conçues par Peter Elleray, étaient engagées dans la catégorie LMGTP. Face aux R8C, Audi faisait débuter deux R8R en LMP. Vainqueur des 24 Heures du Mans 1998 sur une Porsche 911 GT1, Stéphane Ortelli était de l’aventure R8C un an plus tard.

« Après Le Mans 1998 et le retrait de Porsche, Allan (McNish), Laurent (Aïello) et moi avons été enrôlés ailleurs », nous a confié Stéphane Ortelli. « Allan a rejoint Toyota, Laurent et moi Audi. Il y avait une continuité pour nous car nous étions toujours avec des Allemands. Je me souviens que le Dr Ullrich avait beaucoup d’humilité face à cette épreuve qu’est les 24 Heures du Mans. L’esprit du Mans que nous avions chez Porsche a été reproduit chez Audi aux yeux des gens de l’époque. C’est aussi pour cela que ça a très vite gagné. En 2000, Audi a recomposé notre trio victorieux de 1998 dans une R8. »

Les pilotes ont donc dû choisir entre R8C et R8R. « On avait des grands frères comme Michele Alboreto », se souvient le Monégasque. « On nous a demandé si on voulait rouler dans la R8R ou la R8C. Le seul qui a demandé à changer est Didier Theys. J’ai retrouvé dans  la R8R et la R8 la Porsche 911 GT1. L’Audi R8C était mi-allemande, mi-anglaise. La philosophie était différente de l’Allemagne. Il fallait voir quelle philosophie était la meilleure. Il y avait tout de même pas mal de différences entre les deux. La R8C avait des pneus plus étroits. Elle était certainement un peu trop avant-gardiste et assez difficile à piloter. Stefan (Johansson) et moi arrivions à la piloter. En revanche, les autres pilotes avaient une inflammation des tendons qu’on peut qualifier de tennis elbow. Finalement, il fallait s’appeler Stéphane ou Stefan pour la piloter (rires). Chaque journée d’essais a été bouclée avec Michele Alboreto. C’était pour nous tous une aventure humaine incroyable. »

Pour la petite histoire, Stéphane Ortelli détient la vitesse la plus élevée au volant d’une Audi avec un 395 km/h réalisé sur un circuit américain ovale dans l’Indiana. Audi ne comptait pas faire rouler son prototype en CART mais les essais permettaient de tester le moteur à haute vitesse pour une possible utilisation en CART.