Jesus Pareja : « On voulait battre les pilotes de Formule 1 »

Si on enlève les 24 Heures du Mans 1992 sur une Lola 792/10 et 1997 sur une BRM, toutes les autres participations de Jesus Pareja aux 24 Heures du Mans ont été sur des Porsche, qu’elles soient 956, 962 ou 911. Le pilote espagnol, maintenant promoteur de l’International GT Open, a tutoyé la victoire en 1990 sur la fameuse Porsche 962C/Brun Motorsport aux couleurs Repsol. Durant les années 80, Porsche vendait ses prototypes à des clients qui pouvaient se battre sur la piste quasiment à armes égales avec le constructeur.

« En 1990, Joest était toujours derrière nous », nous a confié Jesus Pareja.« Toutefois, nous pouvions choisir nos réglages. Pour une vraie équipe privée, c’était différent mais tout le monde avait un soutien. Quand on était en tête des 24 Heures du Mans, Porsche était derrière nous. La marque a créé un système de client satellite qui donnait des possibilités de briller. Brun Motorsport mettait l’argent nécessaire pour être devant. Maintenant, ce serait carrément impossible. »

En 1990, le Championnat du Monde des Voitures de Sport comptait neuf épreuves : Suzuka, Monza, Silverstone, Spa, Dijon, Nürburgring, Montreal, Mexico. « En 1990, on disputait tout le championnat, donc nous sommes arrivés au Mans sans faire trop d’essais », se souvient Jesus Pareja. « C’était une époque fantastique. On voulait battre les pilotes de Formule 1 qui venaient rouler en Endurance, de même que les Américains. Le challenge était permanent. C’était un peu à l’image du GTE actuel. On assistait déjà à de vrais sprints. Pour être dans le top 10, il fallait déjà être à la limite. Un  seul petit pépin et tu passais de 3e à 10e. 

« Il n’y avait pas de BOP et pourtant les écarts étaient serrés. Le règlement technique permettait cela avec une consommation qui jouait beaucoup, de même que le poids. Une  Porsche 962C pesait 850 kg pour une vitesse de 390 km/h. L’aéro était quasiment identique pour tout le monde. On était limité dans la capacité du réservoir. »

Retiré de la compétition, Jesus Pareja n’a pas cédé à l’appel des courses historiques : « C’est comme arrêter de fumer d’un seul coup. Je ne veux pas replonger. Si je devais me mettre à rouler en historique, je sais quelle auto j’achèterais et avec quel team je roulerais. »

A noter que la Porsche 962C des 24 Heures du Mans 1990 doit être dans une collection privée : « Un collectionneur achetait jusqu’à 5 châssis Brun. Celle de 1990 doit faire partie d’une collection privée à Indianapolis. »