Jérôme Policand : « 1999, l’année où tous les constructeurs étaient là »

Il y a  tout juste 20 ans, Jérôme Policand pilotait une Ferrari 333 SP aux 24 Heures du Mans. Le patron-pilote AKKA-ASP Team partageait son volant avec Mauro Baldi et Christian Pescatori sur la 333 SP alignée par JB Racing (Jabouille Bouresche). En 1999, les prototypes étaient en lice contre les grosses GT que l’on peut qualifier d’Hypercars de la fin du XXe siècle. Malheureusement, la course du trio de la #29 s’est vite  arrêtée.

« Sur ce concept de LMP,  notre seul adversaire direct était la Lola B98/10 engagée par DAMS »,  nous a  déclaré Jérôme Policand. « En 1998, nous avions cassé la boîte de vitesses dans la nuit alors que nous étions dans le top 5. Je pense que nous avions le potentiel pour terminer sur le podium. Le plateau était royal mais les constructeurs n’étaient pas vraiment prêts. En 1999, tout le monde est arrivé bien armé. Je suis parvenu à qualifier la Ferrari au 14erang, ce qui n’était pas ridicule. Malgré la belle prestation, j’étais tout de même à 10 secondes des meilleurs. Durant pas mal d’années, passer sous les  3.40 mn au tour n’était pas un exercice facile. Entre 1998 et 1999, les chronos ont explosé (de 3.35 mn à 3.29 mn, ndlr). La Ferrari 333 SP était compétitive mais le package n’était pas suffisant pour l’emporter. 1999 était l’année où tous les constructeurs étaient là. »

Jérôme Policand garde de très bons souvenirs de cette 333 SP propulsée par un moteur V12 : « La 333 SP était une auto géniale à piloter mais elle n’était pas typée Le Mans sur le plan de la fiabilité. Malgré cela, c’est mon meilleur souvenir de voiture de course. Elle était très typée monoplace avec peu d’appui. A cette époque, Yves Courage a fait le choix de faire des compromis. La Ferrari 333 SP n’était pas si différente d’une F3000. Le son du V12 pouvait t’emmener au bout de la nuit. »

La Ferrari 333 SP/JB Racing était la seule du plateau en 1999. « Notre auto était spécifique », se souvient Jérôme Policand. « Jean-Pierre Jabouille avait redessiné les flancs en refaisant une carrosserie en soufflerie. Avant d’arriver au Mans, nous avions bouclé 7 à 8 jours d’essais. C’était la première année du contrat avec Pirelli. Malheureusement, nous avons vite connu des problèmes de boîte de vitesses puis de moteur. C’était une mauvaise édition sachant qu’il fallait passer par les préqualifications. »

Le temps a passé depuis 1999 et Jérôme Policand est maintenant très actif en GT3 via AKKA-ASP Team. « J’adorerais voir les GT3 au Mans », souligne Jérôme Policand. « Le problème est qu’il y a 12 constructeurs et là l’ACO aurait un problème de place. Avec deux autos par marque, cela ferait déjà 24 autos. Les GT3 auraient tout à fait leur place au Mans car Spa est bien plus contraignant. En revanche, je ne pense que le tracé du Mans serait favorable à nos  Mercedes-AMG GT3 qui manquent de vitesse de pointe. Le mélange des genres fait partie de la magie du Mans. J’ai vécu différentes périodes au Mans. En 1999, c’était un aboutissement de dire que le prototype devait céder sa place aux GT1 qui devaient ressembler à une auto de route. Dix ans après, c’était l’inverse. »