Il était une fois les 24 Heures du Mans : l’année 2009

L’édition des 24 Heures du Mans 2009 est le troisième duel Peugeot / Audi. Cette fois-ci, la marque française renoue avec la victoire pour la première fois depuis 1993 et prend sa revanche sur Audi qui était invaincu dans la Sarthe depuis 2004.

Généralité :

Date : 13 et 14 juin

77e édition

Longueur du circuit : 13,629 km.

Nombre de partants : 55 partants

Nombre d’abandons : 22 abandons

Spectateurs : 239 000

Départ : donné par Luca di MONTEZEMOLO, Président du Groupe Fiat et de Ferrari SPA

Les forces en présence :

Pour la 3e fois, Peugeot fait face à l’ogre Audi. Le constructeur français aligne trois 908 HDi FAP (#7 pour Minassian / Lamy / Klien, la #8 pour Bourdais / Sarrazin / Montagny, la #9 de Gené / Wurz / Brabham). Une 4e est engagée par Pescarolo Sport pour Pagenaud / Treluyer / Boullion (#17). Pescarolo Sport engage aussi une Pescrolo 01-Judd pour le trio Tinseau / Jouanny / Barbosa.

En face, Audi fait de nouveau confiance à son trio magique, Kristensen / McNish / Capello sur l’Audi R15 TDI #1. Sur la #2, on retrouve Luhr / Rockenfeller / Werner et la #3 est partagée par Dumas / Bernhard / Premat.

Grosse présence d’Aston Martin dans presque toutes les catégories dont un retour officiel en proto (LMP1 avec châssis Lola pour Charouz / Enge / Mücke sur la #007, Davidson / Turner / Verstappen sur la #8, Hall / Kox / Primat sur la #009). Aston Martin est aussi présent en GT1 mais avec une seule auto face à quatre Corvette et une fantomatique Lamborghini R-GT qui ne bouclera pas la première heure.

Le LMP2 affiche 12 voitures, mais le grandissime favori reste Porsche avec deux RS Spyder pour Navi Team Goh et Team Essex. Pour finir, le GT2 enregistre 17 engagés avec une multitude de Porsche et de Ferrari 430. La diversité vient de la Spyker C8 et de l’Aston Martin V8 Vantage #87 de Drayson Racing.

Faits importants :

Dès les essais, Stéphane Sarrazin fait fort et décroche un 3’22’’888 sur la Peugeot #8. Au départ, Franck Montagny garde le commandement et creuse tout de suite l’écart sur les Audi R15. En quatre tours, il a déjà creusé un écart de 13 secondes sur McNish. De plus, le clan Audi connait un début de course difficile. Lors de son troisième passage à Indianapolis, Alexandre Prémat, victime d’une soudaine déconnexion de la direction assistée, perd le contrôle de son R15 #3 et va s’échouer dans le bac à graviers. Heureusement, il ne touche que légèrement les pneus, mais le temps d’être extrait de sa position par les commissaires, puis de repasser par son stand et deux tours sont perdus.

Lors de la première salve de ravitaillements, la Peugeot #17 qui rentre aux stands vient percuter la 908 #7 qui en repart ! Boullion est poussé dans son stand afin de réparer la lame avant endommagée, mais Lamy poursuit sa route. A peine arrivé au Dunlop, de la fumée commence à se dégager de sa roue arrière gauche. Dans les Hunaudières, le pneu éclate et dévaste le capot arrière. Le portugais doit cette fois rentrer extrêmement lentement aux stands… Aux 9 minutes nécessaires pour boucler son tour s’ajoutent les 24 que duraient les réparations : FAP, turbo, radiateur d’huile demi-train arrière, fond plat et carrosserie… La n°17 ne perd qu’un peu plus d’un tour, mais la n°7 repartait 51e…A ce moment, une seule 908 devance les deux Audi #1 et #2 ainsi que les deux Lola Aston Martin #007 et #008

Entre Peugeot et Audi, le duel se stabilise un peu durant quelques heures. Peugeot connait un nouveau revers lorsque la n°8, toujours en tête de l’épreuve, rentre dans son box à 20 h 46 pour un problème avec les pions centreurs de la roue arrière gauche qu’il faut résoudre en changeant le demi-train. L’opération est menée en moins de dix minutes mais d’un tour d’avance, la n°8 se retrouve avec presque deux de retard. La #9 prend le relais en tête.

Chez Aston Martin Racing, juste derrière Peugeot et Audi, la #°009 a déjà perdu toutes ses chances après un changement d’alternateur l(20 minutes aux stands) puis Harold Primat sortira de la piste à 10 heures du matin le dimanche. Peu avant 22 heures, l’Audi R15 #2 est encastrée dans les pneumatiques. Rapidement, il s’avère que l’auto est extrêmement endommagée. Lucas Luhr est parti en tête à queue à très haute vitesse, pulvérisant l’arrière de sa R15, c’est l’abandon.

A bord de la Peugeot 908 #8, Sébastien Bourdais entreprend de refaire le terrain perdu dans le changement de demi-train. Hélas à 23 h 16, il percute la Porsche IMSA #76 à Mulsanne. Il doit s’arrêter afin de changer le capot avant. Les ancrages ayant bougé, le changement bénin à priori, prend près de 4 minutes. Malgré leurs problèmes, Sarrazin, Montagny et Bourdais finissent par doubler l’Audi #1 peu après la mi-course. Avec deux voitures en tête de la course, les positions entre la #9 et la #8 sont déjà figées afin d’éviter les duels fratricides. La seule R15 encore en course pour la victoire, commence à souffrir de petites surchauffes moteur.

Un peu plus tard, Pescarolo Sport va alors connaître une grande frayeur. A 4 h 03, la Peugeot #17 de Benoit Tréluyer, qui était toujours à la quatrième place, vient de s’envoler et de s’échouer dans les rails à l’entrée du Tertre Rouge. Le pilote est sorti indemne. Peugeot, comme Audi, se retrouve donc avec une voiture détruite…

Dès lors, le duel des diesels est en quelque sorte terminé. L’Audi #1 se maintient à moins de deux tours de la meilleure des deux 908, mais les pilotes Peugeot contrôlent. A 3 h 30 de l’arrivée, l’Audi de McNish est rentrée directement dans son box. Cette fois-ci, il faut changer la suspension arrière droite. L’opération est menée en 13 minutes et la course tend désormais les bras à Peugeot.

La firme française peut enfin goûter aux joies de la victoire. Les deux 908 #9 et #8 s’octroient les deux premières places devant l’Audi R15 #1 et l’Aston Martin #007 de Charouz-Enge-Mücke.

Quelques faits et chiffres clés :

1ère participation d’un pilote syrien et d’un bulgare.

1ère participation d’un team chinois d’une équipe chinoise (Endurance Asia Team/Porsche 911).

Journée test annulée (pour cause de crise économique) et remplacée par une séance d’essais libres le mercredi soir réduisant ainsi les essais qualificatifs à la seule soirée du jeudi.

Création du Trophée Nurburgring / Le Mans.

Installation d’une paroi vitrée sur la ligne des stands.

Première participation d’un certain André Lotterer (Audi R10 TDi).

Prost, Mansell, Senna au départ, ce sont les fils et neveu des champions de F1 des années 90.

Première apparition de l’équipe Jetalliance

Participation d’un lord anglais, ministre en exercice (Lord Drayson, abandon) et d’un acteur vedette de série américaine (Patrick Dempsey, 30ème).

1ère participation de la marque Oreca.

L’Audi R15 TDI vient remplacer la R10 TDi.

3ème pole consécutive pour Stéphane Sarrazin.

Peugeot renoue avec le succès en réalisant un doublé, 16 ans après le dernier succès avec la Peugeot 905.

Seize ans après la 905, il y a de nouveau un membre de la famille Brabham associé à la victoire Peugeot, David succédant à son frère Geoff.

Hat-trick pour Peugeot (pole position, meilleur tour en course, victoire).

Tom Kristensen termine sur le podium (le 10ème en 13 participations !!)

Deuxième victoire consécutive de la Porsche RS SPyder au Mans en LMP2. L’allemande a très vite imposé un rythme en piste difficile à suivre par ses concurrents.

Pour sa dernière apparition en GT1 (ils seront en GT2 en 2010), Corvette Racing gagne sa catégorie.

La Corvette C6.R de l’écurie française Luc Alphand Aventures finit 2e avec Maassen / Clairay / Jousse.

En GT2, deux faits historiques : dix Ferrari au départ et neuf à l’arrivée, dont quatre aux quatre premières places, c’est un record, et inversement aucune Porsche GT « type 911 » à l’arrivée.

Deuxième victoire consécutive de Risi Competizione.

Fait rarissime suite à un comportement antisportif, un pilote (Stuart Hall, Lola Aston Martin #009) est exclu de la course à une heure du matin réduisant son équipage à deux.

Autre équipage privé d’un pilote celui de l’Audi #14 dont l’un des membres (Narain Karthikeyan qui aurait dû être le premier indien à participer à la course) s’est cassé l’épaule juste avant le départ, la voiture conduite à deux pendant 24 heures termine quand même 7ème !

Les vainqueurs :

Au général : PEUGEOT 908 HDi-FAP #9 de Gené / Wurz / Brabham

Distance parcourue : 5 206,278 km

Moyenne : 216,664 km/h

Écart avec le 2e : 67,675 km:

Pole positon : Stéphane Sarrazin, PEUGEOT 908 HDi-FAP #8 en 3’22’’888 à 241,830 km/h de moyenne.

Meilleur tour en course : Nicolas Minassian PEUGEOT 908 HDi-FAP #7 en 3’24’’352 à 240,097 km/h de moyenne.

Vainqueur de catégorie :

1er LMP1 : PEUGEOT 908 HDi-FAP #9 de Gené / Wurz / Brabham

1e LMP2 : Porsche RS SPyder #31 de Team Essex de Collard / Elgaard / Poulsen

1er GT1 : Corvette C6.R #63 de Magnussen / O’Connell / Garcia

1er GT2 : Ferrari 430 GTC #82 Risi Competizione de Melo Jr / Kaffer / Salo