Il était une fois les 24 Heures du Mans : l’année 1999

L’édition des 24 Heures du Mans 1999 a réuni l’une des plus belles de l’histoire de la course. En effet, six constructeurs étaient représentés avec Nissan, Mercedes, Panoz, Toyota et BMW, cette dernière remportant l’épreuve pour la seule et unique fois de son histoire.

Généralité :

Date : 12 et 13 juin

67e édition

Longueur du circuit : 13,605 km

Nombre de partants : 45 partants

Nombre d’abandons : 22 abandons

Spectateurs : 200 000

Départ : donné par Mme Joan HALL « Honorary Starter », Ministre du Tourisme d’Australie du Sud.

Les forces en présence :

Fin 1998 a lieu la première édition de Petit Le Mans, résultat de l’entente entre USA et Europe, entre Don Panoz et l’ACO. Porsche après sa belle victoire l’année précédente a décidé de faire une pause.

Toyota arrive en favori avec des GT One qui ont déjà bien failli gagner en 1998. Trois modèles sont alignés pour Collard / Sospiri / Brundle (#1), Kelleners / Boutsen / McNish (#2) et Katayama / Tsuchiya / Suzuki (#3). La préparation de la marque s’est déroulée à Spa et au Castellet. Une autre marque japonaise est là, Nissan, avec deux R391 (#22 pour Van de Poele / Kageyama / Suzuki et la #23 de Motoyama / Krumm / Comas).

Face aux géants nippons, une pléthore de favoris et outsiders. Il y a d’abord Mercedes avec ses trois CLR (Webber / Gounon / Tiemann #4, Bouchut / Heidfled / Dumbreck sur la #5, Lagorce / Lamy / Schneider #6) qui se sont préparés, à part, sur le circuit de Fontana, un ovale. Toujours du côté allemand, BMW est là avec deux V12 LMR (Martini / Winkelhock / Dalmas sur la #15 et JJ Lehto / Kristensen / Müller sur la #17). Ces V12 LMR sortent d’une belle victoire aux 12 Heures de Sebring avec Müller / Lehto / Kristensen.

Il y a un nouvel arrivant en la personne d’Audi qui présente deux R8R en LMP avec Joest (Pirro / Biela / Theys sur la #8, Alboreto  Capello / Aiello sur la #7) et deux R8C en GTP avec Audi Sport UK, ex Richard Lloyd Racing, spécialiste des Porsche 962, (Johansson / Ortelli / Abt sur la #9 et Weaver / Wallace / McCarthy sur la #10). Panoz débarque pour la première fois avec des LMP (Magnussen / Angelelli / O ‘Connell sur la #11 et Brabham / Bernard / Leitzinger sur la #12).

Faits importants :

Dès les essais, Toyota se met en avant avec une pole position en 3’29’’930 signée par l’ancien vainqueur 1990, Martin Brundle. Nissan perd déjà une auto, la #22, suite à une grosse sortie au niveau du Tertre Rouge. Forfait également pour la Mercedes CLR #4 qui s’est envolée à deux reprises, à chaque fois avec Mark Webber au volant lors des essais du jeudi puis du warm-up du samedi même de la course. Les deux autres Flèches d’Argent prennent le départ avec l’ajout d’ailettes à l’avant.

Les quatre premières heures vont voir un chassé croisé entre la Toyota #2 et la BMW #17. Pendant ce temps, la Toyota #1 doit changer sa boîte de vitesses et la Mercedes #6 est retirée de la course suite à l’envol de la #5 entre Mulsanne et Indianapolis. Plus de peur que de mal, Peter Dumbreck n’a rien.

La BMW #15 revient dans le trio de tête tandis que la Nissan R391 #23 est 4e avant de devoir abandonner suite à une casse moteur. La Toyota #1 a aussi baissé le rideau des stands suite à une sortie de piste de Martin Brundle (explosion d’un pneu). Le duel Toyota / BMW continue dans la nuit jusqu’à ce que la #2 de Boutsen ne sorte de piste violemment au niveau du Dunlop suite à un contact. Le pilote est blessé, c’est terminé pour cette auto.

Du coup, les deux BMW se retrouvent en tête, séparées par trois tours, suite à la disparition des autres concurrents. Il reste une Toyota, la #3, mais à 4 tours, et les Audi retardées par des ennuis de boîte de vitesses. Soudain, JJ Lehto sort de la piste un peu avant le Karting avec la BMW #17. La #15 passe alors 1ere mais est poursuivie par la Toyota #3 à un tour. Cette dernière remonte à coup de meilleurs tours en course. Elle est à 22 secondes de l’Allemande lorsque son pneu déchappe…Elle repasse au stand, mais il est trop tard, la V12 LMR #15 l’emporte devant la Toyota rescapée et les deux Audi R8R, la #8 devant la #7…

Quelques faits et chiffres clés :

Réservoir de 90 litres pour les toutes les catégories.

Aide au pilotage interdite.

Fini le GT2, bonjour le LM GT

Pour la 1ère fois depuis 1963, participation de protos découverts à moteur avant (Panoz).

30e participation de Kremer Racing, cette fois ci avec une Lola B98/10 et non une Porsche.

1er pole position pour Toyota (Brundle).

Franck Biela reçoit un nouveau trophée, celui du meilleur rookie attribué à l’issue des essais.

1e victoire BMW.

Yannick Dalmas égale Henri Pescarolo au palmarès des « 24 Heures du Mans ». Cependant, il a remporté ses quatre courses sur quatre autos différentes !

Thierry Boutsen (Toyota), accidenté durant la nuit, met un terme à sa carrière de pilote.

Les Mercedes CLR, victimes du phénomène de « déventage », sont retirées de la course (2 sur accidents suite à envol dont un au warm up et la 3ème sur décision de l’équipe).

Victoires Chrysler (Viper) en LM GTS et de la nouvelle Porsche 996 en catégorie LM GT.

1e des six victoires en GT d’Olivier Beretta (Chrysler Viper)

1e participation de Jan Magnussen

1e participation de l’enfant du pays, Sébastien Bourdais (Porsche 911)

Beau tir groupé des Audi R8R, 3e et 4e. Bien pour des autos neuves qui domineront les 24 Heures du Mans pendant des années. Quant aux R8C, conçues tardivement, elles ont abandonné sur ennuis de transmission.

La première voiture privée est aussi une BMW V12 LM, celle de Bscher / Auberlen / Soper.

Les Courage-Nissan finissent 6e et 8e

Il s’agit de la dernière apparition d’Henri Pescarolo au volant au Mans. Il termine 9e avec Patrice Gay et Michel Ferté (Courage C50 Porsche). Il compte 33 éditions et en est toujours, en 2019, le recordman.

Les belles Panoz franchissent la ligne d’arrivée aux 7e et 11e rangs.

Spet autos à l’arrivée sur les huit engagées et cinq aux cinq premières places du GTS : chapeau aux Viper GTS-R !

Pas d’Autoexe à l’arrivée ni de Riley Scott, ni de Lola B98/10, ni de Ferrari 333 SP dont ce sera la dernière apparition.

Les vainqueurs :

Au général : BMW V12 LMR de Winkelhock / Martini / Dalmas

Distance parcourue : 4 967,991 km

Vitesse moyenne : 207,00 km/h

Écart avec le 2e : 23,551 km

Pole position : Martin Brundle sur Toyota GT One #1 en 3’29’’930

Meilleur tour en course : Ukyo Katayama sur Toyota GT One #3 en 3’35’’032 au 346e tour.

Vainqueurs de catégorie :

1er LMP : BMW V12 LMR #15 de de Winkelhock / Martini / Dalmas

1er LM GTP : Toyota GT One #3 de Katayama / Tsuchiya / Suzuki

1e LM GTS : Chrysler Viper GTS-R #51 Viper Team Oreca de Beretta / Wendlinger / Dupuy

1e LMGT : Porsche 996 #81 Mathey Racing de Alzen/Huisman/Riccitelli