Il était une fois les 24 Heures du Mans : l’année 1989

L’édition des 24 Heures du Mans 1989 est l’une des plus belles de la période Groupe C. Porsche, Jaguar, Sauber Mercedes, Nissan et Toyota sont présents. La bataille va tourner autour des trois premiers nommés avec une victoire des Flèches d’Argent, 37 ans après leur victoire en Sarthe !

Généralité :

Date : 10 et 11 juin

57e édition

Longueur du circuit : 13,535 km

Nombre de partants : 55 partants

Nombre d’abandons : 36 abandons

Spectateurs : 230 000

Départ : donné par Roger BAMBUCK, Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports

 Les forces en présence :

La FIA et l’ACO se livrent une bataille au niveau des droits TV qui aboutit à une édition des 24 Heures du Mans hors championnat. De plus, le Groupe C est condamné par la FISA (Fédération Internationale Sport Automobile) qui décide de n’accepter que les moteurs 3.5 litres atmosphérique à partir de 1991. Mercedes fait son retour officiel en Sarthe et engage trois Sauber C9 (#61 de Baldi / Acheson / Brancatelli, #62 de Schlesser / Cudini / Jabouille, #63 de Mass / Reuter / Dickens). La marque à l’étoile arrive avec une victoire au compteur. Elle dominera le reste du Championnat du Monde Sport Prototypes. Face aux allemands, on trouve le vainqueur 1988, Jaguar, qui aligne quatre XJR9 (#1 de Lammers / Tambay / Gilbert-Scott, #2 de Nielsen / Wallace / Cobb, #3 de Daly / Kline / Jones, #4 de Michel Ferté / Alain Ferté / Salazar). Porsche n’est plus présent officiellement après sa défaite de 1988 et s’appuie sur Joest Racing qui engage trois 962C (#7 de Jelinski / Raphanel / Winter, #8 de Pescarolo / Ricci / Ballot-Léna et #9 de Wollek / Stuck) mais aussi sur des équipes privées solides : Kremer Racing, Brun Motorsport, Richard Lloyd Racing ou encore Schuppan.

Nissan arrive aussi en force avec ses Nissan R89C (#23 de Hasemi / Hoshino / Suzuki, #24 de Bailey / Blundell / Donnelly, #25 de Brabham / Robinson / Luyendyck). Deux autres représentants nippons sont là : Toyota et ses 89C-V (#36 de Cheever / Barilla / Ogawa, #37 de Lees / Dumfries / Watson, #38 de Hoshino / Artzet / Suzuki) ainsi que Mazdaspeed (767B). Aston Martin débarque avec deux AMR1. Il s’agit de l’un des plus beaux plateaux vus aux 24 Heures du Mans.

Faits importants :

Dès les essais, Toyota fait fort avec une auto dédiée à cette exercice. Geoff Lees signe un 3’15’’51 mais seuls les temps réalisés avec les voitures de course sont acceptés. Le lendemain, Jean Louis Schlesser met tout le monde d’accord avec un 3’15’’04.

Au départ, Baldi (Sauber #61) part en tête mais est vite dépassé par Jones (Jaguar #3). Les Jaguar de Lammers et de Ferté connaissent déjà des soucis. Après un petit quart d’heure, la Nissan #24 de Bailey s’accroche avec la Jaguar #2 de Nielsen. La Nippone abandonnera…Alors que la #3 est toujours en tête, elle s’arrête dans les Hunaudières, boîte de vitesses bloquée (elle se retirera plus tard sur casse moteur). La Porsche 962 C de Stuck / Wollek en profite et prend la tête au 51e tour. La Sauber #62, partie de la pole, connait un tête à queue qui demande le changement d’aileron en 10 minutes.

La #9 est toujours aux commandes devant la Jaguar #1, la Sauber #61 et la Nissan #23. Les autres jettent l’éponge (Porsche #7 sur fuite d’eau, Jaguar #2 sur moteur cassé) ou perdent du temps (Jaguar #4, échappement puis changement de boîte).

La Porsche #9 connait un souci de fuite d’eau également et perd la première place au profit de la Jaguar #1, mais cette dernière va aussi connaître un problème : on doit changer la boîte de vitesses. Elle perd 50 minutes dans l’affaire ce qui propulse les deux Sauber en tête, la #61 devant la #63 retardée en début de course pour avoir roulé sur des débris. Malheureusement, Mauro Baldi sur la #61 part en tête à queue et abîme son capot avant. De plus, sa boîte est bloquée en 5e vitesse. Bob Wollek sur sa Porsche rose et blanche, tente de refaire son retard, mais un souci de joint dans la boîte de vitesses anéantit sa remontée. A chaque arrêt, les mécaniciens vident des bouteilles de soda sur l’embrayage.

Au final, la Sauber #63 s’impose devant la Sauber #61 et la Porsche #9 Joest Racing. La première des Jaguar n’est que 4e, la #1 !

Quelques faits et chiffres clés :

L’épreuve a lieu hors-championnat.

Les voitures déjà équipées d’un moteur 3.5 litres ont une consommation libre. Seules les Spice d’usine représentent les voitures du futur règlement.

Les Groupe C passent à 900 kilos en C1

Dernière utilisation de la ligne droite des Hunaudières SANS les ralentisseurs.

Trompettes d’admission variables sur les moteurs rotatifs Mazda.

Les Nissan R89C sont désormais construites par Lola et non plus par March.

Lors des essais, la Sauber #61 atteint les 400 km/h.

Brun Motorsport engageait cette année là cinq Porsche 962C.

Jean Alesi et Damon Hill, futurs pilotes de F1, étaient au départ mais ont dû abandonner.

En hommage à John Wyer, disparu peu de temps avant l’épreuve, un bandeau noir orne les ailes avant des deux Aston Martin AMR1.

1ère pole position et 1ère victoire d’une marque suisse avec grâce à Sauber-Mercedes.

Les Sauber-Mercedes signent le doublé, 37 ans après celui des 300 SL !

3ème victoire consécutive de Mazda et de Kennedy-Dieudonné en IMSA GTP.

Le trio Pescarolo / Ricci / Ballot-Léna termine 6e sur leur Porsche 962 #8 Joest Racing.

Aucune Nissan ni de Toyota à l’arrivée !

Plusieurs autos ont abandonné sur incendie : Porsche 962 C Kremer Racing #10, Porsche 962 C #33 Schuppan, 962 GTI #14 de Richard Llyod Racing.

Les vainqueurs :

Au général : Sauber Mercedes C9 #63 de Mass / Reuter / Dickens

Distance parcourue : 5 262,115 km à la vitesse moyenne de 219,990 km/h

Écart avec le 2e : 67,675 km:

Meilleur temps aux essais : Jean-Louis Schlesser sur Sauber C9 #62 en 3’15’’04

Meilleur temps en course : Alain Ferté sur Jaguar XJR 9 #4 en 3’21’’27.

Vainqueur de catégorie :

1er C1 : Sauber Mercedes C9 #63 de Mass / Reuter / Dickens

1er IMSA GTP : Mazda 767 B de Kennedy / Dieudonné / Hodgetts

1ere C2 : Cougar C20 Porsche #113 de Andruet / Farjon / Kasuya

Classement écoénergie : Spice SE89 Ford #104 de Grand / Ponchauvin / Roy

Une galerie photos des 24 Heures du Mans 1989 de l’ACO est ICI.