Bilan de Rétromobile 2019 avec le directeur du salon

Jean-Sébastien Guichaoua est le patron de Rétromobile depuis six mois et remplace son prédécesseur, François Melcion. Il a été chargé de l’organisation du salon pour sa 44e édition. Alors que les portes se sont refermées hier, nous l’avons rencontré pour dresser le bilan de cet événement devenu incontournable pour tous les amoureux de voitures anciennes.

Quel bilan de Rétromobile 2019 tirez-vous ? 

« Par rapport à l’édition de l’année dernière, c’est un réel succès, mais il faut préciser qu’en 2018, nous avons eu une fréquentation de 105 000 visiteurs et que nous avions eu de la neige lors des trois premiers jours. Celle de 2019 dépasse toutes nos espérances et on peut dorénavant annoncer qu’elle sera meilleure que celle de 2017. Nous comptons sur 130 000 personnes. Ça serait d’ailleurs un record pour sa 44e édition. »

Que pouvez-vous nous dire sur ce salon 2019 au niveau des chiffres ?

« Rétromobile cette année, c’étaient 76 000 mètres carrés d’exposition ce qui représentait sept terrains de football. Il y avait plus de 1000 véhicules d’exposés allant du début du siècle, avec la marque De Dion Bouton de 1900, aux autos de Youngtimers des années 1980 avec la 205 GTi. On comptait plus de 630 exposants venus de 23 secteurs différents : les constructeurs automobiles, les marchands qui achètent et revendent les voitures, les pièces détachées, les miniatures, les clubs de passionnés de voitures de collection, il y en a 120, un espace pour les véhicules de moins de 25 000 euros. Ce dernier est important car il faut montrer que les autos sont accessibles à toutes les bourses. Il faut savoir qu’en France, il y a plus d’un million de véhicules de collection avec 250 000 propriétaires. Les 3/4 d’entre eux ont des voitures historiques de moins de 25 000 euros. »

Pouvez-vous nous parler des animations qui ont rythmé le salon ?

« Nous avions une dizaine d’animations. Celle qui a le plus marché a été la venue du camion Berliet T100 qui était le plus gros camion à son époque. Il a été présenté au Salon de l’Auto en 1967.  Il est impressionnant car il fait 15 mètres de long, 5 mètres de haut, 5 mètres de hauteur. Nous avons mis plus de quatre jours pour le faire arriver jusqu’ici. Ce fut un convoyage spécial qui a été organisé avec Michelin. Il a fallu fermer des routes, il y avait trois voitures suiveuses et deux motos. Il a tout juste réussi à rentrer dans ce Hall 1, heureusement, nous avions pris les mesures avant. Pour la petite anecdote, ce hall n’existait pas en 1967, il n’y avait donc aucun endroit pour l’accueillir. Il a donc fallu en construire un spécifique en bois. 

Un autre temps fort a été les 60 ans de la Mini. Il s’agit d’une voiture de légende, une icône, qui a été construite à plus de cinq millions d’exemplaires. Nous avions à Rétromobile 20 Mini en état exceptionnel. Le Musée de Beaulieu nous a prêté la toute première construite. Nous disposions un panel très varié avec, entre autres, une Mini Moke, une sorte de petite jeep de l’époque, une Mini Cooper S, une Mini Pick-up, une Mini Cabriolet, une Mini Marcos avec une structure en fibre de verre qui a terminé les 24 Heures du Mans 1966 à la 15e place (Jean-Louis Marnat et Claude Ballot-Léna au volant, ndlr).

Nous avions aussi un partenariat avec le Musée des Blindés de Saumur, le plus grand au monde sur ce thème. Nos disposions de deux chars : un allemand, le Panzer IV, et un américain, un Sherman.

Nous avons aussi tenu à mettre en avant une marque française moins connue du grand public : Bédélia. C’est un constructeur de 1907, c’est un peu un avion sans aile avec le conducteur placé en arrière du véhicule et le passager devant lui. C’est un véhicule assez incroyable construit à 3000 exemplaires. Il a connu un vrai succès car il n’était pas cher à l’époque, 1500 francs. Il n’en reste plus que 20 dans le monde et, pour Rétromobile, nous avons réussi à en regrouper 14 exemplaires dont un venant d’Australie.

Pour les 100 ans de Citroën, la marque est venue avec un dispositif exceptionnel avec trente voitures dont une dizaine liées à la compétition que ce soit le Dakar, le rallye ou le Championnat du Monde de Voitures de Tourisme. »

Quelle organisation s’articule autour de Rétromobile ? 

«Rétromobile, c’est une cinquantaine de personnes qui comprend la logistique, le service communication, le service presse, le service commercial. Cela n’englobe pas tout le personnel de sécurité et tous les gens qui gravitent autour. A l’année, cela reste une petite équipe permanente de six personnes avec un service commercial, une responsable communication et un responsable animation depuis plus de 20 ans, Thierry Farges, qui a par exemple fait venir le camion Berliet et les 60 ans de la Mini cette année. Le staff est un mélange d’anciens et de nouveaux. Mon prédécesseur, François Melcion, est resté à la tête de Rétromobile pendant plus de 40 ans et il est toujours consultant. Son aide est précieuse. C’est une petite organisation, mais nous sommes rattachés à un grand groupe, Comexposium, qui organise une centaine d’événements dans le monde entier comme le Salon de l’Agriculture ou la Foire de Paris. En tout cas, Rétromobile est le plus beau salon du monde dédié aux voitures de collection. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les exposants et nos visiteurs eux-mêmes. Nous privilégions la qualité du salon. »

Pouvez vous nous en dire plus sur le montage de Rétromobile ?

« Le salon a ouvert mardi 5 février au soir pour une soirée d’avant première. Nous disposons du Parc des Expositions le samedi matin à 8 heures. Ce jour là, les grands stands sont montés comme Citroën, par exemple, qui fait 2 000 mètres carré. Les autres ont deux jours, dimanche et lundi pour pouvoir prendre place. Cela nous donne trois à quatre jours pour tout bien installer. Généralement, les exposants sont habitués et ça va vite. Entre le montage, le démontage et la durée de vie du salon, cela nous fait 10 jours. »

Pouvez-vous déjà vous parler de 2020 ?

« Tout à fait car nous avons déjà commencé à travailler sur la prochaine édition. J’ai eu plusieurs rendez-vous sur le salon 2019 avec de nouveaux constructeurs intéressés pour venir. Il faut savoir que de plus en plus de marques disposent de départements classiques. Dans le Hall 1, il va falloir pousser les murs car, généralement, c’est plein. Nous souhaitons développer de nouvelles offres. Cette année, c’était sur la moto et ça a plutôt bien marché. Nous allons donc essayer de la développer. Il y a aussi une offre hôtellerie / tourisme, que nous avons mis en place, qui a vraiment bien fonctionné. Il faut savoir qu’il y a 6 500 manifestations liées aux véhicules de collections en France. Quand les gens partent comme cela, sur des week-ends, ils ont besoin d’une offre hôtelière et de restauration. Au niveau de la croissance du salon, nous y allons étape par étape. Cependant, je commence à chercher du coté de l’étranger pour pouvoir développer la marque Rétromobile, pourquoi pas en Asie. »