Tel père, tel fils aux 24 Heures du Mans…

Andretti, père et fils

Ce vendredi 23 avril, les Magnussen père et fils ont annoncé leur participation dans la même auto aux 24 Heures du Mans. Ce sera la 18ème fois depuis l’après-guerre que l’on verra une association père et fils au Mans.

Il faut remonter à 1949 (première édition après guerre) pour trouver le premier duo familial. A cette époque, le champion Louis Rosier faisait équipe sur une Talbot avec son fils Jean-Louis. Il semble que le fils ne prendra pas le volant en course suite à l’abandon de son père lors du 21ème tour. Ils reviennent en 1950, toujours sur une Talbot. La légende indique que Jean-Louis n’aurait fait que trois petits tours en course, ce qu’à démenti, avant son décès, le principal l’intéressé. Quoiqu’il en soit l’équipage familial remporta la course, une victoire qui reste unique à ce jour.

Il va falloir attendre trente ans pour revoir un père et son fils au départ. En 1980,  l’Américain John Paul Sr, déjà présent lors de l’édition 1978 où il avait remporté la catégorie IMSA, est associé à son fils John Jr sur la Porsche 935 de son écurie (JLP Racing avec Guy Edwards). Il termineront 9ème et 2ème de la catégorie IMSA. On ne revit plus John Sr au Mans, mais John Jr prit goût à la classique mancelle puisqu’il est revenu pour trois éditions supplémentaires.

En 1982, Mario Andretti fait part de son ambition de gagner Le Mans afin de décrocher la « triple couronne » (F1, Indy 500 et Le Mans). Son expérience avec l’armada Ford en 1966 et 1967 est lointaine. Il s’inscrit avec une Mirage M12 de Grand Touring Cars Inc et prend, comme coéquipier, son fils Michael. Malheureusement, à quelques minutes du départ, la Mirage est jugée non conforme en raison d’un radiateur d’huile placé derrière la boîte de vitesses et ils ne pourront pas prendre le départ.

Ce n’est que partie remise car, en 1983, c’est avec une Porsche 956 de Porsche Kremer Racing que le père et le fils (ainsi que Philippe Alliot) monteront sur la troisième marche du podium (voir photo de Une). A l’invitation de Porsche, ils sont à nouveau présents en 1988 sur une 962 C « usine ». Le troisième homme de l’équipage est également un Andretti : John, le neveu de Mario. Ils termineront à la 6ème place. En 1997, sur une Courage C36, Mario et Michael sont associés une fois mais devront abandonner (le 3e homme était Olivier Grouillard). Mario persista seul mais sans succès jusqu’en 2000.

En 1989, c’est l’américain John Hotchkiss, fort de quatre participations, qui va convaincre son fils, John Jr, de partager le volant d’une Spice SE86C de Chamberlain Engineering, mais ils ne verront pas l’arrivée. Ils abandonnent après 86 tours, ils ne reviendront jamais au Mans.

En 1992, le quintuple vainqueur Derek Bell fait équipe avec son fils Justin sur une Porsche 962 d’ADA Engineering avec laquelle ils termineront 12ème. lls étaient accompagnés de Tiff Needell. Continuant leur carrière aux 24 Heures du Mans en solo les deux années suivantes, il sont à nouveau associés en 1995 sur une McLaren F1 GTR de Harrods Mach One Racing / David Price Racing avec laquelle ils montent sur la 3ème marche du podium. Tandis que Derek prit sa retraite à l’issue de l’édition 1996 (sur la même auto), Justin est présent jusqu’en 2000. Il remporte d’ailleurs sa catégorie GT2 en 1998 sur une Viper GTS-R.

1995

En 1998, c’est ensemble que les Monteiro père et fils vont découvrir le Mans. Manuel, le père, et Michel, le fils, ne sont pas chanceux avec leur Porsche 911 GT2 puisqu’ils abandonnent. De retour en 1999 avec la même auto, ils se retirent à nouveau. Ils étaient accompagnés à chaque fois par Michel Maisonneuve.

En 2000, l’expérimenté gentlemen driver Jean-Louis Ricci, qui compte 12 participations aux 24 Heures du Mans, se sait malade. Son dernier rêve va être de participer à l’épreuve avec son fils, Romano. Le père va encourager son fils à parfaire sa formation. Ils sont présents sur une Porsche 911 GT3-R de l’équipe Perspective Racing avec Thierry Perrier. Ils terminent à la 4ème place de la catégorie GT et à la 23ème place au général. Jean-Louis Ricci disparait en 2001 avec la satisfaction d’avoir partagé un moment fort avec son fils.

Alors qu’il avaient disputé de façon séparés l’édition 2005, les Autrichiens Horst Felbermaier Sr et Jr sont réunis sur la même Porsche 911 GT2 en 2007 (avec Philip Collin). Ils doivent abandonner, mais reviennent en 2009, 2010 et 2011 avec, à la clé, une 24ème place en 2010, 8e des GT2 avec Miro Konopka. L’accident de Horst Sr en 2011 éloigna définitivement le père et le fils des circuits.

En 2010, c’est au tour de la famille Mansell de s’intéresser aux 24 Heures du Mans. Comme les Andretti en 1988, on trouve trois Mansell, mais cette fois-ci le père et ses deux fils, la famille au grand complet. Leo, le fils ainé, était venu en éclaireur en 2009 sur une Ferrari F430 GTC de Team Modena avec laquelle il termine 27ème. Il convainc Nigel, son champion du monde de Formule 1 de père, et Greg, son petit frère, de partager le volant d’une Zytek SZ09S LMP1 de Beechdean Mansell. Ils qualifient la voiture à la 16ème position, mais Nigel, qui a pris le départ, ruine les espoirs de ses fils en sortant de la piste lors du quatrième tour de la course.

@Laurent Cartalade
@Laurent Cartalade

Alors que Martin Brundle, vainqueur en 1990 sur une Jaguar XJR12, n’avait plus été vu depuis 2001, après sept participations, son fils Alex, venu en éclaireur en 2011, va le convaincre de reprendre du service pour l’édition 2012. Avec une Zytek Z11SN de Greaves Motorsport en LMP2, ils terminent à la 15ème place. Tandis qu’Alex poursuit encore sa jeune carrière, Martin retourne à sa retraite active en tant que commentateur des Grands Prix de F1. Par rapport à cette expérience, Alex nous a confié récemment : « Ce fut une superbe expérience, j’avoue, je ne l’oublierai jamais. Je n’avais jamais roulé au Mans auparavant et être Rookie au Mans, ce n’est pas rien. De plus, le faire avec lui, waouh. Je pense que je n’ai pas assez apprécié ces moments là, en tout cas pas autant que ce que j’aurais voulu. » (interview à retrouver ICI).

Comme en 2010, il y a deux équipages père / fils en 2017 au départ des 24 Heures du Mans. Sur la Ligier JS P217 #17, Patrice Lafargue roule avec son fils, Paul, et David Zollinger (12e au général). Il en est de même sur la Ligier JS P217 #33 pour les Nicolet, Jacques et son fils, Pierre, associés à Erik Maris (15e au général).

Un autre duo marquant du Mans est la famille Bourdais, mais jamais Patrick et Sébastien n’ont eu la chance de rouler dans la ville natale du fils. En 2004, ils étaient tous les deux en piste, mais chacun au volant d’une auto différente…

Merci à Info-Course ainsi qu’à Laurent Cartalade (MPS Agency), Christian Vignon, John Brooks et Laurent Chauveau…