Retour sur le fabuleux mais triste destin de Michele Alboreto

Michele Alboreto a perdu la vie le 25 avril 2001, il y a donc 20 ans, lors d’une séance d’essais privée en vue du Mans aux commandes d’une Audi R8. Pilote très talentueux, il a laissé un grand vide lors de sa disparition. Toutes les écuries par lesquelles il est passé en gardent un excellent souvenir tout comme ses coéquipiers. Stefan Johansson nous avait confiait lors d’une entrevue : « Nous nous sommes suivis tout au long de nos carrières. Nous étions d’abord adversaires en F3, F2 puis F1. Nous avons même été coéquipiers en F1. Nous avons par la suite remporté les 24 Heures du Mans tous les deux sur la même voiture. Michele était comme un frère pour moi. »

L’Italien fait ses classes en monoplace et grimpe pas à pas vers la F1. Il est sacré Champion d’Europe de Formule 3 et, en 1981, il signe une victoire en F2. La même année, il fait ses débuts en Formule 1 avec l’écurie Tyrrell pour laquelle il va effectuer 41 Grands Prix. Il décroche son premier podium à Imola et remporte deux courses (Détroit et Las Vegas)

En 1984, l’un de ses rêves se réalise : il est en effet engagé par Enzo Ferrari. Il y reste cinq saisons signant trois victoires (Belgique, Allemagne et Canada) et deux pole positions. Il termine vice-champion du monde de Formule 1 en 1985 derrière Alain Prost (McLaren-TAG Porsche).

Alboreto retourne chez Tyrrell en 1989, mais part en cours de saison chez Larrousse où les abandons s’enchaînent ainsi que les non qualifications. Il passe ensuite chez Footwork où il restera pendant trois ans avec une saison catastrophique en 1991 (non-qualifications, abandons et casses mécaniques). Il part chez BMS Scuderia Italia et termine sa carrière en F1 chez Minardi. Fin 1994, il quitte la F1 après avoir accompli 194 Grands Prix.

En parallèle de sa longue carrière en monoplace, plus de 13 ans, Alboreto court en Endurance. Il commence tout naturellement par un constructeur italien, Lancia, et court sur les Lancia Beta Monte Carlo en 1980 et 1981 (une victoire), LC1 en 1982 (trois victoires) et la LC2 en 1983. Il côtoie de très bons coéquipiers comme Riccardo Patrese, Teo Fabi, Rolf Stommelen et Piercarlo Ghinzani. Aux 24 Heures du Mans, sur ses trois participations avec la marque italienne, il termine 2e des Groupe 5 en 1981 avec Eddie Cheever et Carlo Facetti (Lancia Beta Monte Carlo #65).

Le Mans 1981 @Loïc le Clainche

F1 oblige, on ne le revoit au Mans qu’en 1996 au volant d’une des deux Porsche WSC-95 du Joest Racing. Malheureusement, accompagné par Pierluigi Martini et Didier Theys, il ne se trouve pas sur la bonne auto. Pourtant, il décroche la pole position en 3:46.682, mais les pannes mécaniques (problème Motronic) et un passage dans le bac à gravier mettront un terme à la course de la #8 à 30 minutes de la fin.

L’année suivante, il remporte les 24 Heures du Mans, toujours sur la même voiture (#7) en compagnie de Stefan Johansson et Tom Kristensen.

Il passe dans le camp Porsche officiel en 1998 avant de rejoindre Audi Sport via Joest Racing qu’il connait très bien. Il participe aux 24 Heures du Mans deux années de suite pour la marque aux quatre anneaux : 1999 (4e) et 2000 (3e)

1998
1999

Alboreto a disputé aussi l’American Le Mans Series toujours avec Audi. Il a accroché à son palmarès Petit Le Mans en 2000 (Rinaldo Capello et Allan McNish) puis les 12 Heures de Sebring l’année suivante (Rinaldo Capello et Laurent Aïello).