La première Ferrari 550 Maranello construite pour la course mise aux enchéres !

Aujourd’hui, focus sur la première 550 Maranello à avoir été construite pour la course. Elle a d’abord couru dans les championnats GT français et espagnols de 1999 à 2002, avant de faire campagne au Mans avec l’équipe française XL Racing. Cette auto est mise en vente par Bohams.

Le projet de construction de cette version course de la Ferrari 550 Maranello a été lancé par Jacques Fournier-Laroque, passionné de Ferrari et propriétaire de Red Racing, qui pensait qu’elle avait le potentiel pour devenir une voiture de compétition dans la catégorie GT. Il lui a fallu beaucoup de temps pour obtenir l’autorisation de l’usine Ferrari pour construire une voiture de compétition basée sur une 550 Maranello de série, mais une fois obtenue, il en a acheté une vendue neuve en France en 1997 (la sixième importée) et le travail sur le projet a alors pu commencer en 1998.

Le châssis #106404 est donc la toute première 550 Maranello de course jamais construite. Cela a été fait en 1998/1999 pour Red Racing par Enjolras (l’équipe de rallye de Peugeot), Matter étant responsable du châssis tandis qu’Italtecnica s’est vu confier les suspensions, le moteur, la transmission et les freins. Le premier essai a été effectué sur le circuit d’Issoire en présence de Sergio Pininfarina. Cette Ferrari a couru en 1999, 2000, 2001 et 2002 dans les championnats de France et d’Espagne GT et dans quelques autres courses en Italie, étant continuellement améliorée, allégée et rendue plus rapide au fil des ans. En 2000, elle a obtenu son premier podium à Magny-Cours avec Lucien Guitteny !

En 2001, le châssis #106404 a été acheté par l’équipe française XL Racing. Pour la saison 2003, la voiture a été convertie aux spécifications LMGT de l’ACO, l’équipe ayant été invitée à participer aux 24 Heures du Mans. La carrosserie a été élargie à 2,00 mètres et toutes les modifications nécessaires ont été apportées à l’électronique, aux systèmes de sécurité, au moteur, au châssis, etc..

Pilotée par Michel Ferté, Gaël Lesoudier et Ange Barde, la 550 Maranello #99 se comporte remarquablement bien pendant la course, et pendant la nuit, elle est la première Ferrari de sa catégorie. À la 21e heure, la voiture roule sur un fragment de métal, laissé sur la piste à la suite d’un accident, qui perfore le réservoir d’essence latéral. Le petit incendie qui en résulte provoque son abandon. Sans cette mésaventure, notre #106404 aurait presque certainement été la première Ferrari LMGT à terminer la course. Ce fut la première et unique course de la Maranello en 2003.

Pour la saison 2004, elle a été entièrement démontée et reconstruite avec de nouveaux composants pour une nouvelle participation aux 24 Heures du Mans, l’équipe ayant été invitée à nouveau. Les composants de la suspension (amortisseurs Moton et barres antiroulis) et la boîte de vitesses ont été revus, tandis que beaucoup de travail a été fait pour améliorer la fiabilité. L’objectif est de terminer sur le podium et d’être la première Ferrari dans la catégorie LMGT. La Maranello est inscrite et devait prendre part aux essais préliminaires, mais une semaine avant ces séances, le sponsor principal, Bridgestone, annonce son retrait du projet. Confronté à une réduction massive de son budget, XL Racing n’a d’autre choix que de retirer sa voiture. Elle a été conservée dans le même état – prête pour une course de 24 heures – jusqu’à ce qu’elle soit vendue à un passionné français en 2006.

Son nouveau propriétaire a inscrit la Maranello au Festival of Speed de Goodwood cette année-là où sa vitesse et son bruit merveilleux ont enthousiasmé les spectateurs. En fonction du diamètre des restricteurs d’air utilisés (30-36 mm), la puissance maximale est comprise entre 515 et plus de 600 chevaux. Le moteur a été conçu pour une durée de vie de 40 heures, tandis que la boîte de vitesses est bonne pour 20 heures. En cinq ans de course, il n’y a pas eu une seule panne de moteur. Aucun ordinateur n’est nécessaire pour faire fonctionner la voiture, et c’est cette simplicité essentielle, ainsi que son intérêt historique, qui ont séduit le propriétaire de l’époque. Il l’a utilisée au Castellet, au Grand Prix Historique de Montreux et à Magny-Cours.

Le propriétaire actuel a acheté la ‘106404’ en décembre 2007 et depuis lors elle a été stockée dans un garage. A part l’entretien régulier et le démarrage du moteur, rien n’a été fait depuis 2007. La Maranello est livrée avec un ensemble de pièces de rechange. Cette 550 Maranello GTLM Compétition Coupé est estimée entre 500 000 et 700 000 euros.

Photos Laurent Chauveau