Jonathan Cochet (part 1) : « Je ne pouvais pas mieux débuter les 24 Heures du Mans que chez ORECA ! »

Coup de projecteur aujourd’hui sur un des espoirs du sport automobile français, un pilote bourré de talent, Jonathan Cochet. Connu pour sa carrière en monoplace, il a aussi fait pas mal d’endurance disputant notamment les 24 Heures du Mans à cinq reprises…

On trouve les premières traces du pilote originaire d’Alençon (Orne) en sport automobile en 1995 (après le karting) alors qu’il roule en Coupe de France Formule Campus. Il passe en Formule Renault la saison suivante et devient champion de France en 1997 (5 victoires). Il accède la saison suivante au championnat de France de Formule 3 (Martini Opel La Filière). En 1999, alors membre de l’équipe de France Circuit, il devient vice-champion de France de Formule 3 avec l’équipe Signature. Il effectue des tests F3000 avec le Team Draco et décroche le titre de Champion de France de F3 en 2000 toujours avec l’écurie de Bourges. Cette année-là, il brille lors d’épreuves internationales de F3 puisqu’il est vainqueur de la Coupe d’Europe de Formule 3 à Pau et remporte les Masters de Zandvoort de Formule 3.

En 2001, il dispute le championnat international de F3000 au sein du Prost Junior Team ainsi que les World Series by Nissan. Il gagne le Grand Prix de Corée de F3. Parallèlement, il devient pilote essayeur F1 chez Prost Grand Prix. Cette année là correspond aussi à sa première apparition aux 24 Heures du Mans au sein de l’Equipe de France FFSA sur une Viper GTS-R (#57) en catégorie GT. « 2001 a été une double découverte pour moi. D’abord l’endurance, c’était la première course dans cette discipline de ma vie car je sortais de monoplace. A ce moment là, j’étais pilote essayeur chez Prost Grand Prix en Formule 1. En fin d’année 2000, j’avais roulé pour l’équipe de France à Macau en Formule 3 et en 2001 j’ai disputé le Grand Prix de Corée (F3) que je gagne avec Signature Compétition ainsi que Macau à nouveau. J’étais vraiment dans un milieu de monoplace donc rouler en GT était vraiment une première. Je voulais faire une course d’endurance, c’est à dire partager la voiture avec des coéquipiers. J’étais associé à David Terrien et Jean-Philippe Dayrault. J’ai découvert le magnifique circuit de 13 kilomètres, ce fut génial. La même année, cela faisait découverte de l’Endurance, du GT et du grand circuit !

La Viper, finalement, je m’y suis fait assez rapidement. C’était une boîte en H, je ne peux pas dire que c’était physique car je l’ai surtout senti la 2e année. En fait, je ne faisais que des séries de 4 ou 5 tours en essais. Je prenais forcément moins de G que dans un proto, mais je n’ai pas senti le côté chaleur du cockpit, ni le côté physique. J’ai aussi découvert la nuit avec les essais, ce fut donc un premier apprentissage, même si je n’ai pas beaucoup roulé. En fait, je n’ai pas pris le volant de la voiture, pas fait un tour en course. David (Terrien, ndlr) a pris le départ et, après quatre tours il y a eu une grosse averse au niveau des Virages Porsche (récit de cet épisode ICI). Il est sorti de la piste et nous avons abandonné au bout de la première heure. Mais, même si je n’ai pas beaucoup roulé, cette première édition a été marquante car j’étais avec l’équipe de France FFSA et ORECA. C’était pas mal médiatisé en plus et j’étais à la plus grande course d’endurance au monde. J’étais super enthousiaste et excité de disputer cette course. »

Longtemps pressenti durant l’hiver 2001/2002 pour être titularisé en Formule 1 chez Prost Grand Prix, ses espoirs sont douchés suite à la liquidation judiciaire de l’écurie française. Il roule alors à nouveau en World Series by Nissan ainsi qu’en Formula Nippon. Il dispute alors cette année là ce qu’il appelle « ses premières ‘vraies’ 24 Heures du Mans ». Elles ont lieu avec la même voiture, la même structure, mais avec des coéquipiers différents. « L’édition d’avant, même si je n’ai eu aucune expérience de la course, j’ai pu rouler de nuit, découvrir ce circuit et cette Viper. Ce fut en sorte un grand test grandeur nature avant de faire mes vraies premières 24 Heures du Mans en 2002. Cette année là, l’équipage avait changé, j’étais associé à Benoît Tréluyer et Jean-Philippe Belloc. Pour Benoît, c’étaient ses premières 24 Heures et, pour moi, aussi d’une certaine façon. Cependant, Benoît avait un peu la notion d’Endurance pour avoir roulé en GT au Japon, mais découvrait le circuit et la Viper. Il s’est vite adapté. Quant à Jean-Philippe, c’était un peu la référence étant le plus expérimenté de l’équipage. Il a fait les qualifs et pris le départ.

En tout cas, ce fut une super édition pour nous car on monte sur le podium de la catégorie. Benoît a super bien roulé, pour ma part, j’ai un peu souffert de la chaleur en particulier après mon premier relais. Il faisait très chaud dans la voiture entre 60 et 70°. Après ce premier relais, ca s’est mieux passé, j’ai plus profité. Olivier Beretta m’avait donné un conseil : mettre la main dehors pour faire rentrer de l’air dans l’habitacle. Honnêtement, cela m’a sauvé la course, cela faisait vraiment rentrer de l’air frais et, dans toutes les lignes droites, je le faisais. J’ai pris beaucoup de plaisir dans cette auto et on se battait aussi contre les Corvette de tête. Nous avions un bon rythme, on termine 3e en GTS, ce fut génial. L’ambiance avec Ben et Jean-Philippe était top et ORECA est une super équipe. De toute façon, je ne pouvais pas mieux débuter les 24 Heures du Mans que chez ORECA. »

En 2003, il ne dispute que deux épreuves en World Series by Nissan et arrive chez Courage Compétition pour disputer les 24 Heures du Mans en LMP1. Il pilote la Courage C60 #13 muée par un moteur Judd en compagnie de Jean Marc Gounon et Stéphane Grégoire. « J’ai été chez Courage Compétition de 2003 à 2005 et en 2007. Après les éditions 2001 et 2002 en GT, j’avais vraiment envie de monter dans un proto. La Viper GTS-R, c’était cool, mais le feeling d’un prototype, c’est quand même autre chose. J’ai rencontré Yves, nous avons fait un test un jour sur le Bugatti qui s’est super bien passé. Le contact est tout de suite bien passé entre nous et nous avons décidé de faire les 24 Heures du Mans ensemble.

La voiture était juste géniale, il n’y avait pas encore de paddle shift (vitesses au volant), pas de direction assistée, rien, on avait des ampoules aux mains, c’était une vraie voiture de course. J’ai pris énormément de plaisir et retrouvé des sensations que j’avais connues en monoplace. Pas mal de puissance, c’est rapide et cela va vite en courbes. » Après une superbe course et un duel lors de la dernière heure avec la Panoz LMP01 Evo 2002 (Panoz JML Team Panoz) de Gunnar Jeannette, les trois hommes terminent 7e.

En 2004, le Français ne dispute pas les 24 Heures du Mans, mais roule en Le Mans Endurance Series (LMES) sur une Courage C65 AER en LMP2. Il remporte sa catégorie aux 1000 km de Spa-Francorchamps.

A suivre…