Une nouvelle Groupe C à vendre, une Jaguar XJR-11

La Jaguar XJR-11 est une voiture du Groupe C créée par Tom Walkinshaw Racing. Muée par un moteur V6, elle n’a pas connu le même succès que les V12 atmosphériques (victoire aux 24 Heures du Mans 1988 et 1990). Elle fut introduite au cours de la seconde moitié du Championnat du Monde Sports-Prototype 1989 alors que Sauber Mercedes était en pleine domination.

A l’époque, l’équipe TWR savait qu’elle devait réagir. Tom Walkinshaw élabora alors un plan pour utiliser un moteur développé à partir de la voiture de rallye 6R4 Groupe B d’Austin Rover au milieu des années 1980. C’est le point de départ de ce qui allait devenir le moteur JRV6 qui a couru en 3,5 litres en Groupe C et en 3,0 litres en compétition IMSA. La XJR-11 et sa cousine IMSA, la XJR-10, ont conservé l’allure familiale de la gamme des Jaguar TWR à moteur V12, mais c’était en fait une nouvelle voiture.

« La XJR-11 suivait le thème de conception des V12 précédentes, mais il n’y avait pas grand-chose d’interchangeable entre les deux « , explique Alastair Macqueen, ingénieur en chef du projet TWR Jaguar. « Il s’agit en fait d’une évolution par rapport au modèle précédent, compte tenu du fait qu’il avait un moteur plus petit et plus léger. Mais c’était fondamentalement une meilleure voiture. Il avait un centre de gravité plus bas et plus d’appui. »

La première TWR Jaguar Turbo fut construite autour d’une monocoque en carbone en janvier 1989 et fit sa première sortie en piste à Donington Park où tout de suite elle se montra plus rapide d’une demie seconde que la XJR-9. TWR s’est ensuite rendu à Jerez, en Espagne, pour un test avec Jan Lammers et Patrick Tambay au volant.

La XJR-11 a fait ses débuts à Brands en juillet. Jan Lammers décroche la pole position devant les deux Sauber-Mercedes tandis que Davy Jones place la deuxième voiture turbo cinquième sur la grille. Une troisième voiture, une XJR-9 à moteur V12, n’est que 11e aux mains de John Nielsen. Lammers ne profite pas de la pole position, il est sixième à la fin du premier tour, mais les deux Jaguar étaient toujours dans le match lorsque les deux ont eu des problèmes à quelques minutes d’intervalle. Jan Lammers et Patrick Tambay terminent en cinquième position, tandis que la voiture sœur de Davy Jones et Alain Ferté est retirée suite à des problèmes de distribution.

Les courses s’accumulent (une autre première ligne à Spa et une place dans le top 6 au Nurburgring) et TWR continue à développer sa XJR-11 en fin de saison et au cours de l’année 1990. Ross Brawn, futur directeur technique de Ferrari F1, rejoint l’équipe au cours de l’automne. Il se concentre principalement sur le design de la future arme de TWR pour 1991, la XJR-14, pour le prochain règlement Groupe C de 3.5 litres, mais il a néanmoins participé au développement de la XJR-11.

La voiture a remporté un seule victoire à Silverstone avec Martin Brundle et Alain Ferté. Jan Lammers et Andy Wallace signent même le doublé Jaguar à domicile. Les 24 Heures du Mans 1990 approchent. Mercedes choisit de ne pas y participer et, tandis que Jaguar concentre ses ressources sur Le Mans avec ses XJR-12 à moteur V12, Sauber testait sa C11 tout carbone. Le constructeur anglais ne remporta que deux podiums de plus lors de la 2e moitié de saison 1990.

La Jaguar XJR-11 #289 qui est à vendre est l’une des trois XJR-11 construites. Le châssis #289 a été utilisé pendant une saison et demie. La voiture était sur la grille de départ lorsque la XJR-11 a fait ses débuts à Brands Hatch en juillet 1989. Elle a récolté ses premiers points avec une cinquième place au Nurburgring en août avec John Nielsen et Andy Wallace au volant et a obtenu son meilleur résultat en qualifications lors de sa première saison à Spa, avec une troisième place sur la grille.

Andy Wallace et Jan Lammers ont piloté la #289 lors de la saison 1990. Le Britannique se souvient affectueusement de la XJR-11. « La voiture était en fait un énorme pas en avant sur la Jaguar V12. C’était une voiture géniale, mais il se trouve qu’elle a fait face à l’une des plus belles voitures de sport de tous les temps, la Mercedes C11. Il y avait moins d’effet de balancier qu’avec les V12 parce qu’il n’y avait pas ce gros et lourd moteur. Vous ne pouviez pas utiliser toute la puissance, vous aviez une traction limitée en sortie de virage. Il y avait donc un bouton sur le volant sur lequel vous pouviez appuyer pour obtenir 200 chevaux de plus une fois que vous étiez en ligne droite. »