Thomas Erdos (part 1) : « Pas facile de débuter avec la Marcos aux 24 Heures du Mans ! »

Thomas Erdos, né le  à Rio de Janeiro, est un pilote automobile brésilien qui a disputé les 24 Heures du Mans à treize reprises de 1995 à 2011. Il compte deux victoires en LMP2 ainsi qu’un titre en Le Mans Series dans la même catégorie. Endurance Classic est revenu avec lui sur ses différentes participations au Mans…

Thomas Erdos a déjà 32 ans lorsqu’il foule pour la première fois le circuit des 24 Heures du Mans. Pourtant, rien ne le prédisposait à se rendre en Sarthe lorsqu’un appel a tout changé en fin d’année 1994 ! « Depuis un moment, ma carrière n’avançait pas en monoplace par manque d’argent et de partenaires. J’ai alors reçu un coup de fil de Chris Hodgetts à la fin de l’année 1994. Ce très bon pilote était impliqué dans le projet Marcos et il m’a dit qu’il leur manquait un pilote pour disputer les 24 Heures du Mans. En effet, Andy Wallace était supposé piloter cette auto, mais il est finalement allé chez Harrod’s pour y piloter la McLaren F1 GTR en 1995. Il m’a alors demandé : « Hey, Tommy, veux tu disputer Le Mans pour Marcos ? » J’étais chez moi, sans réelle perspective d’avenir en sport auto et  on me proposait de disputer Le Mans, je n’ai alors pas hésité une seule seconde (rire). Je ne savais même pas avec quelle voiture j’allais le faire. On m’a dit de me rendre à Snetterton pour y faire un essai et tout s’est bien passé. »

Cette fameuse voiture, c’est la Marcos Mantara LM600. En 1995, elle engagée par Team Marcos et Thomas Erdos est associé à Cor Euser et Chris Hodgetts. « Ce fut une participation mémorable, mais pas du point de vue du résultat car nous n’avons pas fini. Je crois que nous étions encore classés à la 21e heure, mais nous avons eu des soucis de transmission. Ce sont de très bons souvenirs honnêtement. J’étais au Mans en tant que pilote professionnel et ce fut une nouvelle voie dans ma carrière, un grand changement. Avant cela, je ne faisais que de la monoplace. A partir de 1995, je me suis tourné vers le GT et le proto, ces 24 Heures du Mans ont donc vraiment été spéciales pour moi. C’est une course énorme et je me rappelle bien de cette auto, elle était vraiment sympa. Dans l’équipe en 1995, il y avait un de mes coéquipiers, David Leslie, quelqu’un qui a malheureusement disparu, mais il était un peu comme mon mentor pour ma première venue au Mans.»

Il est de retour en Sarthe toujours avec une Marcos 600 LM officielle l’année suivante. Il partage le volant avec Cor Euser et le Français Pascal Dro. De nouveau, le Brésilien ne voit pas l’arrivée de la course, pourtant, il garde un très bon souvenir de cette auto tellement atypique. « Au début, c’était une voiture difficile à piloter et à mettre au point. Les premiers tours de roues de la voiture avaient eu lieu l’année précédente, le projet était tout nouveau. D’une certaine manière, cette auto avait été pensée un peu comme les voitures d’avant, mais d’un autre coté, il y avait pas mal de facteurs clés qui faisaient qu’elle était vraiment rapide. Son centre de gravité était bas, elle était plutôt bien au niveau aéro comparée aux autres GT présentes. Au niveau de la géométrie de la voiture, c’était aussi un peu de la vieille école. Ce ne fut donc pas facile de débuter avec cette auto. Ce ne fut vraiment qu’à partir de 1996, sous l’impulsion de Cor Euser, un pilote avec qui j’ai eu beaucoup de plaisir à partager la voiture, qu’il a vraiment pris le projet en main. Il l’a emmenée en Hollande, dans son écurie, nous l’avons développée et elle est devenue compétitive. Nous avons disputé le BPR et elle s‘y est très bien comportée… »    

L’année suivante, il change d’auto. Il évolue désormais en GT1 et pilote une Lister Storm GTL officielle. Il est accompagné de Julian Bailey et Mark Skaife qui comptait déjà à l’époque deux titres en V8 Supercars (il en gagnera encore trois autres par la suite). « Là encore, une superbe voiture, dans laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir. C’était un projet incroyable. Lawrence Pearce (le patron de Lister) était un personnage unique et j’ai pu rouler avec deux très bons coéquipiers, drôles et tellement rapides. Ce fut une superbe opportunité de rouler dans la catégorie GT1 pour la première fois, le top du GT. Malheureusement, nous avons eu quelques soucis mécaniques notamment au niveau de la boîte de vitesses. »

Thomas Erdos ne dispute pas les 24 Heures du Mans 1998 car, lors des Préqualificatifs, la voiture (Porsche 911 GT2 #63 de Gérard MacQuillan) n’arrive pas à se qualifier pour la course principalement à cause d’un gros souci moteur ce jour là. « Je suis donc de retour au Mans en 1999 avec la Viper GTS-R de Chamberlain Engineering (avec Christian Vann et Christian Gläsel, ndlr). C’était un engagement privé. Cela s’est très bien passé, nous avons eu quelques petits soucis pendant la course. Un de mes coéquipiers est sorti de la piste, a fini dans le gravier qui est rentré dans le moteur. Nous avons perdu du temps, mais nous terminons 22e au général, 9e de notre catégorie ! » 

Il faudra attendre quatre ans pour revoir Thomas Erdos au Mans avec la Saleen S7R  de Graham Nash Motorsport qu’il partageait avec Mike Newton et Pedro Chaves. « Je n’ai pas eu de réelles vraies opportunités pour disputer les 24 Heures du Mans. Après l’avoir déjà fait à quatre reprises, j’avais envie d’y aller avec une voiture en mesure de gagner ou au moins un podium. Je suis, comme pas mal de pilotes, un compétiteur, j’ai toujours envie de bien faire. Je ne suis donc revenu qu’en 2003 dans une voiture fantastique, une Saleen S7-R. Je l’avais déjà pilotée à plusieurs reprises dont la première fois aux 24 Heures de Daytona en 2002 (avec Ian McKellar, Ron Johnson et Bobby Verdon-Roe, 39e, ndlr). Nous avions été l’une des voitures les plus rapides en GT. Puis j’avais fait les 12 Heures de Sebring avec (abandon) et le British GT que j’ai remporté avec, donc je connaissais cette auto. C’était un superbe projet amorcé par Steve Saleen lui-même. Cela a aussi mis en avant RLM (Ray Mallock Limited) qui a dessiné et construit la voiture. Nous avons eu pas mal de succès avec, mais ce ne fut pas le cas aux 24 Heures du Mans (rires). Nous avons eu des soucis mécaniques (non classée), mais ce fut un gros plaisir de piloter cette Saleen S7R sur une grande piste comme celle du Mans ! »

A suivre…