Sept Venturi 500 LM au départ des 24H du Mans 1993, cinq à l’arrivée…

Avec pas moins de sept Venturi 500 LM au départ des 24 Heures du Mans 1993, le constructeur de Couéron assurait une partie du plateau. On devait en grande partie cette présence à Stéphane Ratel, à la tête du département compétition au sein du constructeur français. C’est en 1993 que Christophe Dechavanne a fait déplacer au Mans un paquet de spectateurs.

Faire passer une Venturi de 280 à 460 chevaux n’était pas une mince affaire sachant qu’on sortait du cadre des courses sprint du Venturi Trophy. Le bloc V6 PRV a été retravaillé de fond en comble par Rémi Bois, ancien motoriste chez Renault Sport. On est passé d’une cylindrée de 2.8 à 3 litres. Synergie, la structure basée à Changé, s’est occupée de couver les Venturi 500 LM.

Venu donner un coup de main lors des essais préliminaires, Lucien Monté, chef d’orchestre de Synergie, s’est vu confier le développement de quatre autos avec un regard avisé sur les trois autres. Entre les problèmes de boîte de vitesses et un piston crevé, Venturi Compétition a vite compris que Le Mans était loin du Trophy.

« Le Mans, c’est un métier », confiait Lucien Monté. « Venturi fabrique et assemble les voitures, mais pour Le Mans, ça ne suffit pas. Il faut faire de l’exploitation. Les voitures souffraient de problèmes de montage. Trop de pression du turbo, des problèmes de boîte, de couple conique. Tout cela n’est pas très grave. »

Deux des quatre Venturi 500 LM ont été désossées à Champagné. Durant sept jours, un mulet a limé le bitume sur le Bugatti avec plus de 5000 km parcourus. « On a fait des fractionnés avec Jacques Laffite, Michel Maisonneuve, Christophe Dechavanne et le Nantais Patrice Roussel », expliquait Lucien Monté. « Les problèmes de montage résolus, nous nous sommes attaqués à la fiabilité. Nous essaierons de faire jeu égal avec les Jaguar. On aimerait bien renouveler l’exploit de 1976. Deux voitures à l’arrivée et pourquoi pas, une première place en GT… »

En 1976, Lucien Monté était de l’aventure Inaltera avec Jean Rondeau. Venturi n’a pas remporté la catégorie GT en 1993, mais cinq des sept 500 LM ont vu le damier. La mieux classée était celle du Agusta Racing de Onofrio Russo, Riccardo Agusta et Paolo Mondini, 23e au général et 8e de sa catégorie.