Ron Maydon : Nous sommes les gardiens de ces belles voitures…

Ron Maydon, président et fondateur de la Série Masters Historic Racing dédiée à l’Historique et dont la saison a commencé le mois derniers sur le circuit Paul Ricard pour la Castellet Motors Cup, a donné une interview intéressante à Mattijs Diepraam pour le numéro d’avril de Masters Historic Racing. En voici la transcription. Ron Maydon pilote également dans les meetings du Masters. Au Castellet, il était au volant d’une Ginetta G4R (#52) et d’une Austin Mini Cooper S (#26).

Pourquoi avez-vous créé le Masters Historic Racing ?

« J’avais une Cooper F1 de 1968 avec laquelle j’ai commencé à courir. J’étais à Silverstone pour une course et c’était très humide et il faisait très froid. Ma femme et mes trois jeunes enfants étaient avec moi et elle m’a dit : « si c’est comme ça à chaque fois, on ne reviendra jamais avec toi. » L’épreuve suivante était au Mans, sur le circuit Bugatti, et il faisait extrêmement chaud. Ma femme m’a dit : « Je n’ai pas pu trouver de boisson fraîche. Ou tu arrêtes de courir, ou tu fais quelque chose. » Ensuite je me suis dit que je ne pouvais être le seul à penser qu’il faisait trop chaud, trop froid, ou que c’était trop humide. L’idée du Masters a jailli à partir de ce moment-là. Ce qui est drôle, c’est que cinq ou six ans plus tard tous les championnats avaient des réceptifs et les pilotes allaient d’une fête à l’autre. »

Pensiez-vous arriver au stade où en est actuellement le Masters?

« Non, mais ce que je voudrais comme épitaphe : « ce n’était pas un très bon pilote, mais il a amélioré la nourriture. »

Et avez-vous également amélioré la course automobile ?

« On ne peut pas dire des choses comme ça, on doit être modeste ! Cependant les hospitalités ont amené à ce sport des gens qui, autrement, n’y seraient peut-être pas venus. »

Vous rappelez-vous encore à quoi ressemblait votre tout premier meeting ?

« Très bien ! C’était à Pau, avec un plateau de 14 F1 historiques. Nous avions un camion, un réceptif, nous avions deux jeunes Allemandes adorables qui faisaient des sandwichs et nous avions même une machine à café. Nous avons ouvert et personne n’est rentré ! Tout le monde passait devant, nous semblions être venus d’une autre planète. Le jour suivant, ce ne fut pas beaucoup mieux. Il faisait chaud, nous avions des glaces et personne ne venait davantage. Le troisième jour, il a plu et soudainement la salle était comble. Tout le monde cherchait un abri ! A partir de là, nous n’avons jamais cessé. »

Quel a été le meilleur meeting au cours de ces douze années de Masters ?

« Je ne tiens pas à en choisir un en particulier, tous ont leurs plus et leurs moins. Cependant, c’est une combinaison d’ambiance et d’état d’esprit, de ce que les organisateurs, les promoteurs et les concurrents apportent à l’épreuve. Parfois ça fonctionne. Un bon exemple, c’est la Silverstone Classic. A ses débuts, elle n’avait pas le bon état d’esprit entre ces trois éléments. Maintenant, j’ai hâte d’y aller, elle est passée d’être un gros événement à un événement magnifique. »

Quelle a été votre meilleure course ?

« Je dirais la course support du Grand Prix du Mexique il y a deux ans avec ma LEC F1 (ci-dessous), et Monaco, il y a huit ans, dans la « Mighty Amon » où j’ai fini quatrième. Deux courses qui se sont bien passées. »

Et la pire ?

« La course GT dans la Silverstone Classic l’année dernière. J’ai été disqualifié à cause d’une infraction sous régime de safety car, dont je n’ai pas été très content! »

Avant la saison dernière vous aviez dit que ce serait la saison de la fraternité. Est-ce que ça a été le cas ?

« Cela duré 10 minutes ! Non, pas autant que j’aurais espéré, et c’est valable pour tout le monde entre les concurrents eux-mêmes tout comme entre les officiels, les concurrents et les organisateurs. »

Donc, quel sera le « thème » cette année ?

« Le même que l’année dernière, je l’espère. Nous devons essayer encore cette année, autrement pourquoi avoir fait tout ça ? Cela me tient extrêmement à cœur. Nous sommes les gardiens de ces belles voitures, aussi si on ne peut pas apprécier de les posséder…Personne ne gagne d’argent, tout le monde fait ça par passion, aussi on doit partager la passion entre nous tous. »