Raymond Narac : « Je revis en historique ce que j’ai vécu en moderne »

Ce n’est pas parce que IMSA Performance ne roule plus à l’international en moderne que Raymond Narac a mis de côté son casque et sa combinaison. Le Rouennais prend tout autant de plaisir à rouler dans une Porsche 911 GT3-R qu’une 962C. Le copropriétaire d’IMSA Performance avec Franck Rava était à Barcelone dans le cadre de Espiritu de Montjuïc, l’ouverture de la saison Peter Auto. Au programme : Ferrari 333 SP et Porsche 962. Deux prototypes mythiques qui ont marqué l’Endurance.

Raymond Narac ne cache pas sa joie de rouler dans la Porsche 962 qu’il partage avec Michel Lecourt : « C’est un vrai régal de piloter cette Porsche 962C. On la fait rouler pour la troisième année. Elle vient de chez Canepa aux Etats-Unis. Elle était habitué à rouler sur les circuits américains, ce qui fait que le premier roulage était catastrophique. Les circuits européens sont bien moins bosselés. Nous avons mis des roues plus grandes bien plus adaptées et changé le galbe des ailes. » 

Le team Trust a fait rouler cette Porsche 962C (châssis 962-170) au Japon uniquement en essais. C’est l’une des dernières 962 construites.

« IMSA Performance a mis l’auto au point et c’est à chaque fois un vrai bonheur de prendre le volant de cette 962C », se réjouit Raymond Narac. « Elle n’a pas la moindre assistance et dispose de 850 chevaux et 950 Nm de couple. A son volant, le plaisir est énorme avec des sensations comme jamais. Sur chaque sortie de courbe, il faut débraquer. Cette auto a un couple phénoménal. Je ne sais même pas quel adjectif je peux trouver pour la décrire. Michel (Lecourt) est un gentleman, mais un compétiteur avant tout. Il veut comprendre en faisant tout pour que ça marche. » 

Michel Lecourt fait partie des gentlemen avisés. 2019 marque le 10e anniversaire de son unique participation aux 24 Heures du Mans (Porsche 911 GT3 RSR/IMSA Performance Matmut).

Sitôt descendu de la Porsche 962C, Raymond Narac passe à la Ferrari 333 SP, autre bijou de l’Endurance : « La 333 SP est elle aussi exceptionnelle. L’auto, équipée du moteur V12 F1, est plus récente que la Porsche. Son châssis est exceptionnel, elle est très vive sur les changements d’appui. J’aurais aimé piloter ces deux autos du temps de leur splendeur. Là, je roule face à des pilotes de la trempe de Ralf Kelleners et Alex Müller. C’est là que je me dis que j’aurais dû rouler en LMP2. Lorsque j’avais découvert la Saleen en venant du GT2, je m’étais vite adapté. » 

Si Raymond Narac est un acteur majeur des courses historiques, il n’a pas pour autant délaissé complètement le moderne. On l’a encore vu en European Le Mans Series l’année passée sur une Porsche 911 RSR/Ebimotors.

« J’ai vécu de très belles choses en moderne », souligne Raymond Narac. « L’apport de la Matmut a été important dans le développement de IMSA Performance. Nous avons vécu de très belles choses. Je revis en historique ce que j’ai vécu en moderne. Je débute une nouvelle histoire avec Michel Lecourt. Si j’ai de bonnes opportunités en moderne, j’y vais. Cependant, c’est devenu beaucoup trop cher. Revenir à un haut niveau comme on l’a connu dans le passé est tout bonnement impossible. J’ai 52 ans, je suis Bronze, le paddock connaît mon niveau et mon expérience. J’ai fait deux piges chez Ebimotors en 2018 avec deux podiums à la clé. Je n’étais pas dépaysé dans la nouvelle RSR et j’ai vite vu les améliorations. » Il faudrait se pencher dans les livres d’histoire, mais Raymond Narac doit être le troisième pilote à avoir bouclé le plus de kilomètres dans une RSR.