Qui disait quoi aux 24 Heures du Mans 1994…

    Retour aujourd’hui sur les 24 Heures du Mans 1994 avec quelques déclarations de l’époque. 1994 marquait une nouvelle ère avec de plus en plus de GT.

    Henri Pescarolo (Courage) : « Il aura fallu 15 ou 20 ans pour redécouvrir ce qui marchait bien dans le passé. De très belles GT font rêver tout le monde mais ce n’est pas suffisant. A côté d’elles il faut des voitures qui roulent vite, qui assurent du spectacle. De véritables autos de course comme c’était le cas à l’époque Ferrari ou Matra. Vouloir mettre tout le monde sur un même pied d’égalité comme le fait aujourd’hui l’ACO, c’est à mon avis faire fausse route. Parce que les 24 Heures du Mans c’est l’épreuve la plus prestigieuse du monde qui est faite pour être gagnée par une véritable voiture de course. »

    Pierre-Henri Raphanel (Courage) : « J’ai opté pour Courage parce qu’il y a un programme IMSA en préparation. Yves a réalisé une super voiture. Je n’ai jamais couru aux Etats-Unis et j’en ai bigrement envie. »

    Henri Pescarolo (Courage) : « Si je continue à courir aujourd’hui, ce n’est pas pour l’argent. Preque uniquement pour le plaisir. Les écuries dans lesquelles je vais n’ont pas un rond. Je roule ici pour trois fois rien. »

    Bob Wollek (Toyota) : « Depuis 1991, je n’ai plus vraiment envie de courir. Je suis prêt de la retraite, même si je ne me résouds pas à l’annoncer. Je fais que les courses que j’aime. »

    Michel Cosson (président de l’ACO) : « Une année terrible. On a connu des journées pénibles. Sans l’accord avec le conseil général, le club disparaissait. On devait rembourser 22 millions de francs par an. Dans le contexte économique actuel, aucun club ne peut supporter une telle charge. A titre d’exemple, l’an dernier l’ACO a obtenu une dotation du fonds tabac de 1,8 millions de francs alors que Magny-Cours se voyait attribuer 38 millions de francs pour la seule organisation du Grand Prix. De même l’ACO doit payer toutes les forces de maintien de l’ordre, alors que Magny-Cours en était totalement exonéré. »

    François Fillon (président du conseil général de la Sarthe) : « Une piste ne suffit plus pour faire un circuit. les circuits qui survivront sont ceux qui auront attiré écuries, laboratoires et centres de formation. Aujourd’hui, nous faisons peur à certains en annonçant que nous pourrions être candidats à la F1. Tant pis. Nous avons été assez humiliés pendant des années par les fédérations et tous sans un minimum de dialogue avec la Fédération Internationale. C’est ma conviction. Nous aurons beaucoup de mal à réussir un championnat du monde d’endurance. Un GP F1 serait une bonne affaire pour l’ACO et le circuit. Mais les 24 Heures restent notre fond de commerce, notre priorité, car elles nous font vivre, nous en avons la maîtrise. Un GP de F1 ne pourrait être organisé qu’à une date et à des conditions ne gênant pas les 24 Heures. »