Quel avenir pour Le Mans en 1994 ?

Le règlement 1994 dévoilé sous peu…

Sitôt les 24 Heures du Mans 1993 terminées, l’ACO devrait communiquer le règlement 1994. Daniel Perdrix, en charge de la partie technique à l’ACO, en donne quelques détails : « Nous désirons absolument associer prototypes et GT, dans des groupes à deux vitesses. Nous tenons néanmoins à notre prototype Le Mans. Dans l’esprit, nous sommes proches du règlement IMSA. Il reste seulement à peaufiner quelques points. Nous dirigerons nous vers des prototypes monoplaces, vers des biplaces ? Pourquoi pas vers les deux. Nous rencontrerons les gens de l’IMSA cette semaine et il est fort probable qu’avant la fin des 24 Heures nous énoncions les grandes lignes du règlement 1994. »

L’avis de Jürgen Barth…

Pilote émérite s’il en est, Jürgen Barth est maintenant aux commandes du service compétition-client chez Porsche. Selon lui, il faut tourner la page des Gr.C : « Une page est tournée. Et il ne faut pas décourager les nouveaux arrivants en présentant contre eux des voitures anciennes qui auraient encore toutes les chances de les battre. J’ai beaucoup aimé les Gr.C mais c’était une autre époque. » Le GT ne doit pas être oublié : « Tous les Japonais sont intéressés et disposent de matériel pratiquement prêt : Mazda avec la RX7, Toyota avec la Supra, Mitsubishi avec la 3000 et Honda avec la NSX. Côté européens, nous sommes là avec Jaguar et Venturi. Il y a de quoi monter des courses extraordinaires. »

Les GT là pour meubler le plateau selon Henri Pescarolo…

On ne sait pas encore de quoi sera fait le futur mais il semble que les GT vont prendre une part importante dans le futur de l’Endurance. Henri Pescarolo a un avis plus que tranché sur le sujet : « Il faudrait être devin pour savoir de quoi sera fait demain. Une chose est néanmoins certaine, c’est que tout ce qui sera promu par Bernie Ecclestone ne marchera pas. Et le reste sera sabordé. Quant à l’ACO, si il voit son avenir au travers des GT, il est à côté de la plaque. Ce type d’auto a sa place aux 24 Heures du Mans mais pour meubler le plateau à côté d’autres protos. »

Yves Courage veut des garanties…

Le Sarthois aligne cette année trois C30LM mais 1994 est déjà dans toutes les têtes : « Le Mans aura toujours besoin de voitures monstrueuses capables de faire rêver. Si la réglementation est bien faite, il est possible de construire à un prix raisonnable des autos spectaculaires dotées d’un gros moteur et de beaucoup de couple. Les GT sont intéressantes mais il faut autre chose. Maintenant le temps presse. Pour préparer l’avenir nous devons avoir des garanties sur une réglementation durable qui devra nous être communiquée dans les plus brefs délais. »

L’EMA bien en place…

Trois circuits européens viennent de lancer une association appelée EMA (European Motorsport Association). On y trouve Le Mans, Brands-Hatch et le Nürburgring. Nicola Foulton, en charge du circuit britannique, est à la tête de l’EMA : « Notre intention est bel et bien de créer des épreuves et des championnats ayant une relation directe avec les spectateurs, en proposant des produits autres que ceux existant actuellement”. Le discours est le même du côté de Jean-Pierre Moreau, directeur du service sports à l’ACO : « A l’heure actuelle, tout est fait pour nous laisser penser qu’il n’existe que la Formule 1. L’EMA proposera d’autres voies. Tous les aspects du sport automobile nous intéressent et celui qui a trait aux sports-prototypes en particulier. Nous le démontrerons en mettant sur pied des épreuves de ce type. »

L’IMSA pourrait même entrer dans le jeu. Mark Raffauf, patron de l’IMSA, n’est en tout cas pas contre : « Européens, Japonais et Américains doivent tout mettre en commun pour s’entendre. Ensuite, chacun des continents oeuvrera selon sa culture et ses sensibilités, notamment en ce qui concerne les types de moteurs utilisés. Mais ensemble, nous devons définir des règles communes concernant les poids des autos, les châssis, l’aérodynamisme et la puissance des moteurs. Tout cela de manière à susciter chez les grands constructeurs un intérêt d’autant plus grand que commercialement rentable. »