Quand Peugeot étudiait la faisabilité d’une 405 en IMSA GTO…

Alors que beaucoup aimeraient revoir Peugeot en Endurance et qu’un programme Hypercar reste à l’étude, revenons plus de 30 ans en arrière avec un projet de Peugeot 405 pour un programme américain dans la catégorie IMSA GTO. Une 405 en IMSA ?!?!?

Alors qu’il était aux commandes de Peugeot Talbot Sport en 1987, Jean Todt s’était exprimé sur la relation Peugeot/Endurance en marge des 24 Heures du Mans. “A l’intérieur de Peugeot Talbot Sport, il y a des anciens de la Formule 1″, déclarait Jean Todt. “Leur souhait était de revenir à ce qu’ils aimaient et de démontrer qu’ils pouvaient faire aussi bien en F1 qu’en rallye. Je veux bien leur faire plaisir, mais on fait du sport non pour s’amuser, mais parce que c’est important dans l’histoire de la marque et rentable au niveau de l’image.”

En 1987, Peugeot Talbot Sport travaillait à la remise en état du parc composé d’une douzaine de Turbo 16 sans oublier la préparation de Pikes Peak, la Baja 1000 et la 205 GrA. “Nous en profitons pour étudier deux autres projets”, confiait Jean Todt.

Le premier projet était la préparation d’une 405 T16 pour le Paris Dakar et le deuxième la faisabilité de faire rouler une 405 Silhouette destinée au championnat américain IMSA dans la catégorie GTO.

“L’arrivée de Peugeot en Endurance pouvait entraîner un regain d’intérêt” , poursuivait le patron de PTS. “Cependant, après étude des budgets F1 et Endurance, nous sommes arrivés sensiblement aux mêmes chiffres. C’était inacceptable compte tenu de la couverture télévisée, surtout à l’étranger, et des règlements qui peuvent être modifiés. Seul le règlement F1 est stable. Imaginons que l’on annonce la suppression des turbos en Endurance en 1988…

“Nous n’avons pas l’habitude de communiquer les chiffres, mais un budget Endurance est égal à un budget F1 sauf pour le pilote. Et le pilote est un paramètre sur lequel on ne peut pas faire l’impasse. C’était un programme de cinq ans avec deux ans pour l’étude et trois pour l’exploitation. Nous devions disputer tout le championnat du monde avec deux voitures, châssis, moteur et boîte Peugeot. Nous voulions être champion du monde et bien sûr gagner Le Mans. C’est la même chose lorsque nous étions en rallye où le Monte Carlo était important.” 

Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est du côté des Etats-Unis que Peugeot aurait pu revenir en Endurance avant la 905 : “Pour le moment, le trait est tiré sur l’Endurance. Peugeot Talbot Sport est chargé de la coordination des filiales et travaille donc pour Peugeot Motor of America, mais c’est PMA qui pourrait se charger d’un budget, de la préparation et de l’assistance d’une voiture IMSA GTO. La direction sera annoncée courant 88. J’espère que ce projet pourra se réaliser. J’espère aussi que le projet Silhouette d’Ecclestone va se concrétiser. Avec des moteurs de 500 à 600 cv, montés dans des voitures dérivées de la série, c’est le seul avenir des courses sur circuit, hors F1.”