Le circuit de Sebring, son histoire et ses anecdotes

Dans quelques jours va avoir lieu un double rendez-vous historique. En effet, sur le même week-end, le circuit de Sebring International Raceway va accueillir une manche WEC, les 100 Miles de Sebring (15 mars), et les fameuses 12 Heures de Sebring (16 mars). Nous vous proposons une présentation de ce tracé mythique.

Le circuit de Sebring se trouve sur le site du Hendricks Army Airfield, une base d’entraînement l’US Army Air Forces pour les pilotes de B-17 en activité de 1941 à 1946. Après la Seconde Guerre mondiale, l’ingénieur aéronautique Alec Ulmann découvrit le potentiel des pistes de Hendricks et décida d’y organiser une course d’endurance de voitures de sport similaire aux 24 Heures du Mans. La première course de Sebring eut lieu la veille du Nouvel An 1950. Elle était appelée Sam Collier 6 Hours Memorial et trente voitures prirent le départ. A partir de 1952 se déroulent les 12 Heures de Sebring (voir photo de départ ci-dessous), l’une des courses les plus mythiques en endurance.

En 1959, la piste accueillit la première course de Formule 1 des États-Unis. Cependant, la faible participation et les coûts élevés font que l’expérience n’est pas renouvelée.

Le tracé a quelque peu évolué au fil des années comme la longue ligne droite d’Ulmann déplacée pour agrandir le paddock. A la fin des années 80, de gros travaux ont été accomplis pour rendre le tracé permanent, ce qui n’était pas le cas auparavant. L’une des deux pistes de décollage a été détruite et remplacée par une portion bitumée et le tracé intérieur (l’Infield) a été repensé. La dernière modification date de 1998 avec l’épingle du virage 7 qui a été rabotée pour permettre ainsi un plus grand dégagement.

Le circuit se distingue par deux types de revêtement différent. La dernière partie (virages 13 à 17 plus la ligne droite des stands) est en béton, alors que le reste du tracé est recouvert de bitume. La piste développe désormais 6,019 kms. Deux virages sont devenus mythiques : le « Turn 17 « , un long droit bosselé et rapide qui débouche sur la ligne droite des stands et Le « Turn 10 », très prisé par les campeurs et autres spectateurs (voir vidéo).

En dépit des resurfaçages, la piste reste très bosselée et est extrêmement exigeante pour les mécaniques. Rinaldo Capello (6 fois vainqueur des 12 Heures de Sebring en 2001, 2002, 2006, 2008, 2009 et 2012) le confirme : « Si votre voiture tient la distance à Sebring, vous pouvez être presque certain que vous n’aurez pas de problème aux 24 Heures du Mans… »

Quelques anecdotes de Sebring :

La voiture qui a remporté la première course de l’histoire à Sebring en 1950 était en fait une voiture de spectateur. Victor Sharpe de Tampa a conduit sa Crosley Hot Shot à la première course orgnaisée à Sebring, la Sam Collier 6 Hours Memorial en 1950. Il a été convaincu de prêter son auto aux pilotes Ralph Deshon et Fritz Koster. Ils ont fini par gagner la course.

Le gouverneur de l’Etat de Floride s’est vu offrir une « visite guidée » du circuit de Sebring en pleine course ! En 1950, Alec Ulmann, promoteur de Sebring, a emmené le gouverneur Fuller Warren pour un tour de circuit, alors que la course battait son plein.

Plusieurs voitures ont pris le départ des 12 Heures de Sebring 1955 sans autorisation. Mécontents de n’avoir pas été autorisés à disputer la course, dix pilotes des voitures de réserve ont décidé de « s’infiltrer » en piste lors du départ. Ils ont tous effectué un ou deux tours avant de quitter la piste.

Pendant les deux premières éditions des 12 Heures de Sebring, des patrouilles armées à cheval ont été engagées pour tirer sur les animaux errants qui auraient pu traverser le circuit. Les organisateurs de la course s’inquiétaient particulièrement des sangliers et des cerfs.

Gene Hackman, James Brolin, Paul Newman, Steve McQueen et Patrick Dempsey ont fait partie des acteurs vedettes qui ont piloté aux 12 Heures de Sebring. Lors des 12 Heures de Sebring 1970, Steve McQueen termine deuxième après que Ferrari ait mis Mario Andretti au volant d’une voiture sur laquelle il n’était pas prévu à l’origine (une 512S avec Ignazio Giunti et Nino Vaccarella) afin de battre la Porsche de l’acteur (une 908/2 avec Peter Revson). Les deux autos finirent dans le même tour.

On a bien vu des alligators en piste à Sebring, mais jamais pendant la course.

En 1983, la course a été placée sous régime de drapeau jaune parce que le circuit était à court de carburant pour les concurrents. Il a donc fallu autoriser un camion citerne à traverser la piste pour amener du carburant. Quatre-vingt trois voitures étaient présentes cette année-là.

Patrick Taylor, de Palm Bay (Floride) est arrivé avec trois mois d’avance pour prendre la file d’attente en vue de la course. Ce spectateur s’installa le 26 décembre 2003, soit près de trois mois avant la course. Un vrai passionné de l’endurance !

La course de 1974 a été changée en épreuve de 1 200 kilomètres (au lieu de 12 heures) pour économiser du carburant. L’organisateur a changé le nom en « Sebring-Camel 1200 km » au lieu des 12 Heures de Sebring. Cependant, la course n’a jamais eu lieu, elle fut annulée.

Photos issues du Facebook officiel de Sebring Interational Raceway…