Patrick Peter : « On couvre une période d’environ 100 ans »

Dix ans après l’European Le Mans Series à Barcelone, Patrick Peter était de retour en Espagne le premier week-end d’avril pour le lancement de la saison Peter Auto. L’homme fort de la planète Classic sait comment organiser un meeting et régaler aussi bien les fans que ses clients. Chez Peter Auto, on fait de l’historique 4 étoiles et Espiritu de Montjuïc a lancé une saison 2019 qui s’annonce passionnante.

Patrick Peter a de quoi être un promoteur heureux même s’il a dû faire des choix : « Nos meetings fonctionnent très bien même si nous avons commis une petite erreur en lançant une série F2 en 2017. Nous ne devons pas être faits pour la monoplace (rire). J’ai conscience que, pour mettre sur pied une nouvelle série, il faut du temps. Nous avons changé nos plans avec la mise en place du plateau Endurance Racing Legends qui plait beaucoup. Le Mans Classic avait donné le ton avec une exhibition qui avait bien plu. »

Le meeting Espiritu de Montjuïc est maintenant sur de bons rails avec des participants qui ont répondu présents et un public qui s’est déplacé en masse. « Le plateau global est maintenant bien rempli », poursuit Patrick Peter. « Malheureusement, nous devons toujours faire face à quelques autos qui ne sont pas prêtes en début de saison. Spa-Classic s’annonce encore plus fourni. » 

Si, comme son nom l’indique, le Group C fait la part belle aux prototypes des années 80, Peter Auto compte maintenant des autos plus récentes dans ses meetings : « Les voitures plus récentes plaisent aux fans. Les Group C sont nées il y a déjà 37 ans. Avant, l’historique faisait la part belle aux autos de 25 ans. Les plus récentes ont maintenant moins de 10 ans. On couvre donc une période d’environ 100 ans. Les voitures de l’époque BPR sont admises. Malgré cet engouement pour le « moderne historique », je n’ai pas l’intention de mettre de côté les autos d’avant-guerre. Elles font partie de l’histoire. » 

Certaines autos historiques ont pris tellement de valeur ces dernières années que les propriétaires cherchent plutôt à faire rouler une copie conforme du modèle d’origine, ce que chez Peter Auto on appelle ‘réplique’ ou ‘continuation’. L’organisateur conseille d’ailleurs fortement aux concurrents de le contacter avant tout projet d’achat, afin d’étudier ensemble les possibilités d’éligibilité pour les événements Peter Auto.

« On peut accepter ce type d’autos sans le savoir », tient à préciser Patrick Peter. « On arrive toujours à le découvrir avec le temps. Sur le principe, on ne prend pas de copie. Malgré tout, si un concurrent fait rouler sur nos meetings trois ou quatre autos, on arrive à trouver des accords pour avoir une ‘continuation’. Ces autos roulent donc uniquement sur invitation  et elles ne marquent pas de points au championnat. C’est le cas de la TVR Griffith de Henrik Lindberg dans le plateau Sixties’ qui aligne plusieurs autos. Ces voitures ont aussi un handicap au niveau du ravitaillement, ce qui n’est pas gênant pour le public. C’est très important qu’elles ne gagnent pas. Si un propriétaire possède une ‘Continuation’, il n’est pas assuré de rouler dans nos meetings. Elle est acceptée à un couple auto/pilote. Peter Auto est l’organisation la plus sévère sur le sujet. Certains y voient même la raison du succès de nos plateaux. » 

Avec des autos qui valent de plus en plus cher, Patrick Peter a conscience de l’envolée des prix ces dernières années : « La valorisation des autos a un effet bénéfique, mais c’est aussi problématique. Dans le passé, avec une Triumph qui valait 10 000 euros et qui demandait 20 000 euros de frais, on la jetait à la poubelle. Maintenant, une auto de 40 000 euros, on la répare. Même les gens les plus fortunés ont leurs limites. A 10 millions d’euros la voiture, il n’y a plus personne pour la faire rouler. 

Il y a quelques années, nous gérions le plateau Ferrari Maserati Historic Challenge. Nous avions des autos de folie. De nos jours, avoir un tel plateau est devenu très compliqué sachant en plus qu’il y a de plus en plus de copies. Notre plateau ‘Greatest’s Trophy’ est l’héritier de ce championnat. Nous avons encore des autos d’origine. Le prix des voitures baisse quelque peu, mais il ne s’écroule pas. »

Patrick Peter se veut confiant sur l’avenir de l’historique : « Je suis confiant même si les choses évoluent. Si on prend ma génération, 70% aiment l’auto et se rendent sur les circuits. Maintenant, de plus en plus de jeunes n’ont même pas le permis. Il y a 150 ans, on allait à New York en bateau et à Marseille à cheval. Aujourd’hui, cela ne sert plus à rien, mais le bateau et le cheval se portent toujours bien. Il y aura toujours des gens pour faire rouler des voitures de course. Il suffit de voir l’accueil réservé au Tour Auto Optic 2000. On voit beaucoup de jeunes écoliers sur le bord des routes. Rien que voir l’engouement des jeunes est positif pour l’avenir… »