Pascal Witmeur : « A chaque passage dans le Raidillon, les gens applaudissaient le Peugeot 806 »

Un Peugeot 806 au départ des 24 Heures de Spa ? Seul un Pascal Witmeur était capable de mettre sur pied un tel programme. Ce qui aurait pu être un poisson d’avril n’avait rien d’un canular. Nous sommes en 1995 et ce diable belge de Pascal Witmeur s’est mis en tête de faire rouler un monospace sur la classique ardennaise et pas dans un cadre expérimental du type Garage 56. Là, l’idée était clairement d’aller titiller les stars du Tourisme de l’époque. 23 ans après cette expérience un peu folle, le Peugeot 806 exploité par Kronos en 1995 a retrouvé les 24 Heures de Spa, cette fois en statique. Pascal Witmeur, à l’initiative du projet, était bien entendu sur place.

« Mon métier principal était de travailler dans la publicité », a déclaré Pascal Witmeur à Endurance-Classic. « Dans les années 90, je gérais le budget pub de Peugeot Belgique. En parallèle, j’avais une société qui s’occupait du championnat Procar. Nous avions environ 60 autos de Tourisme avec 30 000 personnes sur chaque meeting. A cette époque, tout le monde disait qu’un monospace était une vulgaire camionnette. J’avais émis l’hypothèse lors d’une réunion qu’on pourrait aligner un Peugeot 806 aux 24 Heures de Spa. Il y avait justement une possibilité dans la catégorie Procar. Il a juste fallu convaincre le RACB. »

Le projet du Peugeot 806 a débuté très tardivement, comme l’explique le pilote belge :« On était déjà en mai et rien n’était prêt. J’ai appelé Kronos pour préparer une auto. C’était un vrai puzzle avec des pièces venant d’une Peugeot 306 de course mais le châssis était réellement un 806 qui développait près de 300 chevaux. C’était en quelque sorte une Supertourisme un peu plus longue et un peu plus haute que les autres. »

L’idée était de faire rouler un Wallon, un Flamand et un Bruxellois avec Eric Bachelart, Philip Verellen et Pascal Witmeur.

« Je n’avais encore jamais vu ça », se souvient l’initiateur du projet. « A chaque passage dans le Raidillon, les gens applaudissaient. Le message de Peugeot était clair : « Ce 806 était l’auto que les enfants conseilleraient à leurs parents ». A cette époque, nous pouvions acheter des adresses pour faire du mailing. Nous avons donc acheté les adresses des propriétaires des concurrents du Peugeot 806 tels que le Renault Espace ou le Volkswagen Sharan. 2800 personnes ont fait le déplacement. L’idée était que les gens viennent voir en famille la voiture de course qui ressemblait à celles de leurs parents. »

Si le Peugeot 806 préparé par Kronos a brillé lors des essais en rentrant dans le top 10, la course a réservé plus de soucis au trio. Le moteur a rendu l’âme à mi-course. La concurrence a forcément vu d’un mauvais oeil la présence d’une « camionnette » face aux Opel Vectra, BMW 318 et Honda Accord. « L’auto était vraiment sympa à piloter », sourit Pascal Witmeur. « Elle plaisait au public car outre le fait qu’elle était atypique, elle se mettait souvent sur deux roues. Même les autres constructeurs qui avaient des monospaces dans leurs gammes nous ont dit merci car cet engagement a en quelque sorte démocratisé le monospace. Le châssis venait de Sevel Nord où étaient assemblés les 806. 5000 affiches avaient été éditées et je crois bien avoir signé les 5000 affiches devant les ouvriers de l’usine. Durant quelques heures, j’étais plus connu que Johnny Hallyday (rires). »