Olivier Panis : « J’ai kiffé chaque moment au Mans »

Le Mans Series 2008 Silverstone, 14 septembre 2008. photo : V-IMAGES.com/Fabre

Olivier Panis compte 10 saisons de Formule 1, mais aussi quatre participations aux 24 Heures du Mans. Alors qu’il pourrait couler une retraite sportive paisible, le vainqueur des 12 Heures de Sebring 2011 reste un hyper actif en sport automobile. Entre la gestion du Panis-Barthez Compétition, le Trophée Andros, le management de plusieurs pilotes, un œil sur la carrière de son fils Aurélien et son rôle à la télévision, Olivier Panis est un homme pressé. Passionné, toujours prêt à faire partager sa passion, ce boulimique de sport est revenu avec nous sur son arrivée en Endurance après une carrière en F1 bien remplie.

Une fois la Formule 1 mise de côté, rouler en Endurance était votre priorité ?

« Pas du tout ! Une fois ma carrière en F1 terminée, je me suis dit ‘super je vais enfin pouvoir prendre des vacances’. J’ai mis un terme à la Formule 1 car je l’avais décidé. Bon, après seulement deux mois, j’ai connu une période limite dépressive. Je n’avais plus d’emploi du temps, plus de calendrier. Ma femme m’a conseillé de rouler à nouveau car je devenais chiant (rire). »

Et donc ?

« J’ai réfléchi et c’est là qu’Alain Prost m’a appelé pour piloter une deuxième Toyota en Trophée Andros. J’y ai pris beaucoup de plaisir au sein d’une super ambiance. »

Mais on ne parle toujours pas de courses d’endurance…

« Après des vacances tout près du Circuit Paul Ricard, Hugues de Chaunac m’a appelé pour me rencontrer. Nous avons alors entamé une discussion pour savoir ce que nous pourrions faire ensemble sans m’en dire plus. C’était en juillet. Il m’a rappelé en septembre pour m’expliquer son idée. ORECA venait de racheter Courage avec comme idée de faire du LMP1. J’ai toujours trouvé les courses d’endurance magiques, mais je ne connaissais pas vraiment la discipline. »

Vous avez dit oui tout de suite ?

« J’ai tout d’abord voulu tester l’auto avant de prendre ma décision. J’arrivais de la Formule 1 et là je me suis retrouvé au volant d’un prototype d’une tonne. Je me suis dit : « mais qu’est ce que je fais là ? ». J’ai ensuite passé quatre superbes années avec Hugues et son équipe. Nous avons construit une histoire et j’ai eu la chance d’avoir des coéquipiers fantastiques. »

Vous avez donc passé de bons moments…

« Pour être franc, je m’attendais à une auto plus fun au début et il y a eu tellement de travail pour rouler en European Le Mans Series. Mes coéquipiers ont tous été au top. J’étais un peu le papa de Nico Lapierre. C’est un pilote avec qui j’ai adoré travailler car humainement, c’est quelqu’un de hors pair. Si j’avais les moyens il roulerait pour nous. Avec Loïc Duval dans la Peugeot 908, je me suis aussi bien éclaté. »

Et les 24 Heures du Mans ?

« J’ai kiffé chaque moment au Mans. Je ne pensais pas que cette course permettait une aussi grande histoire humaine. Je me régale tout le temps sur cette épreuve. La première fois que tu arrives sur ce circuit, c’est un vrai choc. Il y a le tracé mais aussi l’ambiance. J’ai vraiment passé de bons moments au Mans. »

Il a pourtant fallu dire stop…

« L’accident de Mike Rockenfeller m’a fait réfléchir. Là, je me suis dit ‘c’est terminé’. A un moment, il faut savoir dire stop. Maintenant, je prends toujours beaucoup de plaisir mais c’est différent. J’adore le sport automobile et les jeunes, c’est ce qui me motive encore. »