Nissan au Mans en 1998 : “La R390 GT1 est la fierté de Nissan”

En 1997, les débutantes Nissan R390 n’avaient pas raflé la mise, le constructeur s’était promis de revenir un an plus tard avec des ambitions revues à la hausse, d’où l’engagement de quatre Nissan R390 GT1 face aux Toyota GT-One et autres Porsche 911 GT1, soit deux constructeurs que le camp Nissan va de nouveau affronter cette année au Mans. En 1998, Nissan avait fait le choix d’aligner deux équipages européens et deux japonais. Si les quatre autos ont rallié l’arrivée, aucune ne s’est imposée puisque la #32 n’a pu faire mieux que deuxième avec Oshino/Kageyama/Suzuki.

Il y a 22 ans, le dossier de presse indiquait “Objectif Le Mans”. Nommée “le fauve”, la R390 GT1 était affûtée comme le mentionnait le communiqué : “Elle a délaissé sa méchante livrée rouge et noir de l’an passé pour une robe à damiers bleu clair, douce comme un ciel de juin, qui la fait paraître plus docile… Qu’on ne s’y trompe pas : jamais elle n’a été aussi affûtée, aussi prête à bondir, comme elle l’est pour ces 66èmes 24 Heures du Mans. Les hommes de Nissan et TWR y ont mis tout leur savoir-faire, toute leur envie, toute leur passion. Forts d’une première expérience dans cette course équivalente à une saison entière de Formule 1 où aux deux-tiers d’un Paris Dakar couverts à la moyenne de 210 km/h, où l’on dépasse 5 fois par tour les 300 km/h. 350 tours durant, ils ont amélioré tout ce qu’ils pouvaient pour qu’elle s’affranchisse victorieusement de cette course. La R390 GT1 est rapide et fiable. Belle et puissante. Elle est la fierté de Nissan.”

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Kunihiko Kakimoto, directeur de Nissan Motorsport, se voulait confiant : “Pour préparer Le Mans 98, Nissan n’a concédé aucun compromis. La sous-traitance et les achats à l’extérieur ont été réduits au minimum. Tous nos partenaires ont travaillé dur, notamment Bridgestone qui a apporté des améliorations dans l’adaptation de ses produits à nos voitures. La soufflerie du Nissan Technology Center, l’une des plus sophistiquées du monde puisqu’elle autorise des simulations de vitesses de l’ordre de 270 km/h, a été énormément mise à contribution. Il ne reste plus aux pilotes qu’à se comporter en grands professionnels, mais je sais que je peux compter sur eux comme j’ai pu le constater lors des nombreuses et excellentes simulations de 24 heures que nous avons effectuées. Il reste, évidemment, les impondérables de la course, que nous ne contrôlerons pas. 97 n’était qu’un avertissement !”

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Déjà en 1997, la préparation se voulait impeccable avec une association Japon/Angleterre. Le message de Nissan était clair : “Attention ! La Nissan R390 GT1 va faire parler la foudre…”

Le dossier de presse précisait : “Une organisation rigoureuse, un travail acharné, un souci du détail porté à l’extrême : tels sont les leitmotiv qui ont présidé à la préparation de l’édition 98 des 24 Heures, tant chez Nissan que chez TWR. Pas moins de 500 personnes ont participé à l’élaboration de ce programme sous l’autorité de Kunihiko Kakimoto, directeur de Nissan Motorsport, de Roger Silman, directeur technique et Tony Southgate, directeur du projet. Ils auront consacré plus de 1000 heures de travail d’expertise à fins d’analyse des problèmes survenus en 1997.

Aussi les Nissan R390 GT1 ont-elles été totalement démontées afin que chacune de leurs 3000 pièces, les principales ayant été passées aux rayons X, soit réévaluée pour être changée si nécessaire : ainsi redéfinies, ces pièces ont été produites en trois exemplaires chacune en vue des 24 Heures 1998. La durée de vie de quelques petits composants, à l’origine de certaines défaillances l’an passé, a par ailleurs été améliorée afin de résister à l’équivalent de deux 24 Heures consécutives.

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Les moteurs V8 biturbo, type VRH 35L, véritables bijoux de puissance et de haute technologie ont fait l’objet d’une préparation méticuleuse. Quant aux problèmes de surchauffe et de boîte de vitesses, décisifs en 1997, ils ont été complètement résolus, comme l’ont prouvé plusieurs simulations grandeur nature de 24 Heures, des sprints de 24 fois une heure au cours desquels les pilotes ont même été encouragés à se livrer à un véritable duel entr’eux, ou encore les essais préqualificatifs début mai au Mans.

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Sur le terrain, les 135 hommes de Nissan, placés sous la direction des chefs d’équipes Yasuharu Kamei et Rod Benoist vivront en totale autonomie et dans un confort maximum spécifiquement adapté au contexte particulier des 24 Heures.

Une pendule va être accrochée au fond de chaque box : le compte à rebours va pouvoir commencer. Dans quelques heures, les quatre Nissan R390 GT1 s’élanceront dans un vacarme assourdissant parmi les 48 voitures admises sur la grille. Ce sera le départ de la plus grande course automobile du monde.”