Marcel Fässler, part 2 : « Ma victoire en 2011 reste ma plus belle ! »

Suite de notre entretien avec le triple vainqueur des 24 Heures du Mans, Marcel Fässler. Le pilote suisse revient justement sur ses sacres en Sarthe, mais aussi sur sa relation avec ses deux coéquipiers, André Lotterer et Benoît Tréluyer.

L’année 2010 se passe mieux pour le Suisse qui passe un cap, celui de l’arrivée. « Ma première arrivée aux 24 Heures du Mans a été en 2010 avec l’Audi R15 (#8). J’ai terminé 2e, c’était impressionnant ! Je suis allé au podium et j’ai réalisé un de mes rêves. Certes, je n’avais pas gagné, mais monter sur le podium est quelque chose d’unique au Mans. »

Certes, mais la victoire n’est pas loin et ne va pas se faire attendre. En 2011, Marcel Fässler est de nouveau associé à André Lotterer et Benoît Tréluyer. Les trois hommes ont en charge la toute nouvelle arme d’Audi, la R180 TDI. Cet essai se transforme en coup de maître car le trio l’emporte. « En 2011, je remporte les 24 Heures du Mans avec Audi. Je pense que cette victoire-là restera car il s’agit de la plus belle sensation de toute ma carrière. Gagner au Mans pour la première fois a vraiment été quelque chose de spécial. C’est toujours très compliqué de remporter une course de 24 heures, où qu’elle ait lieu ! Cependant, gagner au Mans en 2011 et dans les circonstances de course que l’on a eues, est quelque chose d’inoubliable. Il faut rappeler qu’assez vite, nous avons perdu deux voitures. Nous étions la dernière R18 TDI face à quatre Peugeot 908 HDi. Nous gagnons avec 13 secondes d’avance seulement (sur Sébastien Boudais, Simon Pagenaud et Pedro Lamy, ndlr). Ce fut un final dingue, digne d’Alfred Hitchcock. J’ai passé les dernières heures dans les stands, j’avais l’impression que ma montre s’était arrêtée ! »

Lorsqu’on lui demande quel est son pire souvenir, la réponse ne se fait pas trop attendre. « 2011 restera comme le meilleur moment de ma carrière, je crois. A l’opposé, 2008 avec la Courage-ORECA est le pire. J’ai eu un accident dans la nuit avec cette auto. Heureusement, ce ne fut pas grave, mais c’est quelque chose que je garde en tête. Je ne me rappelle plus les circonstances de cette sortie de piste, mais cela m’a montré que Le Mans peut être dur aussi ! »

Bien entendu, son association avec ses deux amis, André Lotterer et Benoît Tréluyer, reste « quelque chose de très spécial. Cela ne veut pas dire qu’avec mes autres coéquipiers, je ne m’entends pas. Nous sommes arrivés tous les trois ensemble chez Audi. On s’est tout de suite très bien entendu, on a eu une vraie affinité, on s’est immédiatement fait confiance. On arrivait à savoir quand l’autre était bien ou pas. On pouvait décider de passer plus ou moins de temps dans la voiture par rapport à l’état de forme de chacun. Nous avons tous les trois des caractères bien différents, mais ça a collé tout de suite entre nous. » Depuis, le trio a cumulé trois victoires aux 24 Heures du Mans en 2011, 2012 et 2014, mais a dû se séparer lorsqu’Audi a décidé de quitter la scène du LMP1 fin 2016. Depuis, Marcel Fässler rouler de son coté chez Corvette Racing en IMSA et aux 24 Heures du Mans. André Lotterer pilote pour le compte de Rebellion Racing, toujours en LMP1, alors que Benoît Tréluyer est toujours pilote officiel Audi.

Marcel Fässler peut se targuer d’être le premier pilote suisse à remporter les 24 Heures du Mans. « Les 24 Heures du Mans n’ont pas toujours eu une belle image en Suisse surtout à la suite de l’accident de 1955 avec plus de 80 morts. Ce drame a eu pour conséquence l’interdiction de toutes les compétitions de sport automobile sur circuit en Suisse. Cependant, Le Mans a tout le temps été dans les esprits. Ensuite, avec Jo Siffert qui est une vraie légende dans notre pays, Walter Brun, Herbert Müller, l’image des 24 Heures du Mans a changé. La victoire de Peter Sauber en 1989 a aussi eu un gros impact. Maintenant, il y a une nouvelle vague de pilote. J’ai, pour ma part, gagné trois fois ici, Neel Jani (2016) et Sébastien Buemi aussi (2018). Grâce à tout cela, les 24 Heures du Mans revivent en Suisse ! »

Le pilote originaire d’Einsiedeln est désormais pensionnaire Corvette Racing et évolue en IMSA. Il vient de terminer 8e des dernières 24 Heures de Daytona et prendra part dans quelques jours aux 12 Heures de Sebring. Il devrait disputer ses 14e 24 Heures du Mans pour la marque de Detroit en catégorie GTE Pro en juin prochain.

Photos : MPS Agency, Michel Faust, Laurent Chauveau, Audi Sport et le compte Facebook de Marcel Fässler.