Ludovic Caron : « C’est magique de pouvoir piloter ces voitures d’époque ! »

Ludovic Caron est un pilote de voiture classique. Il a déjà remporté le Tour Auto à deux reprises, en 2008 et 2011. Cette année, à bord de sa Shelby Cobra 289, il fait équipe avec Jean-Pierre Gagick de l’émission Auto Moto de TF1. Il souhaite rajouter un troisième trophée à sa collection…

Combien de fois avez-vous disputé le Tour Auto ?

« Je ne sais plus, j’ai arrêté de compter après ma deuxième édition, je crois, car c’est tellement sympa que je n’ai pas besoin de savoir combien j’en ai fait… Je me souviens que la première était en 1997 en sachant que je ne les ai pas toutes faites. »

Sur quelles voitures avez-vous fait toutes ces participations ?

« La première fois c’était sur une Austin Healey 3000. Ensuite, ce fut sur une Jaguar Type E, puis une AC Cobra Coupé Daytona deux ans de suite, et après avec le roadster. »

Combien comptez-vous de victoires ?

« Deux et six ou sept fois dans les trois premiers. J’ai eu pas mal de victoires scratch, mais pour en avoir au général, il faut que toutes les étoiles s’alignent. Ce n’est pas si simple que ça. »

Quelle est la recette d’un succès au Tour Auto ?

« Il n’y en a pas vraiment. Il faut la fiabilité, l’endurance, et comme je l’ai dit que tout s’aligne correctement ! C’est une vraie course d’endurance, il faut donc savoir durer pour espérer décrocher un bon résultat au final. »

Comment est cette Shelby Cobra 289 à piloter ?

« C’est spécial et comme toutes les choses spéciales, une fois qu’on est habitué, on ne peut plus s’en passer ! J’ai, en plus, la chance de piloter une voiture très historique qui a été emmenée par de grands pilotes des années 60. J’ai réussi à l’amadouer et d’avoir fait beaucoup de kilomètres avec elle que ce soit au Tour Auto ou sur d’autres circuits. Maintenant, c’est un réel plaisir d’être à son volant. Elle fait 400 chevaux pour 1000 kilos et a beaucoup de couple. »

D’où vous vient la passion de la compétition classique ?

« J’ai toujours été attiré par les belles autos. J’ai commencé dans les années 90 par la monoplace et j’ai aussi eu la possibilité de disputer une course classique sur une Lola T70. J’ai trouvé l’ambiance très sympa et courir au milieu de voitures très jolies est un vrai plus. Au niveau sensation de pilotage, c’était très proche de ce que j’aimais avec, en plus, ce coté historique qui est très sympa. Je me dis que je pilote une AC Cobra qui a été le début de l’histoire de la course automobile moderne puisque c’est grâce à cette auto que Ford est venue en compétition. De plus, Ford a été le premier constructeur généraliste à s’impliquer et à révolutionner le sport automobile. C’est devenu un vrai vecteur de communication et de marketing pour vendre des voitures. L’âge d’or de l’automobile, ce sont les années 60. Malheureusement, dans les années 70 avec le choc pétrolier, on a changé un peu de philosophie au niveau de la course automobile, ça a été géré de façon différente. Dans les années 60, c’était puissance à outrance, beauté des voitures, pas de notion de consommation d’énergie et cela a donné des icônes comme l’AC Cobra, la Ferrari 250 GTO, etc… C’est donc magique de pouvoir conduire les voitures de cette époque. »

Que représente le Tour Auto pour vous ? Est-ce l’épreuve phare de l’année ?

« C’est une très belle épreuve qui combine beaucoup de choses : l’endurance, la durée, il faut être capable d’aller vite sur les circuits, mais aussi dans les spéciales. Ce que j’aime bien, c’est qu’à l’époque, tous les pilotes d’endurance, de circuit, de rallyes y participaient. C’est cette polyvalence qui rend cette épreuve très sympa et à laquelle j’aime participer tous les ans si je le peux. »

Avez-vous déjà disputé Le Mans Classic ?

« Oui, plusieurs fois, j’ai eu la chance de remporter cette épreuve aussi avec mon AC Cobra. C’est aussi une bel événement, un beau clin d’œil à une course mythique sur un circuit qui l’est tout autant. Avoir la chance d’y participer est toujours un plaisir. »

Le Mans Classic, le Grand Prix de l’Age d’Or, le Tour Auto. On sent un réel regain d’interêt pour les épreuves historiques. Partagez-vous ce sentiment et si oui, pourquoi le classique a-t-il le vent en poupe ?

« Il est vrai qu’il y a un regain d’intérêt, mais il y a surtout une montée en puissance parce que ces voitures sont jolies, sympas à voir rouler, elles font du bruit, elles rappellent des souvenirs aux gens, elles ont une histoire et il y a de la diversité. Ça rend les courses attractives à suivre pour les spectateurs et, pour les partenaires, c’est un environnement qui véhicule des images chouettes de gentlemen qui font la course sérieusement, mais sans se prendre au sérieux. »

Vous avez mentionné les 24 Heures du Mans modernes qui approchent. Est-ce une course que vous suivez ?

« Je suis cette épreuve car c’est LA course phare de l’année. J’ai aussi pas mal d’amis qui y participent, donc je regarde cela avec un œil attentif. C’est un circuit et une épreuve tellement extraordinaires qu’il est difficile de passer à coté. »