Les phrases chocs d’Henri Pescarolo (part 2)…

Photo: D.R. Christian Vignon / ACO

Suite de notre « rétrospective » sur les phrases choc d’Henri Pescarolo, le recordman des participations aux 24 Heures du Mans avec 33 éditions !

L’édition la plus sympathique…

« 1992 restera la course des copains. C’était avec Yves (Courage), Bob (Wollek) et Jean-Louis (Ricci). Un équipage sympa, une voiture fiable, mais rien à faire du fait d’un règlement pensé par et pour les tenants du 3,5 litres atmo. Nous étions partis pour terminer premiers du Gr C, ce qui était déjà une victoire. » 

L’édition du plus mauvais choix…

« En 1976, mieux vaut parler de stupidité que de mauvais choix. Je décide de dire non à l’usine Porsche au profit d’Inaltera en me laissant prendre aux sentiments de Charles James qui me joue du violon avec son idée de possible victoire française. Le cocorico a pris le dessus sur le cartésien. En prenant ma décision, je savais que je faisais une erreur, mais il est dans la vie des gestes inexplicables. Celui-là en fait partie. » 

L’édition oubliée…

« 1975 tient le pompon. Je n’en ai aucun souvenir, sauf quand on me rappelle que j’ai conduit pour Ligier. Bref, avec la JS2, on a abandonné tout de suite. Non ? On a tenu 14 heures ? Ben merde, fallait vraiment que ce soit nul pour me laisser aussi peu de souvenirs. Et ne me parlez pas non plus de 1986, car je ne me rappelle pas avoir fait deux éditions pour Kouros. » 

L’édition du plus grand bide…

« En 1983, Jean Rondeau décide de faire une voiture révolutionnaire. Sardou dessine une auto à effet de sol qui, d’après les données théoriques, devaient ridiculiser la concurrence. De quoi fantasmer tout l’hiver. Une fois en piste, on se rend compte que les 382 sont beaucoup plus efficaces. »  

L’édition la plus catastrophique…

« C’est bien sûr 1969, celle qui m’a le plus marqué physiquement et psychologiquement. Donc, je loupais la course qu’il ne fallait pas manquer. En plus, cet accident avait des conséquences sportives sur ma carrière : l’horreur. J’ai suivi les 24 heures depuis l’hôpital, bien qu’ayant annoncé à tout le monde que je serai au Mans. Mais en plus de mes brûlures, j’avais trois vertèbres déglinguées. Malgré les interdictions, je me levais la nuit pour faire de la musculation. La première fois, ça a failli être dramatique, car je me suis cassé la gueule et j’ai eu un mal fou à me remettre au lit. » 

L’édition la plus surprenante…

« C’était en 1985 avec Lancia. En plein milieu de la nuit, le cuisto s’est pointé avec 20 litres de sabayon pour les mécanos. Ça changeait de chez Joest. Pour moi, Le Mans c’est aussi ça. D’un côté, un tombereau de pâtes et de l’autre, celui des médicaments. Car outre la cuisine, nous étions très bien suivis par le docteur Bartoletto. La seule contrariété venait de  notre troisième pilote, un certain Cesario, dont personne ne savait pourquoi il était là : aucun palmarès, aucune référence… »

L’édition la plus chiante…

« En 1988, je suis rentré chez Jaguar pour gagner. J’en suis reparti avec le sentiment d’avoir été pris pour un con. Je n’ai presque pas conduit aux essais, Boesel a fait le départ et la voiture a vite abandonné. Reste le souvenir d’une organisation médicale extraordinaire avec prise de pouls chaque fois qu’on sortait de l’auto et entre deux relais l’obligation de boire, manger et se coucher selon des programmes établis par le docteur. Pendant la demi-heure avant de reprendre le volant, chaque pilote devait faire du vélo pour réhabituer l’organisme aux efforts. C’est presque le médecin qui donnait le feu vert pour prendre le volant. » 

L’édition la plus vivifiante…

« En 1989, Jean-Louis Ricci m’a proposé une Spice pour le Championnat du Monde. En plus, il a trouvé une auto compétitive pour Le Mans. Comme Ballot était incapable de conduire la Porsche, je me suis retrouvé sur une 962/Joest avec Laffite. Dommage que Jacques n’ait pas pris cet engagement plus au sérieux et nous ait collé la voiture deux ou trois fois dans le bac à sable. Le Mans ne laisse pas de trace à la fantaisie. »