Les 24 Heures du Mans 1993, l’année de l’ouverture aux GT…

En 1993, on ne parlait pas d’Hypercar aux 24 Heures du Mans mais bien d’un mix Protos/GT à partir de 1994 afin d’avoir une grille fournie. A cette époque, l’ACO faisait sa révolution en se démarquant des pouvoirs sportifs internationaux. Une page se tournait avec l’arrivée des GT, ce qui plaisait aux uns mais pas forcément aux autres.

« Le Mans aura toujours besoin de voitures monstrueuses capables de faire rêver », déclarait Yves Courage. « Si la réglementation est bien faite, il est possible de construire à un prix raisonnable des autos spectaculaires dotées d’un gros moteur et de beaucoup de couple. Les GT sont intéressantes, mais il faut autre chose. Maintenant le temps presse. Pour préparer l’avenir, nous devons avoir des garanties sur une réglementation durable qui devra nous être communiquée dans les plus brefs délais. »

Jürgen Barth, responsable du département compétition-client chez Porsche, saluait quant à lui l’arrivée imminente des GT au Mans : « Une page est tournée. Il ne faut pas décourager les nouveaux arrivants en présentant contre eux des voitures anciennes qui auraient encore toutes les chances de les battre. J’ai beaucoup aimé les Groupe C, mais c’était une autre époque. Tous les Japonais sont intéressés et disposent d’un matériel pratiquement prêt. Du côté de l’Europe, nous sommes là avec Jaguar et Venturi. Il y a de quoi monter des courses extraordinaires. »

Pour Henri Pescarolo, il ne fallait surtout pas mettre de côté les prototypes : « Il faudrait être devin pour savoir de quoi demain sera fait. Une chose est néanmoins certaine, tout ce qui sera promu par Bernie Ecclestone ne marchera pas et le reste sera sabordé. Quant à l’ACO, si l’avenir est aux GT, c’est à côté de la plaque. Ce type d’auto a sa place aux 24 Heures, mais pour meubler le plateau à côté d’autres protos. Vouloir faire du volume avec des GT et transformer une course comme Le Mans en coupe Venturi ou Porsche m’apparaît être suicidaire. »

Tom Walkinshaw, qui alignait trois Jaguar XJ220 aux 24 Heures du Mans 1993, avait compris l’intérêt des GT : « Le GT, c’est la réglementation de l’avenir. Il est de l’intérêt de Jaguar d’être présent. On veut faire en sorte que les GT soient omniprésentes dans le futur. Ce sera mieux d’avoir 50 à 60 voitures de ce style au départ du Mans que quelques avions comme les voitures de sport. »