Le Mans : les brèves du mardi 16 juin 1992…

Les barquettes finalement acceptées…

On manque de concurrents pour cette 60ème édition si bien que les barquettes Peugeot et Alfa Romeo ont été acceptées, comme celle de Didier Bonnet « Notre voiture est théoriquement hyper-fiable. Le moteur est un 3 litres de série et l’embrayage provient d’une Formule 3000. Bien sûr, il a fallu transformer l’auto, mettre un alternateur, doubler la batterie, ajouter des phares de Fiat Ritmo et un réservoir supplémentaire. La boîte est plus longue, ce qui devrait nous permettre de prendre environ 290 km/h. Mais rien de ceci n’est insensé. » La barquette a été spécifiquement construite pour Le Mans. Lors de récents essais à Magny-Cours, l’auto a roulé à 109,5% des Peugeot 905.

Une immatriculation spéciale pour Jean Todt…

Le patron du PTS roule en Peugeot 605, avec une immatriculation bien particulière : 905 JXS 75.

En mémoire de Hitoshi Ogawa…

Lors de la photo de groupe Toyota, l’équipe nipponne a rendu hommage à Hitoshi Ogawa, décédé récemment dans une course de F3 japonaise. Il était prévu qu’il pilote la #7 lors des 24 Heures du Mans.

Max Mosley en visite…

Chacun sait bien que le Championnat du Monde des Voitures de Sport est quelque peu moribond cette saison, et le Président de la FISA se rendra sur le circuit vendredi. Il est prévu qu’il annonce un nouveau règlement ouvrant la porte aux GT et aux Supercars afin d’étoffer le plateau.

Jürgen Barth confiant…

L’ancien vainqueur des 24 Heures du Mans est confiant quant à l’arrivée des GT au Mans et plus précisément de Porsche : « Les voitures de sport plaisent au public. Il y avait récemment 30 000 spectateurs à Vallelunga pour assister à une course entre Ferrari F40 et Porsche Carrera. Notre firme est intéressée. Les Anglais de Jaguar et de nombreuses firmes peuvent venir en renfort. »

Bertrand Gachot se raconte…

Pour avoir utilisé un spray pour se défendre, le vainqueur de l’édition 1991 est passé du podium à la prison, comme il l’explique : « J’ai plongé dans l’horreur, dans un cachot d’une prison anglaise que je pensais quitter le lendemain. Tout a basculé. L’enfer a duré deux mois. La justice anglaise m’a considéré comme un criminel au terme d’un jugement aveugle. On m’a mis dans un endroit où personne n’oserait mettre des animaux.”

Toyota dans une année de transition…

Le Dr Saito, Responsable de Toyota Sport espère un bon résultat au Mans, mais il sait que ce ne sera pas facile : « On est au top mais ce sera difficile de gagner. Les Peugeot ont une année d’avance sur nous. 1992, c’est une année de transition. Au Japon, Le Mans est toujours n°1. La préparation pour la compétition pèse lourd dans notre budget. C’est un gros montant en valeur absolue. Mais il est important de le considérer comme un investissement à long terme. L’an dernier nous étions absents. Pour célébrer le 60ème anniversaire des 24 Heures, on a essayé de développer les voitures au plus haut niveau. »

Alain Ferté ravi d’être là…

Après avoir failli remporter les 24 Heures du Mans 1991 sur une Mercedes, Alain Ferté est de retour au Mans : « Je dois dire que lorsque Peugeot m’a contacté par téléphone, le lendemain de la course de Monza, pour me proposer de conduire la 905, j’étais fou de joie. Mais je reste lucide. Devant une course aux mille et un pièges, il faut faire preuve d’humilité. »

Pas de diffusion télé ?

Il est probable que l’épreuve ne soit pas diffusée à la télévision cette année puisque la société qui a acheté les droits demande deux millions de francs à TF1, sachant que M6 a décliné l’offre qui était faite. Quant aux équipes de FR3, on leur a demandé d’aller filmer ailleurs qu’aux Vérifications.

Jean Todt inquiet pour le futur…

Faute de promesses non tenues et d’une réglementation peu favorable, le Championnat du Monde des Voitures de Sport est déserté par les équipes, ce qui inquiète le Directeur du Peugeot-Talbot Sport : « Je suis inquiet pour le sport automobile. Aujourd’hui tous les championnats sont en difficulté. La FISA a privilégié la F1. Celle-ci a tout bouffé sur son passage. Le Mans, c’est une épreuve magique. Si l’an prochain le championnat a évolué, Le Mans en tirera profit. Sinon, il n’y aura plus de Championnat du Monde des Voitures de Sport et Le Mans sera en danger, car il est difficile de faire vivre une équipe pour une seule épreuve. Ce serait un assassinat de faire du Mans une épreuve de 1000 km. Il est également impossible de participer à quatre courses de 24 heures dans une même saison. Cela coûte trop cher. »