Le 21 mai 1989, Bob Wollek offrait sa dernière victoire à la Porsche 962 en mondial Groupe C

Les 480 kilomètres de Dijon 1989 se sont disputés le  sur le Circuit de Dijon-Prenois. Il s’agissait de la seconde manche du Championnat du monde des voitures de sport 1989.

Ce qui devait être une formalité pour l’équipe Sauber Mercedes à Dijon ce jour là s’est transformée en dernière victoire d’une Porsche en championnat du monde Groupe C ! Cette ultime course avant les 24 Heures du Mans a été le théâtre d’un splendide succès pour la Porsche 962C de Reinhold Joest 962C pilotée par Bob Wollek et Frank Jelinski. En ce mois de mai, cela faisait presque deux ans qu’un produit de Weissach n’avait pas remporté une course du championnat du monde (Richard Lloyd Racing avec Mauro Baldi et Jonathan Palmer au Norisring 1987) !

Pourtant, en face, il y a du beau monde à commencer par les deux Sauber C9, la #61 de Kenny Acheson et Mauro Baldi et la #62 de Jean-Louis Schlesser et Jochen Mass qui signe la pole position en 1 min 07 s 275. Il y a aussi deux Jaguar XJR9, la #1 de Patrick Tambay / Jan Lammers et la #2 de John Nielsen / Andy Wallace. On peut aussi compter sur une Nissan R89C (Julian Bailey / Mark Blundell), une Toyota 88C (Johnny Dumfries / Geoff Lees), une Mazda 767 confiée à Pierre Dieudonné et David Kennedy et une Aston Martin AMR1 pour Brian Redman et David Leslie.

@Aston Martin

Il ne faut pas non plus oublier toutes les Porsche 962C privées : deux Brun Motorsport, une autre Joest, une Kremer Racing, une Richard Lloyd Racing, une Obermaier Primagaz, une Swiss Team Salamin, etc… Elles sont confiées à des pilotes expérimentés comme Oscar Larrauri, Claude Ballot-Léna, Derek Bell, Jurgen Lassig, Tiff Needell, etc… En tout, 36 voitures sont au départ !

Comme précisé, Jean-Louis Schlesser décrcohe la pole et le deuxième temps est à mettre à l’actif de la Toyota 88C Team Tom’s qualifiée par Johnny Dumfries. Baldi est troisième, Wollek quatrième et Bell cinquième sur la Porsche 962C GTi RLR. Les Jaguar ne sont que 6e et 8e.

La course est lancée et, très vite, on se retrouve avec un duel entre marques de Stuttgart, Porsche contre Mercedes. Au début, Schlesser et Baldi prennnet cinq secondes d’avance, Wollek stabilise l’écart puis commence à remonter sur les Sauber. Le premier signe de faiblesse des Sauber apparait lorsque Schlesser se laisse distancer par son coéquipier et est dépassé par la Porsche à son tour. Au 24e tour, et avant la demi-heure, Wollek est passé en tête.

Les trois voitures allemandes s’éloignent et finissent par dépasser les autres. Bailey et Blundell occupent la quatrième place, jusqu’à ce que leur Nissan ne perde son pare-brise, devant Derek Bell et Tiff Needell dans la Porsche RLR, la Toyota et les deux Jaguar.

A mi-course, il n’y a que quatre secondes d’écart entre Jelinski, Acheson et Mass, mais l’avantage d’Acheson a été annulé et se transforme même en déficit de 20 secondes  lorsque lors d’un pit-stop, il est bloqué dans l’étroite voie des stands de Dijon par la Porsche 962C d’Almeras qui a calé. Bob Wollek peut alors s’échapper dans son dernier relais. Au volant de cette 962C, un ancien châssis d’usine (011), les deux hommes signent une superbe victoire à Dijon, la troisième en trois courses pour l’équipe Joest à ce moment là (avec la Supercup).

Les deux Mercedes Sauber franchissent la ligne avec 38 secondes de retard, Schlesser étant 2e. Les Mercedes Sauber ont eu de grosses difficultés avec leurs pneus lors de cette journée chaude, les Michelin arrière perdant de l’adhérence après une douzaine de tours. Cela n’a pas empêché Mauro Baldi (#61) de s’emparer du meilleur temps en course en 1 min 11 s 739. Cela ne doit pas faire oublier les performances exceptionnelles de Bob Wollek et Franck Jelinski car leur Porsche, équipée de pneus Goodyear, a été la meilleure voiture de la journée et elle a été la seule auto à battre les « Flèches d’argent » de toute la saison 1989, un exploit pour une voiture qui souffrait depuis plusieurs temps face à des adversaires plus « jeunes ».

La Toyota 88C de Dumfries et Lees s’empare de la quatrième place devant la Porsche 962 GTi de RLR (Derek Bell et Tiff Needell) à trois tours. La Cougar C22S de Pascal Fabre et Jean-Louis Bousquet finit 6e. Quant aux Jaguar, elles n’ont pas terminé et souffriront une mois plus tard aux 24 Heures du Mans, perdant ainsi sa couronne de 1988.

Sauber Mercedes aura sa revanche l’année suivante en signant le doublé aux 480 km de Dijon 1990. La Mercedes-Benz C11 #1 de Jean-Louis Schlesser et Mauro Baldi l’emporta devant la voiture sœur, la #2 de Jochen Mass et d’un certain Michael Schumacher. La Nissan R90CK #23 de Julian Bailey et Mark Blundell compléta le podium.

À noter que Michael Schumacher, alors âgé de 21, décrochait son premier podium dans une compétition automobile internationale. En 2021, les prototypes du Groupe C reviennent à Dijon-Prenois dans le cadre de l’Age d’Or…

Photos : Peter Auto