Le 13 est au départ, Le Fantôme des 24 Heures et Rébellion

@Laurent Chauveau

Jean Graton a émerveillé plusieurs générations de petits et grands lecteurs de bande dessinée à travers Michel Vaillant. Le papa du héros de course automobile nous a quittés ce jeudi 21 janvier 2021 à Bruxelles. Il était né le  à Nantes, la même année que les 24 Heures du Mans, épreuve qu’il aimait tant. Afin de lui rendre hommage, Endurance-Classic s’est penché sur les autos qui ont un jour porté les couleurs « Vaillante » en réel…

Michel Vaillant, ce sont plus de 70 albums depuis le premier « Le Grand Défi » en 1959. Le personnage est, lui, né deux ans plus tôt avec une première apparition dans le « Journal de Tintin », dans une histoire courte en quatre planches intitulée La 24e Heure. Afin d’être le plus proche de la réalité et de rendre ses BD les plus véridiques possibles, Jean Graton aimait assister aux courses partout dans le monde. Il prenait des notes, des photos, accumulait des documents, discutait avec les pilotes, se liant d’amitié avec certains tout comme des team manager ou des responsables des différents circuits et championnats.

@Facebook Michel Vaillant

Plus d’une dizaine d’albums ont eu lieu, en partie ou en totalité, aux 24 Heures du Mans,
comme « Le Grand défi », « Le 13 est au départ », « Le Fantôme des 24 Heures », « 24 Heures sous influence » (le dernier de la saison 1 de la série), publié il y a 14 ans. Cependant, parfois la réalité a rattrapé la fiction et les 24 Heures du Mans ont été associées à trois reprises à l’œuvre de Jean Graton.

En 1997, c’est Yves Courage, ami du dessinateur, qui a le premier mis l’une de ses autos aux couleurs « Vaillante ». Il s’agit d’une C41 qu’il engageait sous le nom de Courage Compétition. Elle est pilotée par Didier Cottaz, Jérôme Policand et Marc Goossens. C’est la seule C41 au départ et et elle reçoit un flat 6 Porsche. Elle se qualifie 5e sur la grille de départ avec un temps de 3:47.662. En course, elle est régulièrement dans le top 10, mais est victime de mystérieuses coupures électroniques durant la 8e heure qui la relègue à la 18e position. Mais elle va remonter au classement après avoir trouvé un « remède miracle » comme le raconte Jérôme Fougeray qui travaillait chez Courage Compétition à cette époque. « La voiture est restée bloquée près d’une heure dans le box avec des problèmes électroniques et ce sont les physiothérapeutes, grâce aux sprays refroidissants utilisés pour les muscles, qui sauveront la mise de cette voiture. En effet, depuis la mi-course, le démarreur est mal en point. A chaque ravitaillement, un petit coup de spray et la voiture repartait ». Au final, les trois pilotes amènent la #13 au 4e rang (2e des LMP).

En 2002, une Vaillante est à nouveau « engagée » mais hors-classement cette fois-ci. En effet, les 24 Heures du Mans servent à nouveau de cadre à un film après « Le Mans » de Steve McQueen. Cette fois ci, ce sont pour les besoins du film « Michel Vaillant » de Louis-Pascal Couvelaire et produit par Luc Besson (qui donnera le départ cette année là). Deux voitures sont alignées pour le film : une Lola B98-10 #10 bleue pour Emmanuel Clérico, Philippe Gache et Michel Neugarten, qui représente l’équipe Vaillante, et une Panoz LMP-1 Roadster-S rouge qui joue le rôle de l’ennemie de toujours, la Leader. Elle était confiée à Jérôme Policand, Marc Duez et Perry McCarthy. Sur les deux autos, couvées par la structure française Dams, la Leader abandonne sur une panne de transmission et la Vaillante termine non classée. A noter que deux stands supplémentaires avaient été construits pour l’occasion et que la voiture utilisée pour effectuer le circuit à l’aveugle de nuit dans le film est une Pagani Zonda S avec quelques badges Vaillants.

@Laurent Chauveau

La dernière apparition (avant 2023 ?) d’une Vaillante aux 24 Heures du Mans date de 2017. Deux « Vaillante Rebellion », des châssis ORECA 07 à moteur V8 Gibson, sont engagées par l’équipe suisse Rebellion Racing. Elles portent les numéros 13 (symbole fort dans l’histoire de Michel Vaillant et dans l’univers du sport automobile) et 31. Elles roulent en catégorie LMP2. C’est la première fois qu’on note une apparition simultanée entre la BD (cela correspond à la sortie de l’album « Rebellion ») et la réalité.

La #13 de Nelson Piquet, Jr., David Heinemeier Hansson et Mathias Beche termine 3e des des 24 Heures du Mans 2017 et 2e des LMP2. Cependant, un trou fait dans la coque sur le côté droit pour accéder au démarreur (qui avait émis des signes de faiblesse) est signe de disqualification. La #31 de Nicolas Prost, Julien Canal et Bruno Senna franchit la ligne d’arrivée à la 16e place au général, 14e des LMP2.

@Arnaud Cornilleau / ACO

D’autres « vraies » Vaillante dans diverses courses…

Plusieurs autres véritables Vaillantes ont pris la piste. La Vaillante Grand Défi, un modèle de voiture imaginé par Jean Graton, a été réalisé à seize exemplaires. Elle est réalisée sur la base d’une barquette Hommell et utilise la mécanique d’une Peugeot 306 S16. Elles prennent part à des courses amateurs.

La première trace d’une équipe Vaillante officiellement engagée sur toute une saison, remonte à 1988. Cette année-là, l’écurie belge Sport Auto Racing aligne des F3000 dans le championnat international pour Fabien Giroix, Jean-Denis Deletraz et Michel Ferté sous la bannière d’un team Vaillant. L’aventure donnera lieu à l’album «F3000».

Durant la saison 2012 du WTCC (championnat du monde des voitures de tourisme), la Chevrolet Cruze du Suisse Alain Menu arbore les couleurs de Vaillante à Portimao et cela lui porte chance puisqu’il gagne la Course 2. C’étaitt ainsi l’occasion de promouvoir le lancement de la nouvelle saison de Michel Vaillant.

En 2015, les anciens pilotes de Formule 1, Timo Glock et Alessandro Zanardi, ainsi que le champion DTM 2012, Bruno Spengler, se partagent le volant d’une BMW Z3 décorée « Michel Vaillant» aux 24 Heures de Spa-Francorchamps. Cette déco avait été confiée au studio Graton qui avait repris l’emblématique onomatopée « Vrooaarr » pour l’installer sur les flancs, un dessin représentant les trois pilotes était aussi présent sur le capot avant. Cette Z3 était spécialement adaptée au handicap du pilote italien. Les trois hommes ont terminé 25e.

@BMW Motorsport

En 2016, Tiago Monteiro et Jean-Louis Dauger (directeur de la marque et du développement de Michel Vaillant) pilotent une Honda Civic TCR-Art Car sur l’épreuve de Zandvoort, dans le championnat du Benelux (10e). Lors du Grand Prix de Macao 2018, la Formule 3 de Sacha Fenestraz est aux couleurs « Vaillante » (via l’équipe Carlin). Le Français monte sur la 3e marche du podium à l’issue de la course.

@Facebook Michel Vaillant

A noter que la Courage « Vaillante » des 24 Heures du Mans 1997 se trouve au Manoir de l’Automobile à Lohéac.

@Laurent Chauveau
@Laurent Chauveau
@Laurent Chauveau

Jean Graton s’est éteint, mais on peut espérer que son œuvre et sa passion perdureront. On peut garder espoir comme le montre cette photo prise aux 24 Heures du Mans (photo Facebook officiel Michel Vaillant) de ce petit garçon avec un casque Vaillant !