L’abécédaire des 24 Heures du Mans 2009, de M à Z…

M comme Minassian : si Pedro Lamy a bouclé le premier tour en tête, il n’est pas le seul pilote de la Peugeot 908 HDI n°7 à avoir attiré l’attention. Nicolas Minassian s’est en effet adjugé le meilleur tour en course, le marseillais réussissant un chrono de 3’24″352, à la plus que respectable moyenne horaire de 240,097 km/h. Minass’ n’est peut-être pas le pilote le plus médiatique, mais ce n’est certes pas le moins rapide, loin de là.

M comme Michelin : le manufacturier français a réalisé le grand chelem au Mans, en équipant les vainqueurs des quatre catégories, grâce à la Peugeot 908 n°9, la Porsche RS Syder n°31 du Team Essex, la Corvette C6.R n°63 du Corvette Racing et la Ferrari F430 GT n°82 du Risi Competizione. Remarquable résultat pour la firme de Clermont-Ferrand. La Porsche RS Spyder Essex remporte en outre le Michelin Green X Challenge dont elle portait d’ailleurs les couleurs.

M comme Magnussen : Jan Magnussen a remporté son quatrième succès au Mans, en GTS et en GT1, ces quatre victoires ayant été acquises au sein du Corvette Racing, mais à une différence près : alors que les trois victoires précédentes avaient eu pour coéquipier les Ollies, Oliver Gavin et Olivier Beretta, celui-ci a eu Antonio Garcia et Johnny O’Connell comme compagnons.

N comme NAVI Team Goh : longtemps au coude à coude avec l’autre Porsche RS Spyder du Team Essex qui allait remporter la catégorie LMP2, la Porsche n°5 a été l’une des dernières à abandonner alors que la deuxième place en LMP2 était assurée. Seiji Ara, le vainqueur des 24 Heures 2004, sortait violemment de la piste à un peu plus d’une heure seulement au poste 42, avant la fameuse première chicane des Hunaudières, théâtre de bien des drames de cette 77ème édition. Seiji Ara en sortait indemne, au contraire de la Porsche.

O comme Oreca : nous sommes presque sûrs que Hugues De Chaunac aurait signé avant la course pour la cinquième place de l’ORECA n°11, même si il aurait certainement aimé devancer la Lola Aston Martin n°007. Olivier Panis, Nicolas Lapierre et Soheil Ayari ont fait une course quasiment sans problèmes. Ce résultat prouve la compétitivité de l’ORECA AIM et apporte de l’eau au moulin de Hugues de Chaunac qui plaide pour une redistribution des cartes afin que chacun puisse disputer ses chances. Cette cinquième place met également un baume sur les plaies causées par l’abandon du trio Ortelli/Senna/Monteiro. Si les prochaines décisions de l’ACO vont dans le sens souhaité par le patron d’ORECA, ses voitures pourront se battre pour la victoire avec des chances réelles, sinon on pourrait bien ne pas les revoir l’an prochain….

O encore comme OAK Racing, Team Mazda France : pour la deuxième année consécutive, le team de Jacques Nicolet est sur le podium des LMP2, après la troisième place de 2008 avec la Pescarolo Judd engagée sous la bannière du Saulnier Racing derrière les deux Porsche RS Spyder. Cerise sur le gâteau, Jacques Nicolet lui-même est sur le podium, en compagnie de Richard Hein et de Jean-François Yvon. L’équipage le plus âgé de l’épreuve a fait une course sobre, sans faire de faute et en respectant leur tableau de marche. Belle récompense pour une équipe qui a beaucoup travaillé pendant l’intersaison, en remplaçant le moteur Judd par un moteur Mazda sur le châssis Pescarolo, avec le soutien actif de Mazda France et de Mazda USA (John Doonan, le responsable de la compétition de Mazda North of America, a suivi la course d’OAK Racing, et bien évidemment le podium a une grande signification pour Mazda).

P comme Peugeot évidemment : un an après la désillusion de la 76ème édition, l’équipe Peugeot Sport a connu les joies de la victoire, avec un prime le doublé pour les 908 n°9 et n°8. Le team a su tirer les leçons des erreurs passées et a réussi à mettre un terme à l’hégémonie d’Audi au Mans. Dominatrices durant les qualifications, les 908 HDI FAP l’ont également été en course et, sans l’incident au début de la Peugeot n°7 et le crash de la Peugeot « Pescarolo » n°17, on peut même penser qu’un quadruplé aurait été possible. Mais ne boudons pas notre plaisir, le résultat est déjà magnifique.

P comme Porsche également : l’édition 2009 a été contrastée pour le constructeur allemand avec la victoire en LMP2 pour la Porsche RS Spyder du Team Essex, mais une cuisante défaite, on peut même parler de déroute, en GT2. En LMP2, comme on s’y attendait au vu des qualifications, les RS Spyder ont été dominatrices, malgré l’opposition des Lola, et seule une sortie de route de Seiji Ara a privé Porsche d’un doublé comme en 2008. Mais que dire de la catégorie GT2, naguère encore fief réservé de la firme de Stuttgart. Aucune Porsche ne figurera au palmarès de la catégorie, puisque la 997 RSR n°75 de l’Endurance Asia Team, seule Porsche GT2 à passer sous le drapeau à damiers, n’a pas été classée, ayant parcouru une distance insuffisante. Sauf erreur, l’événement est historique. Si l’abandon de la Porsche de Flying Lizard est la conséquence d’une sortie de piste, les quatre autres Porsche ont dû abandonner sur des problèmes mécaniques inhabituels pour la marque qui doit réagir au plus vite.

P comme Pescarolo : la semaine sarthoise avait commencé sous les meilleurs auspices pour l’équipe d’Henri Pescarolo. Jean-Christophe Boullion, auteur du quatrième chrono jeudi soir. Le début de course de la 908 n°17 était de la même veine jusqu’au premier ravitaillement où la #17, qui rentrait au stand, touchait la Peugeot n°7 qui repartait du sien, faisant perdre un temps précieux à celle de Pescarolo Sport. Jean-Christophe Boullion, Simon Pagenaud et Benoît Tréluyer regagnèrent ensuite du terrain méthodiquement jusqu’à la quatrième place avant l’accident de du dernier cité après quatre heures du matin, alors que le podium était envisageable. La Pescarolo Judd n°16 était partie avec l’espoir de remporter la catégorie virtuelle des prototypes « essence », mais le rythme des Lola Aston Martin était trop élevé et quelques petits ennuis minimes ne lui permirent pas de lutter jusqu’au bout avec l’Oreca #11, avec qui elle avait longtemps croisé le fer. Le début de course avait été superbe, la Pescarolo se maintenant en septième position pendant les cinq premières heures pour finalement décrocher une belle huitième place qui ne satisfait certainement pas Henri Pescarolo cependant.

Q comme Quesnel : Olivier Quesnel est également le grand gagnant de ces 24 Heures du Mans 2009. Il a parfaitement dirigé la campagne mancelle et ajouté sa griffe personnelle à celles du Lion Peugeot, agissant en véritable patron. Main de fer dans un gant de velours, sa détermination et ses prises de décision tout au long de la semaine mancelle ont été impressionnantes, tant au plan purement sportif, pour sa large contribution à la victoire Peugeot, que sur le plan politique, ses prises de position par rapport à la conformité de l’Audi R15 ayant été réactives et sans équivoque.

R comme Risi Competizione : l’équipe de Giuseppe Risi avait clairement annoncé la couleur avant les 24 Heures. Après le succès en GT2 de 2008, elle voulait récidiver cette année. Mission accomplie, le trio Jaime Melo/Pierre Kaffer/Mika Salo remportant un succès indiscutable, le deuxième d’affilée pour Melo et Salo, le premier pour Kaffer. Cette victoire est d’autant plus méritoire qu’elle n’a pas été acquise dans la facilité, tant le combat a été âpre dans la catégorie GT2, avec notamment un départ de folie, six voitures étant groupées en six secondes après une heure de course et cinq en moins d’une minute au bout de deux heures. La Ferrari Risi a su contenir l’offensive Porsche de début de course, s’est installée au commandement au terme du premier quart de la course et n’en a plus été délogée. Le succès de la Ferrari n°82 est complété par la troisième place dans la catégorie de la Ferrari n°83, la Ferrari Risi/Krohn, Tracy Krohn réalisant un deuxième podium après celui de 2007, lui faisant ainsi oublier sa déconvenue de 2008.

R aussi comme Réclamation, celle que le Team Peugeot-Total a déposée concernant la conformité des trois Audi R15. Elle a été rejetée par l’ACO, il appartiendra donc désormais à la FIA, auprès de laquelle Peugeot a fait appel, de décider de la validité de cette réclamation, permettant ainsi d’officialiser définitivement le classement de ces 24 Heures du Mans.

S comme Sarrazin : Stéphane Sarrazin a rejoint Jacky Ickx en s’adjugeant une troisième pole position consécutive au Mans. En 3’22″888, il reléguait l’Audi R15 n°1 d’Allan McNish à près de huit dixièmes de seconde pour un magnifique hat-trick. Le record de quatre victoires l’année prochaine.

S comme Spyker : pour la première fois, une Spyker figure au classement. Présente dans la Sarthe depuis 2002, à l’exception de 2004, la firme néerlandaise courait après une arrivée au Mans. C’est désormais chose faite, avec en prime une belle cinquième place pour Bleekemolen/Coronel/Janis dans une catégorie très relevée, riche de dix-sept voitures sur la grille de départ. L’histoire retiendra que Spyker a devancé Porsche. La C8 Laviolette a fait une course sans problèmes, respectant à la lettre son tableau de marche.

T comme Tréluyer : Benoît nous a causé la grande frayeur du week-end. La violence du crash de la Peugeot n°17 du Pescarolo Sport nous a fait craindre de mauvaises nouvelles pour la santé du pilote alençonnais. Fort heureusement, il n’en a rien été et le public a été rassuré rapidement sur son intégrité physique, ce qui était bien évidemment l’essentiel. En revanche, la 908 HDI a été totalement détruite, alors que Tréluyer, Pagenaud et Boullion pouvaient légitimement prétendre au podium. Benoît va se remettre en selle dès ce week-end en Malaisie à Sepang en SUPER GT et espérons que son résultat de dimanche prochain lui fera oublier son week-end manceau.

U comme Ullrich : le Dr Wolfgang Ullrich, serein durant la semaine pendant la tempête suscitée par la réclamation de Peugeot, ravi du bon coup joué avec Allan McNish durant les tout derniers instants de la séance d’essais libres du mercredi pour décrocher le meilleur chrono honorifique, a reconnu sportivement la défaite avec la classe qu’on lui connaît. Le patron d’Audi Motorsport a donné rendez-vous à l’année prochaine pour une nouvelle tentative. On peut être certain qu’il saura corriger les erreurs du programme 2009 pour rendre la R15 plus compétitive encore en 2010.

V comme Vantage : l’Aston Martin Vantage GT2 n’a pu réaliser le souhait de Paul Drayson de rallier l’arrivée. Peu avant 13 heures, Jonny Cocker était contraint de stopper l’Aston Martin n°87 de Drayson Racing qui ne put malheureusement repartir en raison de problèmes électriques rédhibitoires. La Vantage avait tout d’abord été victime d’une crevaison dès le début de course puis peu après la mi-course s’arrêta longuement au stand pour changer l’alternateur. Ce n’est donc pas pour cette fois qu’un authentique ministre, Lord de surcroît, sera à l’arrivée, mais on peut faire confiance à Paul Drayson pour renouveler l’expérience l’an prochain.

W comme Wurz : Alexander Wurz remporte sa deuxième victoire au Mans après s’être imposé pour sa première participation en 1996 avec une TWR Porsche Joest et après sa cinquième place de l’année dernière avec la Peugeot 908 n°8, associé à Pedro Lamy et Stéphane Sarrazin. Trois courses au Mans, deux victoires et un Top 5, difficile de trouver un meilleur ratio. Pourtant, il est question le grand autrichien monte son propre team de F1…Il était en tout cas ravi de sa victoire et très sûr de lui à l’issue de la course.

X comme le nombre impressionnant d’inconnues qui ont été levées après l’arrivée de ces 24 Heures 2009 et comme le nombre encore plus impressionnant d’inconnues et d’hypothèses par rapport à l’édition 2010 dont la date n’est même pas encore fixée !

Y comme Yvon : Jean-François Yvon, pour sa dixième participation à la course mancelle, en terminant troisième de la catégorie LMP2, a retrouvé le chemin du podium alors qu’il avait remporté la victoire en Groupe B pour sa première course en 1984 avec une BMW M1, associé à Pierre De Thoisy et Philippe Dagoreau. Jean-François Yvon était probablement le seul pilote de l’édition 2009 à avoir couru sur les Hunaudières sans les deux chicanes actuelles!

Z comme Zwolsman : avec un nom commençant par Zw, difficile de conclure autrement cet abécédaire. Avant le départ, Charles Zwolsman était considéré par de nombreux observateurs comme le maillon faible du Team Kolles. Sa prestation en course a fait revoir leur copie à beaucoup d’entre eux. Le forfait inopiné de Narain Karthikeyan l’a en effet contraint à disputer l’épreuve seul avec André Lotterer. Zwolsman a parfaitement accompli sa part de travail, le duo de l’Audi R10 n°14 terminant à la septième place, deuxièmes des cinq Audi en départ. Sans le changement de la boîte de vitesses, le Top 5 qu’ils ont momentanément occupé était même possible…