La Ferrari 550 GTS Maranello, châssis #08, reprend la piste…

Steve Zacchia, pilote Care Racing, a roulé il y a peu dans une Ferrari 550 GTS Maranello. Jusque là, rien d’extraordinaire, mais cette dernière est un peu spéciale car elle a signé la pole position de l’édition 2004 des 24 Heures du Mans avec un Tomáš Enge au sommet de son art. Cette auto (châssis #08) était aussi pilotée par Peter Kox et Alain Menu, soit un trio de choc. Retour sur cette belle histoire et sur cette auto mythique qu’est la F550.

Le Suisse a eu la chance de pouvoir piloter des F550 lorsqu’elles étaient en activité. Il est revenu sur la gestion de cette auto. « J’ai une très bonne relation avec la famille Dor, » déclare Steve Zacchia. « Ils sont les propriétaires de toutes les Ferrari 550 GTS Maranello (on doit la Ferrari 550 GTS Maranello à la famille Dor qui a missionné Prodrive pour construire une GTS, ndlr). C’est d’ailleurs Frédéric Dor qui a eu l’idée folle, mais belle, de faire cette voiture avec un financement personnel. Son frère, Yves-Emmanuel gérait à l’époque toutes les voitures au niveau des locations dans les équipes privées et ainsi de suite. Il est toujours présent. »

Nous avions d’ailleurs rencontré Yves-Emmanuel Dor à Le Mans Classic 2018 où il était revenu sur la genèse des 550. « Tout est parti d’une discussion avec Stéphane Ratel, Jean-Denis Deletraz, Fabien Giroix et Frédéric (son frère). Il y avait une vraie volonté de faire rouler une Ferrari en GT. Les quatre ont souhaité passer commande de Ferrari chez Italtecnica. Finalement, Frédéric n’a pas donné suite et les autos n’ont jamais été récupérées. On a dû trouver un tuner pour développer une version compétition et Ferrari ne voulait pas entendre parler de GTS car, pour eux, seule la 360 comptait. Une proposition a alors été faite à Prodrive pour la construction de châssis et l’aventure est partie… »

Depuis, la Ferrari 550 GTS Maranello a accumulé les titres et les victoires de prestige comme les 24 Heures du Mans ou les 24 Heures de Spa. Plus de dix ans plus tard, Steve Zacchia continue de les faire rouler soit en course historique soit lors de déverminage comme il l’explique « Au moment où les 550 roulaient (12 châssis produits), aucune n’avait été vendue sauf celle qui courait au Japon car c’était trop compliqué par rapport aux règlements japonais, aux modifications à faire. En 2016, Yves-Emmanuel Dor m’a téléphoné pour savoir si j’étais intéressé pour piloter le châssis #05 avec lequel j’avais beaucoup roulé en compétition et été champion Le Mans Series en 2004. J’avais hésité car j’ai eu un grave accident de la route en 2013. Mais il m’avait dit que c’était juste un déverminage car elle allait être vendue à un collectionneur américain, j’y suis donc allé. Cela m’a amené à être plus ou moins un pilote Care Racing et je suis donc en charge des déverminages de toutes les 550 Maranello. Pour le moment, il y en a trois qui ont été vendues, je ne compte pas celle du Japon. En 2015, le châssis #05, une autre en 2018 et le châssis #08 il y a quelques mois. »

Le pilote suisse, dont nous proposerons un grand portrait un peu plus tard, retrace l’histoire du châssis du jour, le #08, qu’il a déverminé il y a peu. « Lorsque elle est venue en Sarthe en 2004, il s’agissait de sa première course. Après sa pole position aux 24 Heures du Mans, elle a terminé 4e de la catégorie GTS. »

En 2005, elle a roulé en FIA GT aux mains de Gabriele Gardel et Pedro Lamy. Je connais bien cette auto car c’était la sœur jumelle du châssis #05, celui avec lequel j’ai été champion Le Mans Series en 2004. Je l’ai aussi piloté en 2005, 2006 et 2007 quand j’étais chez Larbre Compétition. Pour en revenir à la #08, elle a aussi disputé les 24 Heures de Spa 2005 (#11) avec Kurt Mollekens, Vincent Vosse, Gabriele Gardel et Christophe Bouchut où elle a fini 3e de la course.

Elle a ensuite refait les 24 Heures du Mans en 2006 toujours sous les couleurs Larbre Compétition (#50, photos ci-dessous) avec Gabriele Gardel, Patrick Bornhauser et Jean-Luc Blanchemain (abandon souci d’embrayage). Elle a fini sa carrière avec l’équipe ACA Argentina, avec Larbre Compétition en soutien je crois (avec José Maria Lopez, entre autres, comme pilote ndlr). Elle a fait aussi une manche FFSA en 2008 à Magny Cours.

 Depuis, elle a été complètement restaurée et repeinte. La première fois que je l’ai eue en main sur le circuit du Grand Sambuc, elle était sans déco lors du déverminage, toute rouge. 

La seconde fois, je l’ai repilotée une semaine plus tard au Castellet. Cette fois-ci, elle était avec sa livrée 24 Heures du Mans 2004. C’est le choix du nouveau propriétaire d’avoir cette décoration là. »

Steve Zacchia est, on peut le dire, un pilote chanceux car avoir la possibilité de remonter dans cette auto n’a pas de prix« C’est une voiture mythique ! Pour moi, la 550 GTS est une voiture légendaire tout comme la 333 SP. Elle fait partie de la meilleure période du FIA GT. Avoir la chance de rouler à nouveau dans cette auto est quelque chose de fabuleux, c’est un grand plaisir. C’est une voiture de course historique. Rentendre le V12 hurler, c’est prenant, fabuleux et ça fait dresser les poils (rire) ! C’est dingue aussi les retours que l’on peut avoir sur les circuits car tout le monde se rappelle de cette voiture… »