La Citroën C4 Roadster : la passion du Mans de trois amis…

Une seule Citroën a disputé les 24 Heures du Mans. La C4 Roadster, pilotée par les français Henri de la Sayette et Charles Wolf, a participé aux 24 Heures du Mans 1932. Malheureusement, elle abandonna au bout de trois tours de course en raison de problèmes électriques, Henri de la Sayette n’ayant donc pas pris le volant en course.

Depuis, aucune Citroën n’a couru lors des 24 Heures du Mans. Pourtant, cette C4 Roadster devient une habituée du circuit manceau puisque depuis 2010 elle participe à toutes les éditions du Mans Classic (ci-dessous, en 2014).

La britannique Antonia Loysen, une amoureuse de Citroën, qui a même couru avec des monoplaces MEP, avait racheté cette C4 Roadster dans un piteux état et l’avait remise en état -le châssis étant celui de 1932, révisé bien sûr-. Elle l’engagea lors du Mans Classic en 2010, avec comme copilote une autre britannique, Celia Stevens. La C4 Roadster fut plus vaillante qu’en 1932, puisque elle fut à l’arrivée des quatre courses.

Antonia Loysen a ensuite vendu sa Citroën aux enchères et celles-ci ont été emportées par quatre amis : Paul Wybrow, Mike Robinson, Gary Weston et Martin Doherty, les quatre hommes ayant acquis conjointement la C4 Roadster.

Nous avons rencontré les pilotes de cette Citroën dimanche matin et ils nous en dit un peu plus…

Pourquoi avez-vous acheté une voiture française alors que vous aviez un important choix de voitures anglaises ?

« C’est un peu le hasard. Nous voulions vraiment courir au Mans, notre passion, et donc faire Le Mans Classic. Antonia Loysen, que nous ne connaissions pas, a mis la voiture en vente aux enchères et nous l’avons achetée à nous quatre et nous l’avons fait courir au Mans Classic depuis 2012. Antonia est d’ailleurs venue avec nous en 2012 pour nous apporter son assistance technique et sa connaissance de la voiture.  Après 2012 , Mike Robinson s’est retiré de l’aventure et nous avons continué à trois.»

Comment est la voiture ?

« C’est une voiture très fiable, mais il faut la respecter, car elle n’est plus toute jeune. C’est un peu notre grand-mère ! »

Comment se sont passées les courses ?

« Très bien, il y avait trois courses. Nous avons fait chacune d’entre elles à deux pilotes, et comme nous étions trois, nous avons donc fait deux courses chacun. Le seul problème, c’est que la voiture n’est pas très puissante, avec un moteur 4 cylindres de 1539 cm3 et que la vitesse de pointe est de 70 miles/h (un peu plus de 110 km/h). »

Vous aviez un objectif cette année ?

« Oui, évidemment, être à l’arrivée de chacune des courses, mais ça nous l’avions déjà fait. Nous nous étions fixé un challenge : faire le meilleur tour en course de la C4 et descendre sous les neuf minutes au tour…

Et nous l’avons fait tous les trois : 8.50.636, 8;52;717 et 8.54 .255 !! Alleluia ! » (c’est sûrement ce qui explique la présence des deux bouteilles de Champagne sur la voiture, ndlr!).

Sur le tableau de bord, vous avez inscrit 80 km/h, est-ce à cause des nouvelles limitations de vitesse en France ?

« Non, pas du tout. Comme vous le voyez, c’est une voiture ancienne, et il n’y a donc pas de limiteur de vitesse automatique.

Comme la vitesse est limitée à 80 kmh sur la pitlane, c’était un bon moyen d’y penser . »

Vous pourriez courir à Goodwood ?

« Non, c’est compliqué. Par contre, nous reviendrons sûrement au Mans Classic dans deux ans. C ‘est un vrai plaisir. We will be back ! »