La BRM P351, chronique d’un échec annoncé (part 1) : Le Mans 1992, première tentative !

B.R.M ou British Racing Motors est une ancienne écurie de sport automobile britannique qui a principalement été présente en Formule 1 de 1951 à 1977. Egalement constructeur, BRM a remporté le titre mondial Constructeur et Pilotes avec Graham Hill en 1962. Son premier succès en Grand Prix a été signé en 1959 avec Joachim Bonnier en Hollande et le dernier trophée de B.R.M remonte à 1972 avec un certain Jean-Pierre Beltoise au prestigieux Grand Prix de Monaco. En tout, on compte 17 victoires en Grand Prix pour la marque britannique.

Mais on a pu voir la constructeur outre-manche aux 24 Heures du Mans à plusieurs reprises. La première trace de BRM en Sarthe remonte à 1963 et le développement, avec Rover, d’un châssis tubulaire BRM pouvant accueillir une turbine Rover (140/150 chevaux). Cependant, l’auto est présente en course, mais hors classement car elle ne dispose pas d’échangeur de chaleur et sa consommation de kérosène dépasse les limites fixées par le règlement. Du coup, elle est forcée de partir 30 secondes après le départ officiel, mais la Rover BRM de Graham Hill et Richie Ginther fait une course solide, termine et aurait même pu se classer 7e… Deux ans plus tard, la voiture revient toujours pilotée par Graham Hill avec cette fois-ci Jackie Stewart. Munie d’un échangeur et intégrée à la catégorie 2 litres, la #31 peut officiellement participer à la course et se classe 10ème !

BRM est de nouveau là en 1966, mais en tant que fournisseur de moteur pour les Matra 620, il s’agit de 8 cylindres de 2 litres. Cependant, aucune des trois autos engagées ne voit l’arrivée. On remet cela du côté de Matra Sports en 1967 (notre photo) toujours avec ce moteur BRM qui équipe les deux Matra 630. Mais, encore une fois, aucune ne voit la ligne d’arrivée, l’une étant même obligée de se retirer sur problèmes… moteur ! Equipée par des moteurs Matra à partir de 1968, les autos bleues ne sont plus propulsées par BRM.

@Flickr the Henry Ford

On revoit pour la dernière fois un moteur BRM en 1969. Le 8 cylindres équipe la barquette britannique Nomad. Elle est pilotée par Mark Konig et Tony Lafranchi, mais abandonne à la 4e heure. On ne reverra plus de moteur BRM ni de voitures BRM avant le début des années 1990.

La Nomad à Le Mans Classic 2016

En 1990, un accord est conclu entre l’entrepreneur John Mangoletsi et la famille d’Alfred Owen, fondateur de British Racing Motors, qui a conservé les droits de dénomination de l’entreprise. Le premier cité se tourne ensuite vers Paul Brown, l’ancien ingénieur en chef de Zakspeed, pour concevoir une voiture capable de rouler en Championnat du Monde des voitures de sport. Un châssis de sport-prototype monocoque en carbone est fabriqué par la firme d’ingénierie Courtaulds et peint en vert métallisé avec le nez orange, couleurs traditionnelles de BRM. La cylindrée des moteurs étant désormais limitée à 3,5 litres en 1992 et les turbos étant bannis, un moteur est conçu par Graham Dale-Jones sur la base du vieux V12 Weslake. Il est construit par la société JHS de Terry Hoyle et développe 626 chevaux.

Après près de 15 ans d’inactivité, BRM présente sa P351 officiellement en novembre au Science Museum de Londres tout comme le design de la Supercar P401 qui sera propulsée par un V12 de 4 litres dérivé de celui du proto (mais qui ne verra jamais le jour). Les premiers tests sont fait à Snetterton. Pas prête pour la manche d’ouverture du championnat à Monza, fin avril, le proto britannique fait ses débuts aux 500 km de Silverstone en 1992, deuxième manche du championnat du monde de voitures de sport. Elle est pilotée par Wayne Taylor et Harri Toivonen. La voiture part de la dernière position sur la grille suite à des soucis de batterie et d’alternateur, les organisateurs l’acceptant car le plateau est déjà réduit à une peau de chagrin, 11 voitures ! Malheureusement, la voiture connait d’autres problèmes le dimanche. Lors du warm-up, la pompe à huile lâche et la voiture ne peut même pas prendre le départ de la course.

@DR

L’équipe se rend ensuite aux 24 Heures du Mans où Richard Jones rejoint le duo Wayne Taylor / Harri Toivonen. La voiture connait des problèmes de transmission pendant les essais et seul, Wayne Taylor, établit un temps. L’ACO n’étant là non plus en situation de faire la difficile sur cette auto, elle autorise la BRM à prendre le départ car la grille ne compte déjà que 29 autos ! Après une première heure correcte, la P351 connait une nouvelle fois des problèmes avec une défaillance de la transmission après seulement vingt tours (boîte de vitesses bloquée). Après de longues heures au stand, une soupape oblige l’équipe à se retirer…

A suivre…