Hugues de Chaunac : “Le Mans m’avait tellement séduit que je savais que j’y reviendrais”

Président du Groupe ORECA, Hugues de Chaunac est comme qui dirait ‘Le Mans addict’. Tout a débuté dans les années 70 derrière les grillages avant des premiers pas avec Alpine. Il y a eu par la suite les aventures BMW, Mazda, Viper, Dallara, Saleen, ORECA LM P2, Toyota et Rebellion. Hugues de Chaunac revient chaque année aux 24 Heures du Mans…

 « Je suis venu au Mans en spectateur du temps de l’épopée Matra. Même en simple fan derrière les grillages, cette course m’a de suite fait rêver. Je me disais que c’était un autre monde. A cette époque, c’était le bleu, blanc, rouge de Jean-Luc Lagardère. Tous les ingrédients étaient réunis pour faire rêver. Les choses ont basculé en 1977 lorsque j’ai pris la casquette de team manager d’une des quatre Alpine alignées par l’équipe de Gérard Larousse. Quand j’y repense, c’était incroyable car Gérard m’a appelé trois semaines avant la course pour monter le projet. J’avoue avoir ressenti une certaine fierté. Bendix a soutenu l’engagement et notre équipage composé de Guy Fréquelin, René Arnoux et Didier Pironi était de toute beauté. Boucler un tel programme en si peu de temps est inconcevable de nos jours. Nous entrions dans l’inconnu car ORECA était plutôt ancré en monoplace avec la Formule 2. Nous avons tout appris directement sur place. Voir cette jeune écurie de monoplace prendre part à la plus grande course d’endurance au monde était un sacré challenge.

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 Les Alpine ont de suite été dans le coup aux essais et nous avions décidé de rouler un maximum pour engranger le plus possible d’expérience. Tout a changé à minuit en fin de séance où l’un de nos pilotes a fait mieux que les Alpine officielles, ce qui ne faisait pas partie du deal. Pour nous, c’était incroyable mais Gérard Larousse n’était pas du même avis. J’ai encore en mémoire ses mots : « vous n’êtes pas ici pour faire le meilleur chrono, mais pour apprendre. » Je me suis contenté de lui répondre que nous n’avions pas fait exprès.

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 La course a été plus compliquée avec une joie de très courte durée. Peu de temps après le départ, le téléphone sonne. Au bout du fil, le chef mécano qui était en train de parler avec le motoriste présent à Mulsanne. A cette époque, une équipe de panneautage était basée à Mulsanne avec un téléphone à manivelle. Le motoriste nous dit : « il y a le feu. Je crois que ça va être compliqué de repartir. » L’auto avait complètement brûlé. J’étais complètement dépité même si nous n’étions pas responsables du problème qui avait causé l’incendie. Malgré ces débuts difficiles, je n’avais qu’une idée en tête : revenir au Mans. Le Mans m’avait tellement séduit que je savais que j’y reviendrais. Il y a ensuite eu l’aventure BMW M1 puis de nombreuses autres très belles aventures… »