Laurent Vallery-Masson (Historic Tour) : « Il faut être positif »

AMBIANCE - - Historic Tour 2019 - Val de Vienne - Ambiance

Après le dernier meeting de l’Historic Tour et du Championnat de France Historique des Circuits 2020, Laurent Vallery-Masson, patron de HVM Racing, promoteur des meetings de l’Historic Tour -et lui-même pilote-, a répondu aux questions d’Endurance-Classic :

Laurent, la saison 2020 de l’Historic Tour arrive à son terme aujourd’hui. Soulagé d’avoir pu faire la saison complète ?

« Bien évidemment, en tant que promoteur et organisateur, HVM Racing est fier que toutes les épreuves comptant pour le Championnat de France Historique des Circuits aient pu avoir lieu. Ceci a été possible grâce aux efforts de tous, que ce soient les concurrents, les organisateurs, les opérateurs des différents trophées, des collectivités, des circuits, alors que tout le monde a souffert des modifications importantes du calendrier, des contraintes induites par les protocoles sanitaires avec, bien sûr, des incidences importantes sur le budget. Cette saison a vraiment pu être bouclée en raison de l’implication de tout le monde. C’était vraiment magnifique d’avoir, dans ces conditions, eu ce week-end 10 plateaux, près de 250 engagés dans les différentes séries et plus de 200 pilotes.

Nous avons cette année trois beaux champions, Frédéric Rouvier en Protos/Monoplaces et Frank Quagliozzi en GT/Tourisme, tous deux ayant déjà été Champions de France, ainsi que Laurent Sabatier, lui aussi titré en GT/Tourisme, qui remporte son premier titre.

C’est vrai que certains plateaux ont été moins étoffés que d’autres, mais on doit tirer un grand coup de chapeau au Trophée Lotus qui avait 38 voitures au départ. Dans l’ensemble et, malgré une année très particulière, nous avons eu presque autant de pilotes que les années précédentes et je les en remercie. 

Les courses historiques rencontrent de plus en plus d’intérêt, et même si le doyen de nos pilotes, Jean Mercier, a 83 ans, nous avions un garçon de 16 ans, Cameron Hawes ! De plus en plus de jeunes pilotes viennent à l’Historique et pensent que ce peut être un bon tremplin pour faire ensuite carrière en moderne.

Depuis les débuts de la F3 Classic, 300 pilotes différents ont participé et je crois d’ailleurs être le seul à courir encore depuis les débuts. » (ci-dessous Laurent Vallery-Masson au volant de la Ralt RT3-Alfa Romeo de 1984 ex-Cathy Muller).

Cela n’a pas dû être simple d’ajuster les calendriers en raison des consignes gouvernementales ou préfectorales ?

« Cela a été effectivement très complexe de modifier les dates. Mais c’est le boulot de HVM Racing et nous avons pu compter sur un soutien très fort de la Fédération qui nous a beaucoup aidés. Les Opérateurs des Trophées ont aussi collaboré activement, ce qui nous a permis de pouvoir tenir nos cinq meetings -le format habituel de l’Historic Tour, à Albi, Dijon, Charade, Nogaro et le Val de Vienne, le tout en deux mois et demi depuis le premier meeting !

En revanche, si nous avons pu tenir le cap pour l’Historic Tour, les difficultés ont été beaucoup plus grandes pour les Motors Cup. La Dijon Motors Cup a dû être annulée car elle reposait pour la majorité sur des plateaux venant de l’étranger, de la Colmore YTCC, de la HTGT, du NK GT&TC, des championnats britanniques ou néerlandais ou encore des Formule Junior du FIA Lurani Trophy. Les concurrents étrangers étaient soumis à des exigences importantes de respect des règles sanitaires comme, par exemple, des quarantaines et se sont donc trouvés dans l’impossibilité de pouvoir venir à Dijon. Ce problème avec les étrangers, nous l’avons eu également, mais de manière moindre, dans les meetings de l’Historic Tour où nous avions quelques plateaux étrangers invités . »

Dans ces conditions, la Motors Cup Le Mans, prévue les 17 et 18 octobre prochains, aura-t-elle lieu ?

« Oui, elle est maintenue. Malheureusement, pour ce qui est des plateaux étrangers, comme celui du Classic Sports Car Club qui devait même avoir deux plateaux de GT, des modernes et des anciennes, ou encore celui des 7 Race Series avec des Lotus et des Caterham anglaises, nous nous retrouvons dans la même problématique que pour Dijon. Ces plateaux ne seront pas présents au Mans alors qu’ils représentaient environ la moitié de tous les concurrents. En revanche, plusieurs plateaux habituels de l’Historic Tour figurent au programme du meeting manceau et donc HVM Racing respectera ses engagements, le meeting étant donc ouvert uniquement à des Trophées Nationaux. C’est difficile pour HVM Racing, notamment sur un plan financier, car l’équilibre budgétaire ne sera vraisemblablement pas atteint mais nous nous devons d’honorer notre parole, sauf quand des impératifs liés à des décisions gouvernementales ou locales nous obligent à des annulations. »

Quelles autres difficultés majeures a-t-il fallu surmonter cette saison ?

« Un des principaux points noirs concerne la communication. Cela a déjà été rendu difficile par la modification du calendrier qui nous a contraint à des annulations brutales. Ensuite, nous étions soumis à toutes les annonces des différentes autorités pour savoir si la course pourrait avoir lieu, si nous pouvions accueillir des spectateurs et dans quelle limite. Bien sûr, cela ne facilite pas une bonne communication, surtout que les décisions préfectorales intervenaient parfois tard. Par exemple, ici au Val de Vienne, nous n’avons été informés de la jauge des spectateurs que le lundi précédant le meeting. »

Quelle était cette jauge ?

« Nous avions le droit d’avoir 2500 personnes par jour sur le site du meeting. Il faut savoir qu’entre les pilotes, les mécaniciens, les familles, le staff des équipes et celui du HVM Racing, la Direction de Course, les commissaires, le personnel médical, la sécurité, nous arrivons déjà à peu près à 1500 personnes, mais c’est quand même très bien d’avoir pu accueillir du public… 

Pour revenir aux difficultés, il faut parler un peu des finances. L’absence des pilotes étrangers a fait que certains plateaux étaient moins riches que précédemment, malgré les efforts des opérateurs. Il faut rendre hommage, outre le Trophée Lotus déjà évoqué, aux concurrents engagés en Formule Ford, que ce soit en Historique, en Zetec ou en Kent.

Les difficultés de communication, le nombre restreint de spectateurs, les conditions sanitaires nous ont également empêché de procéder à nos opérations VIP qui ont toutes été annulées et qui ont donc entraîné un manque à gagner nous forçant à trouver des solutions annexes. »

Le calendrier 2021 est-il déjà en chantier ?

« Il est même plus qu’élaboré. Nous avons voulu bâtir un calendrier qui va d’abord être soumis à l’approbation de la FFSA, puis nous allons le proposer aux différents opérateurs. Nous devrions pouvoir être en mesure de faire une communication à ce sujet dans les quinze jours à venir. Le calendrier de l’Historic Tour comprendra toujours cinq meetings. Comme tous les ans, nous allons procéder à une petite modification pour les circuits. Quatre d’entre eux seront les mêmes que cette année et la rotation concernera donc le cinquième. »

Y-aura-t-il aussi des Motors Cup ?

« Oui, en principe au moins une, peut-être deux. Comme celle de Dijon a été annulée cette année pour cause de Covid-19, nous allons la reprogrammer en 2021. Nous souhaitons également organiser un grand meeting de monoplaces historiques au mois de juin, qui fera l’objet d’une communication particulière prochainement. »

HVM Racing avait conclu cette année un partenariat avec le Masters Historic Racing et le HSCC (Historic Sports Car Club…)

« Oui et cet accord est d’ores et déjà reconduit pour 2021 tout comme avec les Formula Junior Lurani, un Championnat FIA. D’autre part, sept des onze opérateurs des différents Trophées de l’Historic Tour ont déjà donné leur accord pour repartir avec nous l’année prochaine et les discussions avec les autres sont en bonne voie. Dans le pire des cas, si nous ne parvenions pas à aboutir avec l’un ou l’autre de ces opérateurs, nous pouvons déjà garantir aux concurrents qui seraient concernés qu’on trouvera une solution qui leur convienne en les intégrant dans un autre plateau.

Pour conclure, j’insiste sur le fait qu’il faut être positif. Quand la situation sanitaire redeviendra normale, il faudra que nous soyons prêts. Alors que la saison se termine, je tiens à remercier l’ensemble des officiels, des commissaires qui, malgré le bouleversement du calendrier et les changements que cela leur imposait ainsi qu’à leurs familles, ont répondu présents. Ils nous ont permis de mener la saison à son terme. »