Henri Pescarolo : « Mon produit dopant du week-end était de piloter la Pescarolo 01 »

Henri Pescarolo n’a pas fait le déplacement au Mans Classic pour rien puisqu’il a pu piloter pour la première fois sur un circuit un prototype qui porte son nom, sans oublier un retour au volant d’une Inaltera et quelques tours sur une Porsche 908/3. Henri Pescarolo et le public de l’Endurance, c’est une histoire d’amour qui dure depuis plusieurs décennies.

Ne croyez pas qu’une discussion tranquille avec le quadruple vainqueur des 24 Heures du Mans soit possible dans un paddock. Entre le paddock du plateau 6 et la salle de presse pour une petite discussion dans un endroit climatisé, Henri a dû s’arrêter tous les trois mètres pour signer des autographes, se faire photographier, toujours avec la même bonne humeur et un mot gentil pour chaque fan. Si en plus vous croisez Romain Dumas, lui aussi très prisé, vous prenez pas mal de retard. Une fois arrivé au frais, Henri Pescarolo est revenu avec nous sur ses débuts en Pescarolo 01, sa « lutte » en piste face à la Toyota GT One de Manu Collard au sein du plateau Global Endurance Legends et sa découverte des vitesses au volant.

Cette présence au volant de la Pescarolo 01 était prévue de longue date ?

« Pas du tout. J’étais invité il y a une semaine au Spark Festival lorsque j’ai reçu un appel de Jacques Nicolet qui m’a demandé si je souhaitais piloter la Pescarolo 01 au Mans Classic, ce qui je dois dire m’a surpris. J’ai accepté l’offre. »

Quel est votre sentiment de piloter une voiture portant votre nom ?

« Mon produit dopant du week-end était de piloter la Pescarolo 01 (rires). J’ai découvert une auto parfaite. Cette LMP1 avait tout pour elle. C’est un bonheur absolu d’en prendre le volant sur le grand circuit du Mans. J’ai découvert une auto moderne. Comment a-t-on pu interdire les moteurs V10 pour y installer des V8 ? On a eu une dérogation pour rouler un an de plus, ce qui ne nous a pas empêché de remporter le Michelin Green X Challenge. »

Rouler à l’air libre sous cette chaleur était tout de même un avantage…

« Je me répète mais cette auto est fabuleuse sachant que je suis un amoureux des autos ouvertes. »

Le petit duel face à Manu Collard vous a régalé ?

« J’ai pris un pied intégral. Si on m’avait dit de partir pour faire un chrono, je pense que je serais parti. Bon, je ne suis pas certain que mon cardiologue apprécierait ce que j’ai fait (rires). Si j’avais su que c’était Manu, je serais allé encore plus vite. »Le passage des vitesses au volant est un vrai plus sur le plan du confort ?

« Les gens ne se rendent pas compte qu’on faisait tout d’une main. J’ai regardé il y a peu de temps un tour du circuit de Monaco par Ayrton Senna et il n’avait quasiment jamais les deux mains sur le volant. Avec le changement au volant, on peut se concentrer sur la trajectoire. C’est une sécurité fantastique et cela permet d’aller plus vite. »

Voir une partie de votre équipe réunie autour de vous fait chaud au coeur…

« J’ai découvert mon auto en piste, retrouvé une partie de mon équipe, mes mécaniciens, mais cela ravive la douleur de la fin de mon équipe à cause d’un règlement technique. Ce n’était pas bon pour le coeur car tout cela a été mis à la poubelle pour un règlement. C’était tout de même une émotion incroyable de retrouver tout le monde. »

Quel est votre sentiment sur l’évolution des Virages Porsche ?

« On ne sait plus où est la piste. Avant, le mur donnait des indications. Là, on se croit dans le Ténéré et on cherche les dunes. Je pense que c’est bien mieux pour la sécurité mais peut-être qu’il faudrait que ce soit mieux matérialisé. Je comprends maintenant pourquoi il y a eu pas mal de sorties de piste à cet endroit aux 24 Heures. »

Vous sentez vous aussi un engouement de plus en plus prononcé pour le Classic ?

« On trouve bien plus de passion au Mans Classic qu’en moderne. On ne retrouve cela qu’à Daytona et Sebring. Au lieu de parquer les gens derrière un grillage, on leur permet d’accéder à l’événement. On assiste à une transmission de passion en formant des amoureux de l’automobile. C’est incroyable le nombre de selfies que j’ai pu faire avec des fans de tous les générations. Sur les courses modernes, on ne voit plus le public. »

On vous revoit bientôt au volant d’un prototype Pescarolo ?

« (rires). J’espère avoir l’occasion de le refaire. Les Pescarolo roulent toujours et remportent même des courses. C’est tout de même sympa de les voir revenir sur les circuits. »

Bientôt la Matra F1 ?

« Il est prévu que je roule à Charade Heroes à la rentrée. Je dois piloter l’ancienne Matra de Chris Amon… »