Henri Pescarolo : “Je n’ai jamais eu une âme de spectateur”

En octobre 2015, Henri Pescarolo était en Chine où il officiait comme Grand Marshal des 6 Heures de Shanghai dans le cadre du WEC. Sur le tracé chinois, le quadruple vainqueur des 24 Heures du Mans nous avait parlé de la Chine, du WEC et de sa vie plus paisible. #Throwback

Il y a tout juste 20 ans, Henri disputait les 3 Heures de Zhuhai 1995 sur une Porsche 911 GT2 du Larbre Compétition en compagnie de Stéphane Ortelli et Jack Leconte himself. « Je ne connaissais pas Shanghai » nous confiait Henri Pescarolo. « Après Fuji l’année passée, j’avais dit à Pierre Fillon et Gérard Neveu que j’étais disponible pour Shanghai. C’est pour moi un plaisir que de répondre positivement à l’invitation du FIA WEC. »

Outre la manche BPR de Zhuhai disputée en ville, l’ancien patron d’équipe est venu avec La Filière sur le circuit de Zhuhai : « C’était assez révolutionnaire de déplacer 18 autos en Chine. A cette époque, il y avait les Sébastien Bourdais, Benoît Tréluyer, Romain Dumas et Marcel Fässler. Pour nous tous, ce déplacement était une vraie expédition. Il y avait une vraie volonté de venir rouler en Chine avec le développement de la Campus. De plus, nous avions quelques pilotes chinois. »

Ce week-end, le recordman de participations aux 24 Heures du Mans va pouvoir suivre de près la manches FIA WEC : « C’est intéressant de voir trois constructeurs qui se battent pour la victoire. Les bagarres sont intéressantes, ce qui donne un intérêt supplémentaire à la discipline. Les deux plus gros constructeurs mondiaux sont représentés avec VAG et Toyota. Ils ont choisi le FIA WEC pour s’exprimer. Le vent actuel souffle dans le sens de l’hybride. En revanche, le budget a été multiplié par dix par rapport à un budget conventionnel. On arrive maintenant à ce que l’on retrouve en Formule 1. Tant que les constructeurs sont là, tout va bien. » 

Henri Pescarolo et son équipe ont été quasiment les seuls privés à pouvoir rivaliser avec Audi : « Les équipes privées qui roulent actuellement le font sans partenaires car elles sont là avec leur propre argent. Mon équipe ne vivait que par les sponsors. Pour bien figurer en LM P2, il faut entre 2 et 3 millions d’euros avec des retombées insuffisantes. Là encore, l’argent personnel est bien présent. Trouver des partenaires a toujours été compliqué. » 

Retiré des circuits, Henri Pescarolo connaît maintenant une vie plus paisible : « J’ai coupé tout lien avec le sport automobile. Je me suis battu jusqu’au bout. Tant que l’on pouvait se battre pour le podium, on trouvait de l’argent, mais c’est devenu impossible. Je n’ai jamais eu une âme de spectateur. Si je reviens sur un circuit, c’est pour une occupation comme c’est le cas ce week-end. J’ai trop tendance à chercher mon écurie dans la voie des stands… »