Gregor Fisken (part 2) : « Le Mans est une course toujours aussi fantastique ! »

Gregor Fisken a couru au Mans quatre fois consécutivement. Nous avons laissé, dans la partie précédente, l’homme désormais spécialisé dans la vente de véhicules haut de gamme de collection aux 24 Heures du Mans 2006 au volant d’une Courage LC 70 (photo). Dans ce 2e opus, il nous parle de sa dernière participation en 2007 et nous fait part de sa vision de l’endurance moderne…

L’Ecossais va disputer une dernière fois les 24 Heures du Mans en 2007. Cette fois-ci, c’est avec une Aston Martin DBR9 en catégorie LMGT1 alignée par Labre Compétition. Patrick Bornhauser et Roland Berville étaient ses compagnons d’équipage. « Il y avait quinze GT1 cette année-là si je me souviens bien, un gros plateau avec de très bonnes équipes. J’étais avec deux super mecs qui ont fait du bon boulot. Nous avons eu un souci de transmission qui nous a fait perdre beaucoup de temps au stand. Nous sommes repartis dernier des GT1 et nous avons commencé à regagner des places au fur et à mesure. Puis, au petit matin, un problème de boîte de vitesses nous a stoppés dans notre remontée. Nous sommes repartis, la dernière heure s’est déroulée sur une piste très humide et Patrick a fait un superbe relais pour ramener la voiture à l’arrivée (29e au classement général, 13e des GT1, ndlr).

En tout cas, six Aston Martin DBR9 étaient au départ, six à l’arrivée dont l’une d’entre elles remportant la catégorie (la #009 de David Brabham, Darren Turner et
Rickard Rydell, ndlr). Ce fut donc une belle année pour la marque britannique. J’ai piloté à nouveau cette voiture en fin d’année aux 1000 Milhas d’Interlagos, au Brésil. Nous y avons battu Corvette, ce fut une belle victoire (Fernando Rees, Gregor Fisken, Steve Zacchia, Roland Berville) pour Jack Leconte, un patron d’équipe très exigeant, mais un vrai compétiteur. J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à rouler pour des écuries françaises… »

La particularité de son palmarès aux 24 Heures du Mans, c’est qu’il n’a jamais couru dans la même catégorie. « Non, ce n’était pas un choix, c’est venu comme cela (rire), par rapport aux opportunités. J’ai d’abord commencé par le GT et nous avons fini. Ensuite, je me suis dit que le prototype me permettrait de terminer mieux classé, mais il était trop fragile. Je me suis alors dirigé vers une LMP plus solide et plus puissante, mais elle aussi s’est avérée fragile. Je suis alors revenu en GT et nous avons de nouveau terminé. »

Même s’il est maintenant spécialisé dans la vente de voitures anciennes, Gregor Fisken n’en garde pas moins un œil intéressé sur l’endurance moderne et sur les 24 Heures du Mans en particulier. « Je suis toujours Le Mans à la télévision, j’ai le live timing sur mon ordinateur. J’ai encore des amis qui roulent, je repère bien les voitures sur lesquelles ils sont et je les suis. C’est une course toujours aussi fantastique, vous ne savez jamais ce qui va se passer. J’ai trouvé la dernière édition très intéressante, mais ce qui m’excite le plus c’est l’arrivée de cette nouvelle catégorie : l’Hypercar. Je pense que c’est une excellente décision pour Le Mans. Les voitures vont avoir le look d’autos auxquelles les gens vont pouvoir s’identifier comme au temps des McLaren F1 GTR, des Porsche 911 GT1 ou des Mercedes CLR. Il y aura Toyota, Aston Martin, peut être Ferrari. Ils auront le choix du système hybride ou pas. Je pense que c’est une très bonne nouvelle pour Le Mans, cela va permettre de continuer l’histoire de cette épreuve qui tourne autour des GT et des prototypes. »

Pourtant, il le sait, les temps ont bien changé et les voitures également. « Je trouve que les voitures actuelles sont plus faciles à piloter qu’elles ne l’étaient auparavant. Vous savez, l’Aston Martin DBR1 était une vraie voiture d’hommes (rire). Il y faisait chaud, elle avait une grosse boîte de vitesses séquentielle. Par contre, désormais, je me rends compte que les 24 Heures du Mans sont devenues une vraie course de sprint, avec de jeunes pilotes qui sortent de monoplace, c’est à fond tout le temps comme avec les LMP1. Beaucoup de progrès ont aussi été fait au niveau de l’embrayage, vous ne ratez plus de vitesse maintenant. Les voitures et les moteurs sont bien plus solides qu’avant, on le voit avec le nombre d’abandons qui est faible dernièrement. »

Pour voir les voitures historiques que Gregor Fisken vend désormais, c’est ICI