Franck Lagorce met un terme à sa carrière de pilote !

Franck Lagorce a décidé de tirer sa révérence à l’âge de 52 ans, après 40 années de sport automobile. Le Français est né le  à L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) et débute dès ses 11 ans en compétition via le karting.

Il devient champion de France minime Karting en 1981, la machine est alors en route. Il va gravir les échelons pas à pas. Cela passe d’abord par la monoplace et la Formule Ford. En 1990, il termine 2e du Championnat de France de Formule Renault et devient champion de France de Formule 3 deux ans plus tard. La même année, il s’essaie à la Porsche Carrera Cup France. Ses résultats lui ouvrent les portes de la Formule 3000 en 1993 via Dams (4e avec 2 victoires) et est vice champion en 1994 avec Apomatox (2 victoires). Cette année là, il est engagé par l’écurie Ligier comme pilote essayeur et dispute deux Grands Prix de Formule 1 (ses deux seuls) en toute fin de saison : le Japon (abandon) et l’Australie (11e). Il continue d’occuper le poste de pilote d’essai chez Ligier en 1995 puis a le même rôle chez Forti Corse en 1996.

Les passionnés d’Endurance le connaissent aussi pour ses 10 participations aux 24 Heures du Mans de 1994 à 2003. Il a couru pour les plus grands constructeurs comme Nissan, Mercedes-Benz, Courage, Cadillac, Riley & Scott, Panoz et, bien entendu, Pescarolo Sport.

Il prend part à ses premières 24 Heures du Mans avec l’écurie Courage Compétition en 1994. Il est alors associé, sur la Courage C32 LM #2, à Henri Pescarolo et Alain Ferté, mais les trois hommes doivent abandonner sur un souci moteur après 11 heures de course.

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L’année suivante, toujours chez Courage Compétition, il est sur la Courage C41 #11 toujours avec Henri Pescarolo et Eric Bernard. La voiture tombe vite en panne de batterie à Arnage. On se rappelle tous les images de Franck Lagorce tentant de pousser la voiture à la sortie du virage, mais ce fut peine perdue !

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En 1996, il signe l’un de ses meilleurs résultats sur la Courage C36 #5 de La Filière ELF / ATS. Il roule pour la 3e fois avec l’homme au casque vert ainsi que Emmanuel Collard. Ils terminent 7e de la course, 2e des LMP1.

Il passe ensuite chez DAMS en 1997, équipe qu’il connait bien de son époque F3000. Sur cette Panoz Esperante GTR1 #52 toute noire, il est associé à Eric Bernard et Jean-Christophe Boullion. Cependant, une fuite d’huile (12eme heure) contraint la « Batmobile » à l’abandon.

1998 restera à jamais son meilleur résultat aux 24 Heures du Mans avec une cinquième place avec l’écurie Nissan Motorsport. Sur la Nissan R390 GT1 #30, il fait une belle course, occupant la 3e place à mi-course, avec John Nielsen et Michael Krumm.

L’année suivante, il est pilote officiel Mercedes et est intégré à l’armada allemande qui débarque au Mans. Sur la Mercedes CLR #6 qu’il partage avec Bernd Schneider et Pedro Lamy, la course se déroule pour le mieux avec une lutte aux avant-postes. Son auto occupe même la tête à l’issue de la première heure, mais l’équipe décide de retirer volontairement la voiture suite à l’envol de la voiture sœur, la #5 (5eme heure).

Les années 2000 et 2001 se font via des constructeurs américains. Cela commence par  Cadillac et la Northstar LMP #1 du Team Cadillac / Bill Riley où il est associé à Butch Leitzinger et Andy Wallace. Il finit une nouvelle fois la course, 22e, 11e des LM P900. L’année suivante se passe à nouveau avec Panoz, après la page 1997, chez Panoz Motorsports avec la Panoz LMP07 qui n’est pas une réussite surtout avec le moteur V8 Zytek. Sur la #12, il fait un équipage de choc avec David Brabham et Jan Magnussen, mais cela ne suffit pas : la voiture abandonne sur problèmes électroniques à 1h45.

Ses deux dernières participations se passeront avec des Français. Il retrouve le Henri Pescarolo de ses débuts aux 24 Heures du Mans, pas en tant que pilote, mais dans le rôle de team manager. En 2002, il fait équipe chez Pescarolo Sport avec Sébastien Bourdais et Jean-Christophe Boullion sur la Courage C60 Peugeot #17. Ils franchissent la ligne d’arrivée en 10e position, 9e des LMP900.  Il remet cela l’année suivante et retrouve Jean-Christophe Boullion toujours chez Pescarolo Sport. Avec Stéphane Sarrazin sur la Courage C60 Peugeot #17, le trio fait une belle course, mais le changement d’un étrier de freins coûte cher à l’équipage qui termine 8e au général, 6e des LMP900.

On ne reverra plus Franck Lagorce en piste au Mans, mais on le retrouve dès 2004 en tant que consultant pour des chaînes de télévision comme Eurosport, Motors TV, la chaine L’Equipe ou encore France Télévisions (voir photo ci-dessous du Mans 2019).

@Facebook Franck Lagorce

A noter que le tricolore a aussi remporté le Renault Sport Spider Elf Trophy en 1996. Il court chaque année le trophée Andros et a pris le départ de 24 saisons, remportant 23 victoires, mais sans aucun titre ! Cependant, il y a quelques jours, il a décidé de raccrocher son casque à l’issue de la dernière manche du Trophée e-Andros disputée à Val Thorens fin janvier. Mais, il ne part définitivement puisqu’il a annoncé qu’il allait rejoindre l’organisation de la série sur glace, celle de Max Mamers.

 » Quel bonheur que de pouvoir tourner une page qui, depuis l’âge de mes 10 ans, m’a permis de vivre ma passion. Cette saison 2021 annonce ma retraite de pilote professionnel.
C’est une grande fierté, pour moi, d’avoir pu faire une carrière exceptionnelle en passant par la Formule 1, les 24 Heures du Mans et mes 24 saisons au Trophée Andros. J’en profite pour remercier tous mes partenaires, mes amis et ma famille qui m’ont toujours soutenu et je suis très heureux de pouvoir rejoindre l’organisation du Trophée Andros pour les prochaines années. Un grand merci à Frédéric et Max. C’est une page qui se tourne, mais chaque chapitre qui se termine en appelle un autre … un nouveau s’écrira ! »

Photos ACO, Stéphane Cavoit, Vincent Laplaud et Laurent Chauveau… Merci à eux !