Entretien avec Laurent Vallery Masson, part 3 : la saison 2020

Dernière partie aujourd’hui de l’entretien avec Laurent Vallery Masson consacrée, pour l’essentiel, aux événements organisés par HVM Racing.

Vous êtes connu pour être le Promoteur de l’Historic Tour, mais vous êtes également compétiteur, puisque vous courez dans le Trophée F3 Classic (ci-dessous) et qu’on vous également vu en F2 lors du Grand Prix de France Historique et dans la Dijon Motors Cup. C’est important pour vous de participer en tant que pilote à l’Historic Tour ?

« C’est effectivement important. J’aime courir et cela me donne l’occasion d’appliquer à moi-même les règles et les procédures que nous imposons à tous les concurrents. Cela me permet d’avoir des contacts privilégiés avec les autres pilotes et d’échanger. Nous ne sommes pas toujours forcément d’accord, mais cela renforce les relations. Un organisateur qui s’implique aussi dans la compétition, je crois que c’est une bonne chose.»

Sur un plan personnel, la participation à la F2 a été plutôt réussie avec une cinquième et une deuxième place à Magny-Cours en International Historic F2 lors du GP de France, dans un plateau de plus de trente voitures…

« C’est vrai que le plateau était superbe, avec de nombreuses marques représentées. La F2, c’était l’antichambre de la F1, mais il y avait beaucoup plus de constructeurs de châssis qu’en F1. Il y a eu pléthore de moteurs, de châssis, de conceptions de voitures. C’était absolument unique, à l’exception peut-être de la F3, et encore…On voit donc des voitures extrêmement différentes. Mon regret pour Magny-Cours est qu’il n’y ait pas eu de Martini.

Pour revenir sur la course de Magny-Cours, je suis parti en dernière ligne pour des raisons réglementaires totalement acceptées. Comme je le disais, je suis un compétiteur, j’ai toujours aimé la compétition et mon grand plaisir en course, ce sont les dépassements et là j’ai été servi pour mon plus grand bonheur ! Dans la dernière course, j’ai fini très près de la Rondel-Motul de David Tomlin qui a gagné les deux courses (Henri Pescarolo a piloté cette voiture, Rondel ayant été co-fondé par Ron Dennis). Cette Rondel-Motul, une voiture rare, est très légère et très maniable. »

Parlons maintenant de la saison 2020…

« En Historic Tour, il y aura toujours cinq meetings. Un seul circuit change, Lédenon laissant la place à Nogaro. Nous essayons de faire le tour de France des circuits et donc, on alterne les circuits pour différentes raisons et aussi pour donner un nouvel attrait. Cette année, on a trouvé un accord avec Nogaro et ça fait très longtemps qu’on voulait y aller. Certains meetings, comme Charade, changent aussi de dates.

Il y aura aussi deux Motors Cup, la Dijon Motors Cup et la Motors Cup sur le Circuit Bugatti au Mans. En fin de saison, nous aurons aussi une très grosse épreuve, les Deux Tours d’Horloge sur le Circuit Paul Ricard. Les Deux Tours d’Horloge sont la propriété de VdeV et nous allons travailler avec Eric Van de Vyver pour l’aider à promouvoir cette épreuve et à l’installer comme il faut dans le calendrier 2020. Il y a une grosse attente autour de cette épreuve. »

Pour l’Historic Tour, y-aura-t-il quelques changements de réglementation ?

« Il y a toujours des adaptations de règlements. On ne va pas rentrer dans le détail de telle ou telle catégorie, mais le premier point sur lequel il faut insister, c’est le travail qui est fait avec l’ASAVE pour remettre en avant les deux plateaux GT ASAVE 65 et ASAVE 75, avec des formats adaptés, puisque ce seront des courses de quarante-cinq minutes et des plateaux séparés. On tient à ce qu’il y ait des entités 65 et 75 bien distinctes et donc bien identifiées. Parmi les changements un peu plus soft, il y a des catégories comme les YoungTimers qui optent pour des préconisations en matière de pneumatiques. Le budget est toujours un point crucial en sport automobile et nous tenons à trouver toutes les solutions pour inciter les compétiteurs à ne pas s’éparpiller dans les budgets et des frais superflus. Les recherches pour les pneus vont dans ce sens, avec un encadrement sportif présent. L’Historic Tour arrive à classer des compétitions qui ne se mélangent pas sur la piste.

Il y a des adaptations comme la séparation des Formule Ford Zetec et des Formule Ford Kent. Jusqu’à présent, elles étaient mélangées et en 2020 ce seront deux Trophées qui pourront tous deux marquer des points pour le Championnat de France à armes égales en termes de points. Il y a aussi quelques autres aménagements, comme en Maxi 1300 avec la Classe 3, un groupe créé pour rassembler le maximum d’amoureux de la Mini autour d’une réglementation commune. J’espère que ça permettre de sortir encore plus de voitures des garages… »

Est-ce que les plateaux des Motors Cup 2020 sont définis ?

« Oui, c’est fait. A Dijon, on aura le Trophée Lurani de Formule Junior, un championnat FIA. On a une nouveauté avec les anglais qui nous rejoignent avec un plateau de Formule 2 et de Formule 3 un petit peu plus récent que ce que l’on connaît, c’est-à-dire post-84. C’est un tout nouveau plateau qui est monté et on aura aussi beaucoup de GT avec le Colmore YTCC, le Triumph Competition & British HTGT. Traditionnellement, à la Dijon Motors Cup, il y a un peu plus de deux cents GT.

Il y a aussi un nouveau plateau, hollandais, le NKGT ETC, dédié aux GT et berlines antérieures à 1981 qui n’est encore jamais venu à Dijon. On devrait y voir des voitures qui ne sont jamais venues en France. A Dijon, il y aura aussi l’Interseries, une conjonction des plateaux de F3 Classic anglais, français et allemands. Il y aura beaucoup de voitures et on pourra voir Frédéric Rouvier, Champion de France 2018 et 2019, courir face à des compétiteurs internationaux « 

Et la Motors Cup Le Mans ?

« Au Mans, on aura davantage de plateaux français. On aura aussi pas mal de plateaux qu’on n’a pas l’habitude de côtoyer – le CSCC, qu’on a vu en 2018 à Dijon, qui va donc venir avec deux grilles, Modern et Classic, des GT modernes et anciennes ; les 7 Race Series (des Lotus et des Caterham anglaises qui viennent pour la première fois au Mans).

Pour les plateaux français, nous aurons l’ASAVE 65 et 75, la F3 Classic, le Trophée Lotus, le GT Classic & Saloon Cars.

En tout, ce seront neuf plateaux, avec aussi les GT néerlandaises du NK HTGT, avec de très belles GT (Corvette, Austin Healey, Mustang, Jaguar, Porsche, Marcos, Lotus…).

Le bouquet final de la saison, ce seront donc les Deux Tours d’Horloge…

« Les inscriptions ont commencé depuis plus d’un mois. Elles se font par vague. Le tarif d’inscription est en fonction de la date d’envoi des dossiers et la première clôture était le 24 décembre.

Aujourd’hui, en termes d’inscriptions confirmées et payées, nous avons une douzaine de voitures. Nous avons encore des dossiers à l’étude et des gens nous contactent quasiment tous les jours. L’ensemble des contacts que nous avons représente près d’une soixantaine de dossiers. On imagine réellement avoir une grille supérieure à quarante voitures. Il y a un engouement très important pour cette épreuve.

Je suis très content de certains équipages dont celui d’Eric Van de Vyver. J’aurai aussi la chance d’y participer et donc de me battre contre lui. On verra aussi un équipage féminin, emmené par Laure Van de Vyver, qui est une principales membres du staff de HVM Racing et qui est aussi la fille d’Eric. Cet équipage n’est d’ailleurs pas comptabilisé dans les douze annoncés, tout comme celui d’Eric et le mien…On aura des arbitrages à faire pour savoir qui sélectionner. Les derniers à se manifester ne sont pas sûrs d’avoir de la place. »

Il y aura un nombre maximum de voitures au départ ?

« Oui, il faut un plafond raisonnable. Dans une épreuve d’endurance, sur un circuit aussi rapide que le Paul Ricard, il ne faut pas empiler les voitures à l’infini. La nuit, avec les différences entre les voitures, un nombre démentiel créerait un risque. On tient à avoir un groupe homogène et on pourra difficilement aller au-delà de soixante inscriptions, mais avec tous les dossiers que nous avons déjà, il y aura peut-être des mauvaises surprises pour ceux qui se décideront sur le tard. » 

Il pourrait donc y avoir soixante voitures engagées ?

« Ce n’est pas impossible. Il n’y a plus de grandes épreuves d’endurance de VHC. Eric, avec son équipe VdeV Sports, est l’expert de ces courses VH d’endurance. Il a vraiment la maîtrise de ce groupe de compétiteurs et nous tenons à ce que ça puisse refonctionner. Nous avons la chance d’avoir des contacts à l’international, ce qui va nous permettre d’alimenter la grille avec des voitures de qualité et faire en sorte que cette épreuve existe. C’est une organisation un peu folle, parce que les gens ne s’imaginent pas ce qu’il faut en termes de commissaires, de logistique.

 

Travailler pendant vingt-quatre heures et même plus avec les qualifs dont la nuit, c’est extrêmement compliqué. C’est pour ça que VdeV nous a demandé de l’aide et nous nous sommes embarqués volontiers dans cette aventure ensemble. Je mets quiconque au défi de trouver un projet annoncé par HVM Racing qui n’ait pas eu lieu, et nous allons donc réaliser ce projet qui en surprendra beaucoup. Pour moi, c’est l’occasion de prendre de l’expérience dans les courses d’endurance. Eric est un ami, nous avons des liens communs avec Laure. On se parle, on s’apprécie mutuellement et c’était donc tout naturel que HVM Racing s’intéresse à ce projet. »