Entretien avec Laurent Vallery Masson (HVM Racing), part 2

PODIUM - - Historic Tour 2019 - Val de Vienne - Ambiance

Suite aujourd’hui de notre entretien avec le patron de HVM Racing (à droite sur la photo de une, aux côtés -à gauche- de Didier Gruau, Champion de France  GT/Tourisme, et de Frédéric Rouvier -au centre- Champion de France Monoplaces/Protos), au sujet de la saison 2019 :

Avec un nombre aussi important de concurrents et de courses par meeting, j’imagine que la sécurité doit être une de vos principales préoccupations…

« C’est effectivement un élément essentiel à prendre à compte. C’est toujours difficile de tout bien maîtrisé, mais si ce n’était pas compliqué, tout le monde s’y mettrait…Nous mettons beaucoup d’attention à ce que les éléments de sécurité soient respectés, à ce qu’il y ait le nombre suffisant de commissaires d’intervention et ce dès les essais privés pour garantir la sécurité des compétiteurs. C’est important, c’est une tâche qui est complexe. Notre rapprochement avec certains clubs de commissaires est une très bonne chose pour avoir des équipes.

C’est vrai que, parfois, des compétiteurs nous ont interrogé sur les lignes de course, mais celles-ci font partie des règlements. C’est à nous de faire en sorte qu’elles soient respectées, tout comme le niveau sonore doit lui aussi être vérifié. C’est à nous d’informer les compétiteurs et c’est à nous de mettre en place des structures avec des commissaires qui soient responsabilisés et qui puissent appliquer les règlements, afin que l’équité soit garantie. Tout n’est pas idéal, il y a quelquefois des erreurs qui sont commises, parce que c’est de l’humain, mais nous mettons le maximum d’énergie pour faire respecter ls règlements. »

2019 a couronné deux beaux Champions de France…

« Oui, Frédéric Rouvier remporte son deuxième titre consécutif en Proto/Monoplace. C’est un champion qu’on pourrait croire facile, puisqu’il s’est imposé dans toutes les épreuves en F3 Classic avec sa Martini Mk34-Toyota, mais on voit aussi que lorsqu’il court en Protos, il gagne aussi…Frédéric, c’est quelqu’un qui, lorsqu’il va à Magny-Cours au Grand Prix de France Historique, il tient tête à des champions comme Tristan Gommendy. C’est un grand champion 2019 dans son domaine.

Didier Gruau est un expert des courses GT en Historique depuis des années. Cette année, il s’est notamment battu dans le Challenge ASAVE 65 avec sa très belle TVR Griffith 400 de 1965 contré José Beltramelli et il mérite vraiment lui aussi son titre car il a beaucoup lutté. Au Val de Vienne, ça a été fantastique avec quatre voitures en trois secondes à l’arrivée et moins d’une demi-seconde entre la TVR de Fruau et la Corvette de Beltramelli au bout d’une demi-heure de course !

Ces deux titres font beaucoup plaisir, car ce sont deux experts dans leur catégorie. Nous sommes très fiers de les avoir et de pouvoir encore compter sur eux l’année prochaine, car ils seront là pour défendre leur titre en 2020. La particularité de l’Historic Tour, c’est que ce sont de vraies compétitions, et pas des parades. C’est pour ça, encore une fois, que nous attachons beaucoup d’importance au respect des règlements techniques et sportifs pour garantir l’équité. Le plus gros chantier qui nous reste à faire, c’est d’accompagner les championnats au travers des problématiques de sécurité et au travers des problématiques de bruit. On a la responsabilité d’accompagner ces championnats dans le respect des règles de la Fédération et c’est très compliqué en Historique de faire évoluer des voitures qui ont plus de trente ans en termes de sécurité et en termes de bruit, mais c’est fait. Nous sommes le seul championnat qui effectue des relevés de bruit sur tous les roulages de toutes les catégories et nous les distribuons aux concurrents pour qu’ils puissent avoir un point de comparaison et pour qu’ils puissent se mettre en conformité par rapport à leur empreinte sonore. Cette empreinte n’est pas la même d’un circuit à un autre, ce n’est pas la même en fonction de la température ou d’autres contraintes. C’est à nous de travailler pour aller dans le bon sens. »

Pour rester sur le niveau sonore, avez-vous quelques difficultés avec certaines municipalités ou Préfectures ?

« A partir du moment où on respecte les règlements, cela ne pose pas trop de problèmes…Pour respecter les règlements, il faut informer et c’est notre responsabilité de donner les informations. Pour le bruit, on a bien conscience que les municipalités doivent avoir des partenaires comme nous qui leur garantissent une empreinte sonore qui soit suivie et encadrée. On ne peut pas faire n’importe quoi. C’est un véritable enjeu. Il faut bien comprendre que des circuits qui fonctionnent presque trois cents jours par an, comme Dijon ou Nogaro, ont des problématiques de riverains, et je ne parle même pas de Charade. Ces riverains ont des attentes qui doivent être prises en compte. Aujourd’hui, notre empreinte sonore est expliquée et acceptée, mais je comprends qu’il y ait des endroits où aujourd’hui on peut pas aller en France, malheureusement parce que ça va à l’encontre de certains dispositifs locaux. C’est une des raisons pour lesquelles les circuits tournent d’une année sur l’autre parce qu’il faut expliquer localement quelle est notre empreinte. L’Historic Tour, c’est des meetings avec des courses tous les jours de huit heures du matin jusqu’à parfois dix-neuf heures, donc je comprends que quelquefois ça puisse être contraignant pour les municipalités. »

Quel est le niveau sonore réglementaire ?

« Les niveaux sonores à respecter ne sont pas forcément les mêmes d’un circuit à l’autre. Localement, les Préfets ou les municipalités peuvent décider de mesures plus restrictives que la loi. Il y a des circuits qui sont plus impactés que d’autres, comme Lédenon par exemple, et ça nous crée des difficultés mais que nous devons surmonter.

C’est vrai qu’avec les plus anciennes GT, les Protos, des F3, c’est compliqué mais, encore une fois le problème du bruit est qu’il dépend du vent, de la météo, de la configuration du circuit -un circuit dans la montagne, comme Charade, ça peut résonner, alors qu’un circuit au cœur d’une vallée émet moins de bruit. L’an prochain, nous mettons en place une équipe technique responsable Au niveau décibels, ça varie évidemment d’un plateau à l’autre. Un plateau de YoungTimers fait moins de bruit qu’un plateau de Protos ou de GT. La moyenne de l’Historic Tour est inférieure à la réglementation même si il peut y avoir des pics qui peuvent aller au maximum de la réglementation qui est aujourd’hui de 100db, avec une tolérance de 5 db en dynamique, car nous parlons exclusivement en dynamique, le bruit ressenti par les voisins. »

On peut parler du Grad Prix de France Historique à Magny-Cours ?

« Le Grand Prix de France Historique présente un bilan qui est toujours un peu compliqué. Il y a eu deux éditions, avec des météos très extrêmes dans les deux cas, avec de fortes pluies lors de la première et une canicule intense cette année, avec des températures de 42-43°C ! Quand c’est caniculaire, les pouvoirs publics mettent en garde les populations locales sur un risque sanitaire. Les medias titraient « ne sortez pas de chez vous. Il y a des risques graves si vous allez au soleil. » Cela n’aide évidemment pas à avoir un public de masse !!

 

On peut quand même souligner la qualité des plateaux, tous nos partenaires et les invités qui étaient présents. Il n’y a pas beaucoup de meetings en France qui peuvent se targuer d’avoir autant d’anciens champions -Jacques Laffite, Patrick Tambay, Jean-Pierre Jabouille, Yannick Dalmas, Philippe Alliot…- en même temps sur une seule épreuve. Il y a eu aussi un nombre de voitures absolument unique. On fait un thème de la monoplace, et il y a plus de deux cents monoplaces en piste ! Le plateau de F2 a explosé, avec une grille pleine. Mettre comme cette année plus de vingt F1 en course, c’est un défi.

Cela veut dire qu’il y a un engouement pour la monoplace en France et qu’il y a une place très importante pour le Grand Prix de France Historique qui reviendra en 2021, dans un format un peu remanié, on en reparlera plus tard, mais qui sera toujours présent. C’est une très, très grande épreuve qui se doit d’être implantée dans le paysage français.

 

Le Grand Prix de France Historique, c’était deux manches de Championnat du Monde FIA -Championnat du Monde F1 Historiques et Championnat du Monde de Sports-Protos Historiques-, ce n’est quand même pas rien…

Ces deux Championnats FIA, c’est pour nous un gage de reconnaissance. »

Qu’en est-il des Motors Cup -la Castellet Motors Cup et la Dijon Motors Cup ?

« Les Motors Cup sont des épreuves à caractère international où on reçoit des Séries internationales qui, effectivement, ne sont pas aussi fortes que des championnats FIA mais qui permettent de faire rouler des voitures qu’on voit rarement en France et qu’on ne peut pas prendre en Historic Tour, puisque c’est déjà plein.

Ce sont des épreuves internationales à part, on en fait deux maximum par an. Ce sont des épreuves fortes. La Dijon Motors Cup, par exemple, est devenue une épreuve de référence de deuxième partie de saison.

Cette année, à Dijon il y avait également un plateau F2 de folie. L’année prochaine, on va donner la part belle aux GT. On prépare de belles courses avec aussi un championnat sous label FIA avec le Trophée Lurani qui concerne des Formule Junior Historiques. »

A suivre, la saison 2020…