En 1969, on s’intéressait déjà à la voiture électrique…

    En 1969, on ne parlait pas encore de Formula E ou de voitures hybrides en compétition. Malgré tout, le magazine Autopoche d’août 1969 titrait : Où en est la voiture électrique ?

    Près d’un demi-siècle plus tard, on est en droit de se poser la même question. L’introduction de l’article parlait d’elle-même : « Parce qu’un jour quelqu’un a raconté que les vaisseaux cosmiques disposaient d’électricité qui n’était pas puisée dans une batterie, parce qu’un autre jour, les fonctionnaires de Los Angeles ont condamné le moteur à essence parce qu’il sentait mauvais, beaucoup se sont imaginés que les beaux jours de la voiture électrique étaient revenus. En somme, on a cru que l’impossible était redevenu possible et surtout que l’inaccessible était disponible ! Effectivement, la pile à combustible des cabines Apollo est capable d’alimenter les instruments de bord. Mais les quelques watts qu’elle donne ont coûté plusieurs millions. Par dessus tout, la puissance exigée pour une automobile, même électrique, est d’une toute autre mesure. »

    A la fin des années 60, pour obtenir 1 kwh, en partant d’une batterie au plomb, il fallait 25 à 30 kg. Le magazine de l’époque mettait en avant plusieurs technologies pour le futur : les accumulateurs zinc-argent, les batteries au sodium-souffre, les batteries à base de lithium, la pile à combustible.

    Pour ce qui est de la pile à combustible, le journaliste voyait cette technologie comme « un rêve de milliardaire ».

    En conclusion, le journaliste se demandait : « l’avenir est-il à l’électronique ? »

    Ce à quoi il répondait : « L’électronique est là. Qui peut modeler très exactement le courant pour le rendre compatible au moteur idéal – encore à créer – à la traction électrique. Mais comment organisera-t-on la voiture ? Aura-t-elle un seul moteur ou de petits moteurs dans les roues ? Avec un moteur tournant très vite, il est tout à fait possible de prévoir un moyeu électromoteur réunissant le moteur et son réducteur sans grever exagérément le poids des masses non suspendues. La part de l’électronique dans les voitures électriques pendra une importance capitale. Actuellement chère, cette technologie diminuera rapidement ses prix en fonction de l’extension. Science encore jeune, elle promet beaucoup. De toute façon, la voiture électrique sera, avant tout, une voiture de ville. De petites dimensions pour le transport des personnes, plus conséquente pour les véhicules de livraison. La voiture électrique de demain sera 100% nouvelle… »  

    Dès 1906, Charles Faroux, bien connu aux 24 Heures du Mans, écrivait dans L’industrie Automobile : « L’électrique est sans conteste la plus simple de toutes les voitures automobiles. Elle supprime bien des organes. Le moteur est d’une souplesse admirable. Un moteur qui développe normalement 10 chevaux peut, momentanément, en fournir 30 ou 40. Enfin, l’électrique est propre, ne dégage ni fumée, ni odeur, ne produit aucune trépidation. Mais hélas, voici le revers de la médaille. Quand les accumulateurs sont vides, elle s’arrête, et nous n’achetons pas encore de watts avec la même facilité que des bidons d’essence. »

    Ce qui était vrai en 1906 l’était également en 1969 et l’est toujours en 2019, soit 113 ans plus tard…