Dr Wolfgang Porsche : « La course reste fondamentale pour notre marque »

Pour les 24 Heures du Mans, l’édition 1970 est spéciale. Entre la refonte de toute la partie des S du Tertre Rouge, la pose de glissières tout autour du circuit et la possibilité d’avoir des équipages à trois pilotes, Le Mans 1970 (13/14 juin) est une édition à retenir. C’est aussi en 1970 que Porsche remportait son premier des 19 succès en terre sarthoise. Cette année-là, la Porsche 917K engagée par Porsche Konstruktionen Salzburg, branche autrichienne de Porsche dirigée par Louise Piech, s’imposait aux mains de Hans Hermann et Richard Attwood. Cinquante ans, ça se fête…

Le Dr Wolfgang Porsche, président du conseil de surveillance de Porsche Automobil Holding SE, a découvert les 24 Heures du Mans en 1956 avec son père, l’année de la victoire d’une Jaguar Type D. « Bien sûr, j’ai adoré l’accompagner », a déclaré le Dr Wolfgang Porsche. « Mais je n’étais pas autorisé à y aller à chaque fois parce que la course a toujours eu lieu durant l’année scolaire. » Comme dans beaucoup de familles, il n’était pas question de rater l’école chaque année au mois de juin. Toute la famille Porsche se rendait en revanche régulièrement au Nürburgring qui se tenait pendant les vacances d’été.

Une fois ses études terminées, le Dr Wolfgang Porsche a pu se rendre au Mans comme il le voulait : « Pour moi, il ne s’agit pas seulement d’être là, mais de soutenir toute l’équipe Porsche. Je souffre lorsque je vois des problèmes mécaniques et je suis ravi lorsque nous réussissons. »

Les débuts de Porsche aux 24 Heures du Mans remontent à 1951 du temps de la 356 avec à la clé une victoire de catégorie pour la 356/4 SL Coupé pilotée par Auguste Veuillet et Edmond Mouche. Depuis 1951, il ne s’est pas passé une seule édition sans une Porsche au départ, qu’elle soit officielle ou privée.

En 1970, le Dr Wolfgang Porsche était accompagné de ses parents, Ferry et Dorothea. « Cette victoire a été une étape phénoménale », se souvient-il. « C’était la première fois que nous montrions que nous pouvions batte les très grands noms. C’était une percée sur la scène internationale. »

S’il y a une édition que le Dr Porsche retient, c’est la victoire de la Porsche 936 en 1976. Jacky Ickx et Gijs van Lennep, sur la 936 alignée par Martini Racing Porsche System, devançait la Mirage-Ford/GTC de 11 tours. Ce succès de la 936 est le premier d’une voiture équipée d’un moteur turbocompressé. « Nous avons montré que les turbos étaient économes en carburant et bien conçus, ce qui était crucial pour le succès des modèles de production », souligne le Dr Porsche. La suite passera par les succès des 956 et 962.

« La course reste fondamentale pour notre marque », précise le Dr Porsche. « C’est dans nos gènes. Et je suis heureux de défendre cette cause dans ma position de président du conseil de surveillance. » En 2017, il assistait au succès de la Porsche 919 Hybrid face à la Toyota qui s’est arrêtée à quelques minutes du damier. La course n’a pas été de tout repos pour Porsche avec plus d’une heure pour changer le faisceau électrique de la #2 : « On avait l’impression de démonter toute la voiture et de la remonter. Ne jamais abandonner, c’est la mentalité de Porsche. La course n’est pas terminée tant que vous n’avez pas franchi la ligne d’arrivée. »

Après le retrait de la catégorie LMP1, Porsche poursuit son engagement en GT : « Je suis enthousiasmé par les performances de nos GT. C’est très important pour moi car nos clients sont là aussi dans cette catégorie. Et rien n’est plus important pour nous que nos clients. »