Dossier Porsche RS Spyder 1ere partie : la genèse

L’heure de la retraite a sonné, il y a plus de huit ans, pour la Porsche RS Spyder à la suite de sa dernière saison en American Le Mans Series avec l’équipe Muscle Milk Team CytoSport. Entre 2005 et 2010, le RS Spyder aura marqué l’histoire de l’endurance par ses nombreux succès. Après notre dossier consacré à la Toyota GT One cet été, place désormais à un flashback sur la carrière bien remplie du prototype allemand. Deux articles sur l’auto elle-même seront publiés suivis de deux interviews de pilotes ayant couru et même gagné avec le RS Spyder, d’une fiche technique et d’un album photos. Accrochez vous, c’est parti !

Apres sa victoire aux 24 Heures du Mans en 1998 avec la Porsche 911 GT1, le constructeur allemand marque une pause et laisse le champ libre à Audi dans la catégorie reine de l’endurance. Apres un programme LMP1 avorté au début des années 2000 (lié au fait qu’Audi et Porsche font partie du même groupe), les bureaux d’étude Porsche développent le RS Spyder en interne à la demande de Porsche Cars North America. Un prototype qui répond à la réglementation LMP2 destiné dans un premier temps à courir en American Le Mans Series avec Penske Racing. Sous la carrosserie, on retrouve une monocoque en carbone accouplée à un tout nouveau V8 atmosphérique à 90 degrés de 3,4 litres de cylindré et développant 478 chevaux. La transmission est assurée par une boîte de vitesses séquentielle à six rapports à crabots elle même dotée d’un système d’embrayage révolutionnaire à triple disque en carbone qui accélère les changements de rapports. Le freinage est confié à des disques en carbone de 380 mm de diamètre à l’avant et 355 mm à l’arrière. Les étriers de freins en aluminium monobloc renferment six pistons. Coté suspensions, les essieux avant et arrière à double triangle sont commandés par un système à poussoir où l’on retrouve des amortisseurs/ressorts à quatre voies développés spécialement par ZF Sachs. Le tout affichant sur la balance 750 kg.

Aux mains de Lucas Luhr et Sascha Maassen, le châssis LMP2 – 001 entame son développement sur les circuits du vieux continent. Le RS Spyder débarque à la fin de la saison 2005 sur le ‘’Raceway Laguna Seca‘’ aux Etats-Unis pour y disputer la dernière course de la saison en l’American Le Mans Series (ALMS). Le prototype de Weissach ne rate pas son entrée sur la scène internationale et Lucas Luhr / Sascha Maassen remportent la victoire dans la catégorie LMP2, terminant cinquième au général.

En 2006, le team Penske Racing entame sa première campagne en ALMS avec deux prototypes et signe sept victoires dans la catégorie LMP2. L’équipe américaine crée la sensation sur le tracé de Mid-Ohio en réalisant le doublé au général face à l’Audi R8 venue disputer ses trois dernières courses sur le sol US. Sans réel rival, l’écurie remporte le championnat LMP2 Equipes, Constructeurs et Pilotes avec le pilote germanique, Sascha Maassen.

En 2007, Acura fait son entrée en LMP2 aux USA. Pour affronter son homologue japonais, Porsche fait évoluer profondément l’aérodynamique de son RS Spyder. Certains éléments de carrosserie sont repensés pour faciliter leur maniement pendant les relais. L’habitacle du prototype est aussi amélioré pour le confort du pilote. La puissance du V8 frôle les 500 ch et, pour la première fois, des clients peuvent acquérir le RS Spyder Evo pour 1 200 000 €. Ce prix comprend la présence d’un ingénieur maison sur les circuits, un suivi technique et un reconditionnement du V8 si une altération des performances l’exigeait ! Mais pour plus de tranquillité, Porsche conseille à ses clients le kit de pièces détachées à 400 000 € et à un entretien constructeur à 400 000 € ! L’écurie Dyson Racing est la première à en acheter deux exemplaires pour courir en ALMS.

Après ses prestations aux Etats-Unis face à la marque aux anneaux, la question de sa présence au 24 Heures du Mans est au cœur de tous les débats pendant l’inter saison. Malgré l’intérêt de quelques équipes, Porsche estime que l’équivalence essence/diesel et les modifications du règlement LMP2 (le poids minimum vient de passer à 775 kilos), ne permet pas à son prototype de rivaliser face à la puissance du V12 TDI des Audi R10 et des Peugeot 908. Elle décide finalement de fermer la porte à son engagement dans la Sarthe.

Cette saison 2007 débute très mal pour les troupes de Roger Penske qui essuient un échec cuisant aux 12 Heures de Sebring où Acura s’impose en LMP2 dés sa première sortie. L’équipe américaine redresse très rapidement la barre et, une fois de plus, elle enchaîne les succès. L’équipe Penske Racing domine sans partage les trois écuries d’Acura et Dyson Racing. Elle s’impose dix fois dans sa catégorie et elle réussit même à placer ses voitures devant les Audi R10 TDi au général à huit reprises ! Timo Bernhard et le Français Romain Dumas décrochent, à l’issue de la saison, leur premier titre Pilotes tandis que les titres Equipes et Constructeurs, les deuxièmes consécutifs, tombent dans l’escarcelle de Peske Racing et de Porsche !

A suivre…

Photos Laurent Chauveau et Porsche Motorsports