Classic Days 2020 à Magny-Cours : bilan et perspectives

La treizième édition des Classic Days -l’événement a été créé en 2008- a eu lieu le week-end dernier sur le Circuit de Nevers Magny-Cours, pour la douzième année dans la Nièvre après une visite au Mans en 2019. Benoît Abdelatif, la cheville ouvrière du meeting, organisé par Max Mamers Management, a bien voulu en dresser le bilan pour Endurance-Classic et évoquer l’avenir.

Benoît, j’imagine que vous êtes soulagé d’avoir pu organiser cette édition des Classic Days ?

« Bien sûr, on a eu peur de ne pas pouvoir le faire. On a eu peur jusqu’au dernier moment, parce que la situation sanitaire évolue de jour en jour. Tant qu’on avait l’autorisation de tenir l’épreuve, on y a cru. »

A quel moment avez-vous eu la décision de ne pas annuler le meeting ?

« On a pris la décision pendant le confinement. »

Le changement de dates a-t-il eu beaucoup d’impact du côté des participants ?

« En fait, ce qui nous a motivés à maintenir l’événement, c’est que nous avons eu le soutien des participants qui nous ont demandé de le maintenir. Les Classic Days sont faits pour les participants, c’est leur événement. Donc, si on était en capacité de les organiser, on se devait de le faire. On a été beaucoup aidés par la Préfecture, les collectivités locales, par le Département de la Nièvre, par les élus et la ville de Nevers. Tout le monde a travaillé dans le même sens. »

Vous n’avez pas eu trop de contraintes ?

« Si, mais si la condition pour organiser le meeting, c’est le respect des contraintes, le respect d’une jauge de 5000 personnes par jour, des sièges condamnés dans les tribunes,se laver les mains, respecter les distances, mettre du gel hydroalcoolique, porter le masque en permanence, il n’y a pas de débats, il faut respecter ces contraintes, et je pense que les gens qui sont venus ce week-end l’ont très bien compris.

En regardant le public dans le paddock, dans les stands, on les voyait heureux de revoir des voitures. Ils sont venus en famille et on sentait le plaisir qu’ils avaient d’être là. Les gens avaient le sourire, c’était une ambiance délicieuse. « 

Combien de participants ce week-end ?

« 789. C’est moins que l’année dernière évidemment, même si, comte tenu des circonstances, c’est tout à fait correct. En 2018, on était à 1800, mais le chiffre de cette année nous a rassuré sur l’envie des concurrents à participer à l’événement. »

Les différents plateaux piste étaient bien pourvus…

« Oui, il y avait de très beaux plateaux. Celui des monoplaces était particulièrement bien garni, celui des voitures d’avant-guerre également. C’était très satisfaisant. »

Est-ce qu’il y a eu des temps forts pendant le meeting ?

« C’est une bonne question… Nous avons toujours quelques thèmes majeurs, et cette année l’hommage aux 85 ans de la fondation de Talbot et aux 70 ans de la victoire de la marque au Mans a été particulièrement apprécié.

Il se passe toujours quelque chose, avec une succession des plateaux sur la piste, des animations dans le paddock avec des interviews et des dédicaces, avec Alain Ferté, Jacques Laffite, Henri Pescarolo et Ari Vatanen. Personnellement, ce que j’adore, c’est la grande Parade du dimanche midi. Dès la première année où on l’avait organisée, ça avait très bien marché. »

Combien de voitures pour cette Parade en 2020 ?

« Il y avait 701 voitures sur la piste ! Cela représentait plus d’un kilomètre de voitures en file. C’est bien aussi parce que 701 voitures sur la piste, cela fait 7010 Euros pour l’Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière, avec 10€ par participant à la Parade.

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On a eu aussi 200 voitures qui ont fait une Parade samedi soir dans les rues de Nevers, c’était vraiment sympa. On a fait le tour de la ville, c’était bien. « 

Pendant le week-end, il n’y a pas eu de soucis majeurs ?

« Non, on a eu quand même quelques beaux cartons, mais à chaque fois ça s’est bien fini. On a dû faire certains arbitrages pour les animations, afin de respecter les horaires, mais dans l’ensemble on a pu gérer. « 

Dans les meetings historiques, et c’était le cas ici, on voit de plus en plus de répliques. Qu’en pensez-vous ?

« Le problème, c’est que les voitures d’origine, cela coûte très cher, et les propriétaires hésitent à les sortir. Ils préfèrent les laisser dans le garage. C’est ce qui explique en partie le fait qu’on voit de plus en plus de répliques.

D’ailleurs, même les constructeurs s’y mettent, comme Aston Martin par exemple. Ceci dit, on ne construit pas de répliques de 4CV, ce sont presque toujours des répliques de voitures prestigieuses qui sont la plupart du temps fort bien réussies. « 

On pourrait peut-être discuter de certaines, comme par exemple de la Lotus 49 F1, dur laquelle on a monté un V8 Chevrolet LS3…

« Pour le moteur, c’est vrai, mais c’est quand même une voiture originale construite réellement par Lotus . C’est une voiture d’époque qui a été construite pour le tournage d’un James Bond. Donc, ce n’est pas tout à fait une réplique, même si elle n’a pas couru. Cela fait plusieurs années qu’on a des répliques.

Les Ford GT40, des authentiques, par exemple, il en reste très peu. Les vraies valent une fortune, le moteur, c’est pareil. La Ford P68 qui est ici, ce n’est pas non plus entièrement une réplique, puisqu’elle possède des éléments d’origine, et que le concepteur de l’auto en personne, Ian Bailey, a participé à sa construction.

La seule chose qui peut me déranger, c’est le cas où on cache que c’est une réplique. »

Contrairement à 2019 au Mans, il n’y avait pas de motos ?

« C ‘est vrai, mais l’année dernière, c’était la première fois qu’on avait des photos. Pour cette année, ce qui joué, c’est qu’il y avait déjà plusieurs événements moto organisés à Magny-Cours. En plus, quand on a des motos, il faut allonger la durée du roulage, ce n’est pas simple.,et ce qui a encore plus compliqué les choses, c’est le report de la date initiale du meeting en mai jusqu’à cette fin du mois d’août. « 

En 2019 donc, les Classic Days ont eu lieu au Mans et devaient y revenir pour l’édition 2021. La crise du Covid-19 a entraîné l’annulation du Mans Classic et son report en 2021. En conséquence, les Classic Days 2021 au Mans, est-ce encore d’actualité ?

« Non, ce n’est plus d’actualité. On refera une saison à Magny-Cours l’an prochain . »

Les perspectives de l’année prochaine sont donc les mêmes que cette année ?

« Oui, ce qui pourra changer, c’est que les thématiques que nous avions déjà envisagées pour 2021 pourront être modifiées, en fonction du changement de circuit.

De toute façon, pour l’année prochaine, il y a déjà une thématique importante qui est retenue, c’est les 60 ans du circuit de Magny-Cours. On avait fait les 50 ans, et on fera donc les 60 ans. »