Cinq postulants pour une seule Peugeot 908… au Mans en 2010

En 2009, Pescarolo Sport alignait une Peugeot 908 HDi FAP aux 24 Heures du Mans. Le constructeur français souhaitait renouveler l’expérience l’année suivante. Dès novembre 2009, Endurance-Info avait repéré plusieurs équipes susceptibles de faire rouler cette quatrième 908 en terre sarthoise. Retour dix ans en arrière sur un article qui avait recueilli un vif intérêt :

Il y a neuf mois de cela, Endurance-Info vous révélait en avant-première que Pescarolo Sport alignerait une quatrième Peugeot 908 HDi FAP aux 24 Heures du Mans, parallèlement aux trois lionnes engagées officiellement. L’opération devrait être renouvelée de la part du constructeur français, mais une question subsiste : qui se chargera de faire courir cette voiture ?

Lors du dernier Petit Le Mans, Olivier Quesnel nous avait révélé qu’une quatrième Peugeot pourrait être louée à un team privé. A l’époque, cinq teams étaient déjà sur les rangs, dont Pescarolo, jugé prioritaire. Si les demandes ont afflué du côté de Velizy, il semble qu’ils soient toujours cinq à postuler. Cinq à tenter d’obtenir le prototype vainqueur des dernières 24 Heures du Mans, le prototype devenu référence de la discipline. Nous vous proposons aujourd’hui une petite revue d’effectif, avec images à la clé.

Parmi les cinq candidats, figure toujours le nom de Pescarolo. Il convient toutefois de préciser qu’il s’agit, d’après nos sources, de Henri Pescarolo plutôt que l’entité Pescarolo Sport ou Sora Racing. On sait que le flou règne concernant l’avenir du team, quelque soit sa bannière d’ailleurs. Le patron emblématique des Verts, lui, semble toujours aussi motivé et travaillerait ardemment sur le dossier. Il a la priorité, mais la situation est complexe. Sur le plan financier tout d’abord : le budget à réunir étant relativement conséquent. Sur le plan logistique ensuite : si Henri Pescarolo venait à se lancer dans une nouvelle aventure, ce qui n’est pas à exclure, il faudrait tout reconstruire. Pas forcément simple compte tenu du contexte économique. Mais on peut faire confiance à la détermination de Henri Pescarolo, qui a l’avantage d’avoir déjà fait rouler la voiture en 2009 et de posséder des pilotes qui connaissent également l’auto. Il jouit par ailleurs d’une excellente cote dans le paddock et auprès du public. Un atout à ne pas négliger…

En fait, le salut de Henri Pescarolo pourrait venir d’un autre postulant, le Charouz Racing. Antonin Charouz nous l’a dit il y a peu : « Je ne peux pas exclure la possibilité de faire courir une Peugeot ». La structure tchèque ne devrait pas avoir trop de problèmes à réunir le budget au regard de toutes ses activités. Au regard aussi de ses trois années en Endurance, qui se sont soldées à chaque fois par l’achat d’un nouveau matériel. Outre la question pécuniaire, celle des pilotes ne devrait pas non plus causer de souci : Antonin Charouz manage suffisamment de garçons talentueux. En revanche, on peut s’interroger sur la gestion technique. Charouz Racing ne s’est jamais appuyé sur ses propres hommes : Jota en 2007, Prodrive en 2008 et 2009. Peugeot Sport sera-t-il en mesure de fournir suffisamment de personnel pour gérer une quatrième voiture ? Pas si sûr. Et c’est là que le lien avec Henri Pescarolo pourrait être intéressant : l’un apportera son expérience de la course, le second les finances. Pas si fou que cela. Une solution d’autant plus envisageable que Antonin Charouz voulait déjà une Peugeot 908 il y a un an !

Place au candidat suivant, qui pourrait être… Oreca. Nous avions interrogé Hugues de Chaunac sur le sujet, le président du groupe varois avouant « en avoir pas mal entendu parler, mais plus de l’extérieur que de l’intérieur. Je sais qu’il y a beaucoup de monde qui voudrait avoir une 908. » Oreca en fait-il partie ? Mystère, même s’il est vrai que ce nom est revenu à plusieurs reprises. D’un côté, nous avons déjà vu ce team adopter une stratégie relativement comparable à l’époque de l’Audi R8. D’un autre côté, il est vrai qu’Oreca s’est lancé depuis 2008 dans un projet d’entreprise et qu’il serait surprenant de voir la Oreca 01 rester au garage…

Deux autres équipes françaises sont intéressées par l’engagement de cette Peugeot privée. Il s’agit en premier lieu de Signature-Plus. Quoi de plus logique après tout pour les hommes de Philippe Sinault, qui ont fait de l’Endurance leur nouveau cheval de bataille. Si cette écurie peut être considérée comme encore relativement jeune aux 24 Heures du Mans, elle n’en possède pas moins une vraie science de la course, de par son très bon parcours en monoplace. Par ailleurs, Philippe Sinault n’a pas caché, dès l’arrivée de Signature dans la discipline, que séduire un grand constructeur était l’un de ses objectifs. Voilà une belle opportunité à saisir. Une opportunité qui pourrait permettre à Signature de franchir un sacré pallier, après une première année d’apprentissage plus qu’intéressante. Reste la traditionnelle question du budget. Autre point : Signature-Plus a peut être une image moins médiatique que Pescarolo ou Oreca. Un avantage ou un inconvénient ?

Dernière structure tricolore figurant parmi les prétendants, DAMS. Le team de Jean-Paul Driot a fait un retour remarqué en prototype en 2009, s’imposant avec la manière en Formula Le Mans Cup. Un premier pas vers un retour au premier plan ? Eric Boullier, le Directeur, n’avait pas écarté cette possibilité il y a quelques mois : « l’idéal pour nous serait d’être en soutien d’un constructeur, comme le fait Joest avec Audi ou Pescarolo avec Peugeot. » Une phrase qui pourrait prendre tout son sens aujourd’hui. Dams a l’avantage de bien connaître Le Mans et d’avoir déjà joué le rôle de satellite pour une marque. On pense notamment au partenariat avec Panoz, puis celui avec Cadillac. Depuis, l’écurie mancelle n’a pas été revue dans la Sarthe et s’est principalement consacrée à la monoplace, où elle a montré toutes ses compétences. Suffisamment pour convaincre Peugeot ? Pourquoi pas.

Notre tour d’horizon se termine par une étape outre-Atlantique, où le Highcroft Racing est intéressé par l’engagement d’une 908 HDi FAP. Avouons-le, l’idée à de quoi séduire et le team de Duncan Dayton réunit beaucoup de paramètres. Il s’est structuré année après année pour remporter le titre ALMS 2009. Petit poucet des représentants d’Acura au début du programme, l’écurie du Connecticut a déjoué les pronostics au fil des saisons, tenant la dragée haute au Penske Racing en 2008. C’est dire ses compétences… En outre, la présence de David Brabham, vainqueur dans la Sarthe avec le Lion, ne peut être qu’un atout supplémentaire. Au delà de l’aspect sportif, les finances sont également solides, avec le soutien de Patron. Mais justement, dans l’éventualité d’une participation aux 24 Heures du Mans, comment ce partenariat avec une marque d’alcool pourrait-il se poursuivre compte tenu de la loi Evin ? C’est l’un des facteurs à régler. Le second, c’est la logistique : faire rouler une Peugeot en ALMS demande des moyens autrement différents que d’en aligner une en Europe. Enfin, Highcroft n’a aucune expérience des 24 Heures du Mans, un inconvénient de taille. Et Duncan Daytona a avoué vouloir aligner deux voitures en 2010…

Place désormais aux pronostics. Nous pensons que l’heureux élu figure parmi ces prétendants : Pescarolo-Charouz, Oreca, Signature, Dams et Highcroft. Mais nous pensons également, à tord ou raison telle est la question, qu’il ne s’agira pas d’une équipe basée hors des frontières hexagonales…